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Google >> déhiscence paul loca
Édité par Carméline Taiello et Élodie Desprès aux éditions RéaltA
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Édité par Carméline Taiello et Élodie Desprès aux éditions RéaltA
Les matins l'ombre est portée à me tourmenter
Qui jamais ne vient du soleil mais d'un chœur
Additionné sans fin et qui s'est supplanté
L'enfance est dès lors hôte à nulle ombre au cœur
C'est joli je m'attendris au ressassement
En viande et à la première ombre on sera hôte
Occupé voué à la complétude en ciment
À nos morts qui toutes et tous auront la faute
Je rêve aussi à ce qui serait somptueux
À m'en contenter regardez c'est monstrueux
De beauté - il est vrai que c'est exagéré
Je songe à faire autant et plus avecque l'ombre
Qui deviendra peloton ou bien le surnombre
Mais enfin c'est un faux pas c'est un porte-à-faux
1.
La photographie est ancienne et très scolaire
Je me baigne ici souvent - exclusivement
J'ai reconnu quelqu'un dessus voilà trente ans
Un kilomètre au moins quand elle est d'huile et claire
La brique à l'arrière et la pierre est familière
Musculairement je puis me développer
Elle est au premier plan dans un manteau d'hiver
Mes poumons fractalement vont en réchapper
Nom et prénom instantanément me reviennent
Dont nous nous fichons bien aujourd'hui comme alors
Mais c'est la coulure argent d'un piètre âge d'or
Algue ou mouette vogue à la surface argentique
Dans l'eau chaude avec moi de plomb fondu - je flotte
Étiré comme une huile au pinceau je tremblotte
2.
considérant la mort subite du boulanger que je viens d'apprendre au goûter, considérant la vie dans son ensemble, considérant dans ce délai une poésie déjà écrite pour C. le boulanger et déjà partie non pas chez un grand éditeur mais en commentaire sur une page fb de musique brésilienne qui inspira elle aussi déjà comme aussi tôt dite cet autre "Pain à son âme", considérant vos vies de vitesse, considérant une possibilité d'aphorisme déjà prise, considérant le pain que je prends parfois trop cuit pour le goût de mon nom breton mais surtout pour la garde et pour que les enfants n'aillent pas trop vite dessus, considérant l'automne, j'en profite pour vous dire qu'à l'heure ultime vous ne penserez jamais à celle des autres, la vie est ainsi faite pour nous faire plaisir et parce que c'est notre mort à nous, considérant enfin que ce n'est toujours pas clair ; au moment de mourir on ne pensera pas à la mort des autres, ni à celle de quiconque mais qu'à la nôtre, comme notre moment
3.
T'es tombé dans un champ de colza
Sans la fausseté ni vanités
Toi le meilleur en bossa nova
C'est ici bien là juste à côté
Que t'as quitté d'un coup le samba
Puisses-tu l'entendre et le chanter
Toi que j'aimais avec Elisa
Accompagner dans l'un des derniers
Trios comme en toutes ces fois là
Ton dernier avion à la télé
Au premier tour à midi c'est toi
Toi que j'aimais comme un frère ah oui
Toi que j'aimais
Je vais canoniser quelques textes au blog. On a longtemps cherché où ranger le coupe-ongle de secours (de sorte que vous ayez l'impression que tous nous en possédons un). On avait trouvé avant la naissance des enfants, mais ça nous avait pris quelques années de considération. Cela ne se passerait pas dans les quartiers ni les intimités encore moins les salles d'eau. C'était épuisant. Cela s'est passé à la cuisine ça s'est rangé sous la plaque de gaz avec les couverts et autres ustensiles, et très précisément dans le compartiment des épluche-légumes alias l'économe
Roule et coule à mon cœur un semblant de malheur
Et même ici on entend qu'on rit où l'on vient
Les enfants ont grandi la femme au lit c'est bien
Dans ce petit état où l'on bat les humeurs
Je suis resté alors qu'il fallait tout quitter
Avec courage aucun du panache encor moins
Le dépit m'a envahi et mon pleur en moins
J'ai rangé ma rime et je n'ai rien inventé
Tôt matins sont à nous Nice est un coin en fer
Vitrail noir geôle azur Réparate atmosphère
Son ressac est fidèle à ce disque au rivage
De Juan où nous y emprunterons nos phosphènes
Entre cils et galets cela nous soulagea
De voir en nous quiconque y était bien déjà
J'ai acheté le journal samedi matin pour faire les joints. Y avait au dos, la tête à la Paradis. Vieillie comme c'est pas possible, tellement que ça m'a filé le coup de vieux. J'ai besoin de lunettes. C'est encore au débit de l'année ça. Encore - jusqu'où ira-t-elle. En ce moment Vanessa est à la télé dans Noce Blanche. 1989 tout y est si vrai que je suis déjà allé me coucher. La boîte à craie sur le coin du bureau de Cremer. Sa Renault. Sa baraque a la cambrousse. Ses élèves. Les sweats de ses élèves. Et puis Vanessa est à poil en moins de 10mn chrono. Je n'ai jamais vu ce film tenez, et je m'y suis tenu encore. Ça m'a fait penser aux conversations sur le cinéma avec ma grande, cet été à la plage. Le cinéma et son temps, ou son impossibilité son impuissance à mentionner sa date sur une jaquette de VHS, de DVD, ses temps techniques qui repassent encore et toujours sa lumière son trait son pinceau du moment. Je lui disais change une pellicule, un matériel et toute la patte s'en trouve irrémédiablement changée. Je lui dis ma jeunesse et les inspecteurs Derrick décolorés de vert, signature allemande de nos après-midi errantes. Pourquoi le cinéma fuit-il au temps dis-je, de quoi a-t-il peur, pourquoi mentir sur son âge, peut-il se refaire, le cinéma historique fait-il disjoncter son objectif. C'est vraiment la peinture d'un peintre qui aspire à la grande distribution, aux videos-clubs, aux youtoubeurs, mais la peinture d'un peintre à jamais. J'aime ça. Quand j'y repense à mon insu - sans vouloir, alors j'aime ça. C'est mon truc pour aimer, si ça revient au plus tard de 72h, oui, c'est un bon film
Alors comment sommes-nous passés de "rejouer la pièce" à " zyva tu vas pas rejouer le match" ?
Apparition en quatre parties cardinales
I. DUPLICITE, JE SUIS NE A L’HOPITAL
II. JE SUIS PASSE DEVANT L’AMITIE
III. JE SUIS INNOCENT LA MORT
IV. L’ENNUI JE SUIS COUPABLE
la mise en page est en cours, veuillez ne pas pardonner ce dilettantisme
j'écris un sonnet comme on fait pour respirer
parle à moi-même et veux me traduire en justice
immédiate au tribunal du scribe diminué
que je suis (greffe y est) je fais aussi aruspice
(j'ai internet) sans url pour le réel
littéraire est autre chose que le réel
lire est tellement divertissant ré-elle–euh—
ment et écrire également ça compte un peu
un livre comptable une livre de balzac !
un registre nazi bel et bien confondant
que fait la poésie sur moi mon cul-de-sac
balsamique et qui m'encense on dira unique
ce "mirada desde la alcantarilla"
la nuit parfois je fabrique et lis Pizarnik
Dix années ont passé (2009-2019), de plus en plus à l'écart du blog. On verra.
una mirada desde la alcantarilla puede ser una visión del mundo (Alejandra P.)
J'ai rapproché ça à ma version des faits, condamnable, je m'accuse — l'égoutier faisait l'amour dans le regard
dans le double de l'âge là-bas au vieilli
il n'est de doute où je n'aurai ma tête toute
n'est aucun pari que je ne sois au pays
resté. seul comme l'aujourd'hui et seul à toutes
ma compagnie aura sombré avec la phrase
"le jazz érotise les rancoeurs" m'écris-tu
à moi qui naquis antibite - une antiphrase
existe-t-il encore ou se sera-t-il tu
et mon vélo en aluminium et la faune
mais bien sûr que oui et le grand coup de cymbale
pourrait arriver sans le moindre émoticône
peut-être et force est de voir que seul on est tout
tout au plus est-on un peu moins que rien que vieux
la meute est à rejoindre à la première toux
alors comme ainsi l'on écoute un opéra
a versé sur les toits mouillés les faux toits noirs
lumière humide et dissipée - un ret aux draps
a foui des frissons de la cantatrice aux moires
c'est une otite un gros coton dans un nuage
et qui s'en vient gris et gras et gros pied de grue
et qui stationne au loin cynégétique ou barge
on est juste avant la mer sur l'ultime rue
c'est aussi le terrain de tir aux arcs-en-ciels
c'est un boulevard pour Saint-Laurent-de-la-Mer
que vous descendrez plein-nord mais si peu amer
juste derrière une antienne harassante et laide
mais derrière au juste il était une chapelle
du même nom où j'ai fumé je me rappelle
Tout à vau-vent se ploient mes ans, s'abat de l'eau
Entre la page et moi grossissait un mensonge
Entre moi et le fond de la vallée un songe
De postiches neigeux, la moustache au calot
Tombe. Toute une armée d'adieux part à vau-l'eau
A la flaque à la crotte, aux vents ! les flocons foncent
Et descendent et remontent au ciel en once
En collant de si vils baisers aux caniveaux
Il est si bon de dessiner la frondaison
Tout en observant cette coulée des glaçons
Aussitôt fondus que risibles semblant noirs
Mais voilà que maintenant durcit le blanc gras
A la gorge et au nichon du vallon ingrat
Je ne le vois plus il s'éclairera ce soir
(11/03/13)

13/02
qu'importe la pierre à un amant ravaudeur
c'est un joli-coeur qui n'est jamais dur qu'aux sangs
passée l'effusion il voit la fesse aux passants
et pour la voisine il a redoublé d'ardeur
il a pris son temps nous devons l'imaginer
sisyphe elle euh s'en branle euh comme euh de ses hardes
il ravale il rabâche il ressasse et ça barde
mais c'est là qu'ils s'entendaient et sans barguigner
sur le sens ils sont bientôt montés en épingle
las elle implora de très grands coups mais le pingre
envisagea du ravalement au grenier
faut-il se déchirer pour se rabibocher
dit-elle quand il eut plusieurs fois ricoché
tout en se regardant au miroir dépeignée
j'ai raté ma série — 17/02
n'écrivons que ce qu'il est merveilleux d'entendre
marcel proust tortille un peu du cul sur les marches
sunsiaré plus roger se sont tués à garches
mais la radi_o crache encor de ce jazz tendre
est-ce elle qui conduisait lui qui descendait
on s'en fiche un brin surtout dans mon destin
où j'ai le prétexte d'enfiler du quatrain
pour rien — l'amour éternel ne se demandait..
c'est le poème au cul-de-sac et sans retour
on ira sur la digue à faire du roller
ceci comme orphée te dirait << à tout à l'heure >>
(vers deux ou trois heures) on aime aussi bien ma glace
et même si je l'ai servie dans des sous-tasses
à midi au dessert j'ai raté ma série
14/02
il ne me reste que huit minutes pour faire le sonnet
je n'ai pas vu l'heure qui passait
et je n'y arriverai jamais je le sais
bien que c'est impossible et j'irai en enfer
mais admettons que je ne m'en vais pas coucher
ça se tiendrait il n'est que minuit — pas demain
faudrait peut-être veiller à rester humain
on n'est pas non plus à l'impossible bâché
nous avons des impératifs à la maison
des lessives_et des vaisselles_à foison
c'est la moisson de la grande préparation
et la rime est usée tout n'est que printannier
oui primesautier renouvelé mais gagné
pour un retour aux beaux jours comme exclamation
12/02
nous échangeons du regard puisqu'il est si bon
eau claire ou eau sombre avons-nous sa profondeur ?
qu'importe une pierre à un amant ravaudeur
fontainier peux t'élancer pour un saut — un bon
et mieux qu'un vertige ici c'est la libre chute
dans vos yeux en cascade et sous le clignement
de la paupière est l'apesanteur qui dément
l'infime instant où par ce qui vient d'uppercut
d'un contact à l'eau lorsque nous avons plongé
de gerbes d'eaux d'embruns bouillonnants_et gorgés
je vais disparaître assez tôt sous la surface
c'est le meilleur moment celui de la poussée
d'un seul coup de pied la remontée est censée
me faire me voir avec vos yeux hyperclasses

Que ce ciel est bleu ! comm' ces premièr's feuill's m'étreignent !
<< Nous serons bientôt si brûlantes dans tes bras
Et nous te donnerons la fraîcheur sous la treille
Retourne-nous_encore un peu sous ton beau drap >>
Quelle horrible image de coucher sur ses pages
La tâche ou l'encre engluées déjà de peaux mortes
Que n'avons-nous dévoyé d'idées pour des gages ?
Lors, nous soldons notre temps à la page accorte
Pour du contrat des testaments_ou des procès
Allons voir si la greffe a pris s'ouvre à la page
Ce verger est en viager on est prêt des plages
Ça serait l'histoire au notaire qu'irait aux putes
Sans contracter sans station ni hésitation
Il a foncé à travers leurs végétations
si j'étais un homme
j'aurais aussi des ailes me disait-elle
et je ne volerais que des aurores
à l'aube et vers le soleil encore
pour en rester à bonne distance
je n'aurais pour proie que les alanguies
les profondes endormies mais demoiselles
moi-même oiseau, je me poserais
alors comme une plume auprès d'elles
en silence et enjambées. De ma becquetée
on ne compte plus les décollées
qui se sont réveillées trop tôt
et qui m'ont vue
alors je bande mes ailes
comme pour repartir au Caucase
il n'y a pas de plus grand désir
ou de moment de force au monde
que l'arc de mes ailes et de mes cuisses
plus prêts d'ainsi faillir dans la posture
la plus ridicule au forfait dérisoire
Où vas-tu suivre un petit rayon de spoème
Sur l'eau ou sur la lande où ferait-il meilleur
Il bruine à la mousse au pied de ton débardeur
On voit du nuage à charge et qui s'amoncelle
Pourquoi ce soleil ne nous poursuit-il jamais
Ô taxi, suivez spoèm' ! Montons sur les planches
Alors la lumière électrique est la revanche
Comme un moustique assoiffé au bord des marais
C'est la nuit les sun-lights la poursuite endiablée
Mon poème est tombé de ta pocheu factice
Écrit cette aprèsm' au bord de tel précipice
Ce que je veux dire — un peu grave est si léger
Le plus beau poème est resté dans la pénombre
On sait qu'il se déplace avec ou sans nos ombres
Le mur, dit Roubaud,
est un ouvrage de maçon-
-nerie. Quoique cette
phrase ne soit pas encadrée
de guillemets, elle est
pourtant extraite du
Dictionnaire des dictionnaires
français de Napoléon Landais.
Toutefois, cet ouvrage de 1836
(3ème édition) prétend, à peine
vingt-quatre pages plus en amont,
que la michauxie est une
plante de la famille des
campanules. Et puis, baste,
soit on est Landais, soit on
est français. De même, on
ne peut être briochin et
breton, ce qui m'amène à
un autre ouvrage de maçonne-
-rie, le recueil de L.L.P.,
avec ses hauts cris et ses
murmures, l'admiration
que je lui porte, déclinée
en quelques proverbes plus
ou moins tourneboulés :
1) C'est au pied de la
lettre que l'on voit le mur.
2) Qu'importe le bon
train pourvu qu'on ait l'ivraie
3) S'ils n'aiment pas le
pain, qu'ils mangent briochin !
Voici donc un train fantasque
de vers, de phrases, de
terribles objurgations et de
douces odes. Comme L.L.P.
a commis la folie de m'en
confier la préface, vous
apprendrez, tout en cultivant
vos michauxies au pied du
mur, que le michon est
un "vieux mot hors d'usage,
qui a signifié argent".
(tiens, des guillemets.)
G. C.
Landais natal,
août 2014
au palpitant les fleurs à la gorge un café
toujours identique et un sentiment se change
pour la ruine amie et tout autant pour un ange
mais le café sent mauvais dans le con des fées
je te ferai marri, bouillu ou bien suiffé
ne m’écoute pas c’est un sonnet de rechange
tiens il faudrait prendre un vin blanc tandis qu’on mange
les truites ce midi — ne va pas t’esclaffer :
c’était en promotion et je les décongèle
cela vient de la rivière et n’est du pagel
dessinons-y la neuve ramure au poiscaille
disséquons nos forfaitures_et nous trinquons
“mais qu’est-ce qu’on en aura vu de tous ces cons”
du couteau nous suivons le hasard des écailles
à M.
Je n'ai rien souffert - et même assoiffé aux rêves
Des meilleures liqueurs je pourrai me consumer
Entend-t-on battre son sang alors où damné
Je laisse aller le noeud brûlé entre tes lèvres
Il y a la vitesse d'un galop sur les mers
Et ton cheveu collé dans le sable des grèves
Je t'ai étendue sur les solens à mon aise
Ils pénètrent en tranchant le fond de ta chair
Où sont nos fous de foutre en ivoire la coquille
Le vase où gicler sourdement neuve Vénus
Je t'aime ici et je ne m'en cache pas plus
Le vent, le fin embrun, l'oiseau viennent en toi
Levant tout autant que je puis te soulever
Ton être à portée d'un enfant tôt arrivé
(en parlant de "Exclamations" Jean-Luc Nancy - usage de l'exclamation dans la rédaction du texte pornographique)
J'écouterai battre bien ton cœur sous ton aile
Comme il est toujours désarmant un battement
Qui ne nous sommes vus encor pour du moment
Ecouter un cœur m'éplore et rythme en tournelle
Mais nous avons amor déjà du souvenir
Toi qui dis quitter le sonnet où je stationne
Je te veux demain dans la main je t'arraisonne
A l'aquarium à Trouville au lit le soupir
Combien ne m'as-tu montré la chair de mon âme
Sans goûter un fruit de mer - quelle salvation
Que la lettre pleine et ma joie en suspension
Entre chacune d'elles quand vient la nouvelle
Je regarde toute sa langueur comme enfant
Vient à lire et je me crois hélas triomphant
Vraiment, j'écris toujours à la même personne
A la première et je m'adresse aux cieux rapides
Au courant de la rivière où un chaos donne
Des fracas silencieux aux rochers de granite
Est-ce un K.O. jaune l'envers à l'amour rose
Au vert-de-gris des mousses grasses_à la douve ?
Nous y voyons les mêmes formes qu'à Perros
Coeurs rincés à l'iode et là trempés dans la boue
Mer exhibitionniste et ruisseaux d'éboulis
Ils font les rocs de mon pays si durs au mal
Mais si tendres_et ronds à notre oeil hivernal
Ce mal est Temps aussi bien que je ne m'écris
De vrai qu'à moi et sans parvenir à relire
Je ne puis comme l'eau jamais y revenir
je ne me souviens pas de ton arrivée fille
et m'en suis toujours voulu de ne pas t'avoir
tant attendue avec mon poème ainsi qu'il
en fut par le passé mais il n'est qu'à nous voir
dans nos matins combien nous nous ressemblerons
et je me souviens de notre premier regard
car je m'y suis vu avec effroi gros yeux ronds !
quand tu chantes à l'aube ton ménage un départ
avec toi seule un passé n'a plus d'importance
il n'est que ton demain qui vient pour le ravoir
que ton enfance à passer pour ne rien savoir
chantons ce que nous faisons jouons ce que disons
quel âge avais-tu donc quand tombée dans la boue
jeudi à l'école il t'a fallu changer toute
Mille
Ah ! la voici qui jardine à main nue sa terre,
La voilà parfois en peignoir à son orage,
C'est Marie-Line encore ici, dans un barrage
Aux poules près du potager, à faire éclairs,
Ca file droit, ça la ferme ! on fait des croissants
Aux petits, et de la poésie ennivrante
Où l'on s'y étend et l'on s'y endort pour trente
Années, on redevient l'enfant qui si bien sent.
Comme elle habite un pays extraordinaire,
Le soir venu elle est prompte à la catharsis
Que sert la tisane au serpolet, bonne aux nerfs
Tue à l'écran d'un Apple où règne un oignon
Posé là, elle endort ses bêtes, pianotante
"- Demain je ferai la vaisselle mes mignons".
L'attentat
Quand frappa la voisine (après mon gros ménage)
A la porte, elle souhaita s'expliquer sur le seuil
J'étais avachi tendrement dans un fauteuil
Je la fis entrer, comprenez bien mon bel âge
J'avais l'immédiate impression que nous allions
Prendre une de ces explications malfaisantes
Sans connaître j'avais la défaite plaisante
Avions-nous trop bu ? ou soit, nous nous étalions
Je ne sais pas, il ne s'agissait pas de ça
Il était question de Morphée, comment ? encore !
La chienne aurait mordu son enfant rien que ça
(C'est une chienne) Ici descendit Marie-Line
Comme la pluie, mais dehors il y avait mon eau
Dans un seau qu'elle lui mit, plein sur la bobine
Paradiddles Agly
Nous descendons au potager-source avec elles,
Mais sans notre hôtesse, on voudrait voir du vestige
De vivant de la profusion de cri, que dis-je !
Au transept des feuillus, concepts à la poubelle
Tombent, il y a des débris de conversation
Qui attendent qu'elle reprenne, et du bâton
Rompu nous nous trempons au ruisseau puis partons,
Que fait-elle ? - Ne nous parlons pas de passions.
J'observe un champignon qui ne rime dans l'herbe,
Que nous passerons à la casserole au soir,
Puis d'autres encore à l'allure si bizarre.
De la souffrance aussi elle a voulu parler,
Elle a trois potagers que sont le purgatoire,
Ces enfers humides et là haut, quelle histoire
La piscine
Ô Marie-Line est-ce le matin ou la nuit
Habit de soir les jours croissant dans la soirée
Si tu dors j'amende un sol et je vais dorer
Près de la piscine en plastique où je m'ennuie
Nous n'avons pas composé à quoi bon ma mie
Là vient la vacance au poète et son heur fertile
Que s'échappe du poulailler un volatile
Chassons la poule en pensées de taxinomie
- Prends ce pantalon il ira bien sur ta fille
- N'aurais-tu pas non plus un ou deux pantacourts
Je ne sais plus vraiment si je te fais la cour
Ô Marie-Line est-ce un matin ou bien la nuit
Est-ce un commencement ou la terminaison
que fais-tu maintenant es-tu à la maison
Par Saint-Georges !
Combien n'ai-je été heureux de rentrer chez elle,
De la retrouver en soirée à mon recueil,
Aussi prêt de m'aimer, mais sur moi n'eut-elle qu'œil
Comme un premier regard planté au carrousel
De nos jours. Ses mains sont des gants pour les formules
Oubliées dans les gorges ou taillées sous les thermes
Et si longues aux crépuscules pour qu'elles ne se ferment
Sans bruit dans l'orage où devenir son émule
Nous avons su nous manquer comme autant de spectres
L'imprimante à jet d'encre avait séché, l'été
Nous ne connections pas et étions embêtés
Si peu - mais comment rendre une si belle offrande
Par les gorges de Saint-Georges aurions-nous passé
Ne fallait-il pas simplement nous illustrer
TRAVAUX
COMPAGNON-
NIQUES
Paul Loca
Préface de Jean Gorzar
Prologue de l'auteur
PréfacedeJeanGorzar
le magnifique moment où les rêves de la nuit surnagent encore à la conscience qu'un café trop amer viendra troubler comme un vilain enfant
Prologuedel'auteur
Plus jeune j'ai toujours su que le souper se prenait le soir et le dîner à midi, sont venues ensuite les premières manières. Alors un peu à la façon de celui qui cherche le deuxième au premier étage, je parlerai ici du temps passé sur mon ouvrage, à l'heure des repas et des idées qui viennent en mangeant, à l'heur de mes squelettes extérieurs. Où il sera question de musique et de rêves, de l'Espagne et de l'enfance, de cinéma et des actualités, toutes choses relatées pendant cette période à cheval sur le changement d'année en 2013.
Premierjour
roubignole
pis de gnôle.
Deuxièmejour
Ce que le mur fut à la poésie
Le maçon l'eût à la faune, au logis
Troisièmejour
portos tard
Elle m'avait eu dans "sur les seins"
Elle avait du sang sur les mains
Quatrièmejour
Lundi24décembre2012
-La farce est l'origine du monde !
-Comment
con
vit
?
Cinquièmejour
etpis...t.à.f.
il avait obtenu
un petit rôle funeste
dans le cimetière de l'ouest
Sixièmejour
Espadachín
Dans le coffre de son automobile
Y a souvent une bombe et un tambour
Septièmejour
Au casino
Il faisait avec les mots qui restaient (ceux-là
Qui ne se connaissaient pas) des laissez-trépas-
Ser aux laissés pour mots dans des grands cruciverbes
Huitièmejour
La relance
Avec le mariage de même sexe il
A su développer avant le toutim
La vente de pissotières aux parti-
Culiers relançant l'affaire de famille
Neuvièmejour
Il était triste en tout
Mais surtout triste en moi
Disait trister un peu
Dixièmejour
"On" ne comprenait pas
Cons qu'on prenait..
Conne était con
alors
Onzième jour
Toi, tous les mots tombés à ton cou
sont les petites perles serties d'un sautoir
à moi ils sont jaunis dès l'aloi
crachés au bavoir je suis voyou
je veux mots gros comme le soleil
brillants
/nine o'clock a.m. at the traffic light
mes gros seins ballottent
et se pelotent fesses
car la rue je traverse
matin, main sur le cul/
tu peux traverser
le passage clouté
à neuf heures
le maint matin
en gros seins
avec des fesses
qui roulent
hydrauliquement dessus
l'asphalté_éther
(à Caillette)
Douzièmejour
FESSE HUE
FESSE TIF
FESSE HE
FAISSE HELE
FAIS CE HO
NE FAIS CE HI
FESSE HAN
NE FAIS CE HA
FESSE HON
FESSE HEUR
FESSE TOI MENS
FESSE-MATHIEU
FESSE YEAH
Treizièmejour
hier soir la plage avait des allures de Plaza Mayor
(il y a vingt-cinq ans en classe
anti-martiale qui ne glace au mars)
à jamais son odeur iodée aux cheveux de mes filles
Quatorzièmejour
la nuit passée j'ai traversé une forêt en automobile. il faisait jour. du chemin forestier taillé droit j'ai observé au ralenti d'une côte, des tubes métalliques régulièrement percés, d'environ quatre mètres de long, dans un sous-bois de conifère. par groupe de quatre, et jamais enchevêtrés, ils étaient disposés en toutes directions. au sommet de la colline je me suis arrêté à un carrefour afin d'embarquer l'un d'entre eux(*)(**)quand le bruit d 'un moteur a modifié mon entreprise. un véhicule s'est approché, les bras m'en sont tombés ainsi que le tube dans un bruit modulé de sifflet, la femme qui conduisait m'a fait un signe et a ralenti, immédiatement et d'une façon totalement incontrôlée je lui ai répondu par un geste des plus vulgaires. sans doute me savais-je l'intuition du rêve et le pouvoir de le parachever. elle s'est arrêtée elle était jeune jolie avec des gros seins et une parfaite oralité. il y avait dans ce rêve un flash-back(*) et une anticipation(**) mais je ne rêvais pas que je rêvais
Quinzièmejour
un taille-brique !
s'est dit Sisyphe
tout contre la vérité,
– ce rocher jaune et immense dont le zigzaguant liséré blanc accroissait la perspective et qui menaçait de l'écraser – dépité, il contemplait dans sa main l'homothétique allégorie de la balle de tennis. il détestait la vérité il voulait de la musique et ce n'était pas une pipe.
Seizièmejour
journéeétape
Dixseptièmejour
la révélation sur l'école espagnole
sa spoliation par le maréchal Soult
tout sur le ténébrisme
le mysticisme
la mélancolie le réalisme
les phénomènes de foire
le nanisme l'alcoolisme
l'accouchement à la peinture moderne
"bande de tarés" les musclés dorothée la télé
Dixhuitièmejour
amis voyez refait le printemps mes grands dupes
où parfaire enfin le savoir aux mini-jupes
car il n'est pas sur terre plus grande invention
de Dieu à part peut-être les boutons-pressions
Avant-dernierjour
Sous une coiffe et les paupières pesantes
Son visage sous le cadre s'est dévoyé
Quand assise son corps et son buste ont ployé
Ses mains encadrent le sein droit (comme occurentes)
Elle soigne ainsi Saint-Sébastien à ses pieds
Dans ce fond noir il exprime force et plaisir
Sa main bleuie élève le regard martyr
Il est à terre le crucifié estropié
Lorsqu'une autre Sainte ôte à sa cuisse une flèche
Au-dessus deux anges veillent sur cette brèche
Elle est agenouillée à droite de la belle
Alanguie toute vêtue d'ocre, qui m'observe
Sur son avant-bras est une loque où conserve
En ses mains le remède pourqu'il se rebelle
D'après Théophile Gautier, "Ribeira" 1890,
d'après la collection privée des tableaux espagnols détenue par le maréchal Soult à son hôtel particulier, rue de l'Université (circa 1830),
d'après "Saint-Sébastien soigné par les Saintes Femmes", Jusepe de Ribera, 1621.
Dernier jour
Vin
Fin
Ain
Gin
-Ein!
-Hin?
Pin
Lin
Sin
Win
Avant l'hiver je n'ai fait qu'avecques deux stères
Après j'ai mis les gaz m'envolant dans les airs
Dans mon ballon : plus ne sera de blanche seize
- Jamais ! cette minuscule à toutes les aises
N'allègerait mon coeur aux relents des griottes
Ou même encor parfumée d'autant de gougnottes
Mais qu'est-ce que l'amour fout donc à la Mourielle ?
Qu'est-ce que le mur fut à la poésie... Ciel !
Irait-elle faire du snow dans la Maurienne ?
Ce que le mur fut à la poésie
Le maçon l'eût à la faune, au logis.
"si je devais faire l'amour avec un mec" P.F.
il ne faudrait pas que ça soit sur du brubeck
pas plus que dans un livre de michel houèllbecq
14/12
j'ai tapé mon premier poème sur le minitel
j'ai rencontré des femmes sur mirc
c'était à la fin du millénaire
13/12
quand il gravissait jusqu'au col de l'Izoard
il se demandait "- et s'il était isocèle ?"
puis de gravité il s'en allait à la stèle
parfois quand le schiste est bien détrempé et qu'il fait humide comme jamais en juillet des petits morceaux se décrochent de la paroi et tombent sur les plages dorées en se délitant comme un mille-feuille sous la simple pression des doigts c'est très joli et brillant comme des écailles de poisson et cela laisse sur les mains la même odeur que les cymbales
dans la pâle brume du matin camarade
de grands sureaux semblent flotter sur du bocage
et d'autres essences à l'oeuvre d'élagage
sculptent grossièrement les talus d'autostrade
à Lolotte :
avec Lolo
vive le coco
avec Lolotte
vive la cocotte
avec Lolo
vive le dodo
avec Lolotte
vive l'antidote
avec Lolo
vive le gogo
avec Lolotte
vive la gougnotte
avec Lolo
vive le jojo
avec Lolotte
vive qui mijote
avec Lolo
vive le momo
avec Lolotte
vive la marmotte
avec Lolo
vive le nono
avec Lolotte
vive qui mignote
avec Lolo
vive le popo
avec Lolotte
vive la popote
avec Lolo
vive le roro
avec Lolotte
vive la carotte
avec Lolo
vive le toto
avec Lolotte
vive l'hottentote
avec Lolo
vive le yoyo
avec Lolotte
vive qui noyaute
avec Lolo
vive le zozo
avec Lolotte
vive qui zozote
poèsie pour Murielle Joudet :
mon boubou mon coucou mon doudou
mon foufou mon gougou mon houhou
mon joujou mon loulou mon moumou
mon nounou mon poupou mon rourou
mon sousou mon toutou mon vouvou
mon wouwou mon xouxou mon zouzou
21 février 2012
ce que je dis sur la brasserie :
son filet de lieu était trop cuit
son couvert si peu approprié
ses serviettes zétaient en papier
mais j'ai vu déjeuner mon pianiste
qui m'a déclaré à l'improviste
ma citation au journal des nazes
sous son nom dans notre art qu'est le djazz
29 décembre 2011
le son d'une bonne cymbale charleston
est captation de toutes les feuilles d'automne
dans un seul instant et dans une seule main
l'acteur qui a le trac est un tracteur (Paul Fréval)
l'acteur qui va à la fac est un facteur
l'acteur qui a un compac est un compacteur
l'acteur qui a des tracts est un détracteur
l'acteur qui torée à la fac est un torréfacteur
l'acteur qui se gratte les fesses est un réducteur (Guillaume Cingal)
l'acteur qui va à la rédac est un rédacteur
l'acteur qui est bi-réac est un biréacteur
l'acteur qui est extra est un extracteur
l'acteur qui est éteint est extincteur
l'acteur qui est duc est un adducteur (G.C.)
lecteur qui est conne est connecteur
lecteur qui inspecte est inspecteur
lecteur qui est avec est vecteur
Là-bas sur cette mer que je n'aperçois pas
Court l'étonnant cortège des nuages bas
Où passent un diplodocus un dromadaire
Manche de gentilhomme en Brest-Calais.
Ce bas-relief sous arcs-en-ciel a pieds devant
Et sur une crête cotonneuse un bourgeois
Est décroché de son ombre en s'évaporant,
Quand la course est figée faisant mon désarroi.
Voici mon troisième lundi matin chômé
Que j'éteins l'ordinateur je mets la radio
Sur france-musique et du feu en cheminée,
Sait-on jamais ? j'ai sorti les dictionnaires,
Quel désordre a-t-on tenté d'y mettre et pour quand?
Mon préféré est l'ancien, celui de maman