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  • Triolet

    Le ras de quatre suivant le doigté en frisé est la figure la plus difficile à réaliser au tambour. Il s'agit de quatre coups donnés en un clin d'œil et qui se posent sur le temps ou partent du temps. Vous ne l'entendrez pas dans la musique binaire, ni chez les rockeurs. Il est très courant dans une ballade au tempo très lent interprétée aux balais. Avec la prise tambour en main gauche pour obtenir le meilleur grain de peau dans le frottement circulaire, le ras de quatre est un mot du langage et un très beau geste.

  • Sanguine

    elle était sans descendance - in|finie - ses dernières pensées parachevaient sa tardive fascination pour ses flux inachevés et ceux de ses semblables dont l'achèvement avait eu sa raison qui alla rendre son être au grand fleuve saint laurent

  • Fort de l'Est (juillet 1996)

    Ses cuisines avaient la réputation d'offrir le meilleur ordinaire. Stade. Défilé.

  • Libertango

    "Toutes les femmes sont des roseaux
    Moi je suis tango, tango
    Que je plie dans un sanglot"
    Haïku caché dans une chanson de 1975 "Moi je suis tango", Guy Marchand.
    Piazzolla n'a pas fait la musique du "Dernier Tango" il a décliné l'offre de Bertolucci en 1972.
    "Libertango" A. P. 1974 Italie.

  • Poème manqué

    Dans le tiroir des couverts j'ai une petite cuillère en argent que j'ai toujours vue noircie parmi les inoxydables ustensiles de cuisine. Un cadeau de ma naissance que ma mère a absolument tenu à me remettre ce dernier lustre sans doute plus pour éloigner le souvenir de l'auteur d'un pareil geste que pour m'enrichir. Comme dans les romans ça se brosse pour briller joliment et tout à fait autrement que l'acier.

  • E n nui

    épanche : Œ il peau piette
    temps : 
    gi bbosité vulvaire phoque
      indusiée : grosses
    lèvres lasses

     pluie : lapin écorché

    fine

  • Roberts

    De l'école, M. est revenue un jour avec sur ses lèvres ce joli vers qu'elle chantait à peine modifié : " À Nevers sur mon cheval vert ". C'était les premiers mois de cet hiver, ses trois ans. Cela m'a beaucoup plu et j'avais bien remarqué sa vieillissante institutrice sous les fenêtres de la maison où l'auteur de ce vers avait séjourné pour visiter son ami. Le flux continue. Avec les enfants de maternelle elle a fait un récit qu'on découvre dans le cahier d'école ce vendredi, très pataphysique et amusant : " le lavabobineur ". En dedans il y a une petite prouesse cachée dûe au rapprochement du robinet et de la bobine : par Robin (extrémité du tuyau des fontaines ornée de tête de mouton, forme familière du prénom Robert, dans la littérature médiévale Robin était souvent employé par dénigrement pour un paysan sot et prétentieux, il donnera robinet) et Robert (anglo-saxon Bob, donnant bobine).

  • Causer

    Pradoc m'a accepté comme ami avec mon vrai nom et mon vrai prénom dans le FB; vous vous en doutiez, j'ai brisé un charme. J'ai des insomnies je berce ma dernière en marchant nuque à nuque dans l'obsucrité et j'ai le temps de penser à des tas de choses, au roman qu'est mort et que je foule, aux chaussettes seules qu'il faudrait ranger, à la peinture de sa chambre, à la petite rousse qui partageait dimanche soir sa couleur de chevelure avec les carrières de grès roses creusées dans les flancs du cap, et faisait de la balançoire avec la grande et la poésie à en tirer si près de Tu-Es-Roc mais que je ne ferai pas parce que c'est trop tard et que j'y ai trop pensé et que c'est éculé, creu et vide. Otite encore. Bonne nuit.

  • Quand elles partiront

    Le soir précédant l'éparse éclosion
    De fleurs aux branches des gros cerisiers
    À leur pied sises tenues leur donnant baisers
    Deux fillettes dansaient sur le gazon

    Dix fois pour toucher la ramure pourpre
    Elles jetèrent leur poupée en l'air
    Elles étaient sœurs et deux brunes toutes
    Une fit tomber son poupon par terre

    Icelle y décocha un coup de pied
    Quand la plus grande déjà s'en allait
    Sans jamais revenir et signalait
    L'annuelle vue des rosés houppiers

  • La manière espagnole au XIXème (Manet-Velazquez M.d'O. 09/02-01/03)

    1538 : La Vénus d'Urbino
    Titien, huile sur toile, 119 x 165 cm
    (Galleria degli Uffizi, Florence).
    1863 : Olympia
    Édouard Manet, huile sur toile 130,5 × 190 cm
    (Musée d'Orsay, Paris).
    1537 : le pape condamne toute forme d'esclavage [des Amérindiens] présente et à venir, toute mise en doute de la pleine humanité des Amérindiens et toute atteinte à leurs droits à la liberté et à la propriété (2 juin 1537 (Veritas ipsa) et le 9 juin 1537 (Sublimis Deus)).
    1848 : abolition de l'esclavage en France.

  • "Contentement durable"

    J'ai passé mon heure au cabinet à lire Mellin de Saint-Gelais et Eustorg de Beaulieu quand m'amie m'en sortit, elle pestait après mon incroyable durée mais louait la lunette chaude.

  • Une folie

    Dans l'après-midi du dernier mardi je suis sorti promener un peu M. hors de la maison où j'ai passé mon enfance, pour voir les chevaux. Très vite nous avons distingué un homme qui se dirigeait vers le carrefour où nous nous rendions, à même distance et même pas : le raseur du hameau. Impossible de faire demi-tour ainsi à découvert, résignés nous descendons vers lui qui pousse une brouette; il est en bleu de travail. C'est un ancien cadre dirigeant des pinceaux Raphaël, viré par le fils de son patron à la fin des années 80. Il est très satisfait de me saluer pour me dire aussi que mon père lui semble fuyant depuis quelques mois, abasourdi par cette verve, je regarde d'un air interrogateur le contenu de sa brouette souillée de boue noire. Il nous enseigne alors qu'il récupère fièrement le limon de l'ancien lavoir dudit carrefour pour en faire un fertilisant, contestant au passage mon terme choisi d'engrais. Ma fille le boude sans mal, il me dit qu'en général les enfants le fête toujours. Raseur vous dis-je, il nous conduit au bord de la fontaine et commence sa manoeuvre, en le voyant faire, je pense aux deux incendies survenus à une dizaine d'années d'intervalle dans les hangars de stockage Raphaël, depuis 1997, et me demande s'il a jamais été inquiété, je souris intérieurement de ma méchanceté vengeresse. M. fait de grands yeux. Puis nous le laissons là, à sa boue. M. maintient ce que son grand-père lui a dit, les chevaux ne sont pas là. Je lui dis que parfois ils sont tout au bout du chemin et qu'il faut y aller. Mais de ma hauteur je les vois déjà sans les lui signaler. Ils sont deux, très moches et l'un d'entre eux porte une couverture ce qui ne laisse pas de faire causer M. Il la porte pour dormir, car les chevaux dorment debout grâce à un système savant de loquet dans les os de genoux, dis-je. Nous nous en retournons à regrets pour ce qui concerne ma petite aux grands aux-revoirs cynégétiques. Elle réclame alors que je la porte, elle a trois ans et la porter jusqu'au retour me semble difficile. De passsage à la fontaine nous ne verrons plus le vidangeur bien heureusement, et sur la route M. acceptera de marcher. En remontant nous apercevons un autre voisin à la porte de son garage qui tutoie son zimmer, c'est le père de celle qui était alcoolique et dont le mari a fait fortune dans les masques (HunNun), à qui il avait donné le terrain jouxtant le sien il y a bien longtemps. Ma mère s'en veut encore de ne pas avoir deviné cet alcoolisme "de luxe", elle qui est si sagace a mener l'enquête parfois. Nous rentrons à la maison et je jette un dernier regard dans la côte où j'avais vu enfant, le clochard qui habitait la petite maison sise auprès de celle de mes parents, partir au bourg revêtu d'une robe appartenant à maman, après avoir fait nos poubelles. Il est mort lamentablement saoûl au bord d'une route, celui qui avait trouvé son frère pendu dans le grenier.

  • Remembrance (et fin du facebook)

    Dans le petit port de Cassis très visité l'été, il y a un homme qui se promène toujours de blanc vêtu (ils ne sont pas rares) celui-là est poète. En plein centre et lorsque vous remontez de l'unique plage se trouve son échoppe d'angle consacrée entièrement à sa poésie sienne, par les vieux quartiers on trouve même un magasin qui renvoie à cette nouvelle adresse, du moins l'ai-je constaté en ce pénultième été. Cela était absolument impayable. 600 poèmes au choix. Sans nul doute un roi pour les cocus.coucou.jpg

  • Bluette de grand-mère(écœurement(lazzi))

    Ce que dit laconiquement le tenancier tandis qu'elle nous sert de son vin d'étagère c'est qu'il faut la chanteuse bientôt remercier : contrôle sanitaire et dressement judiciaire, la crise financière a raison des desserts. Mais elle ne voit pas que d'elle on en sait long, sa venue au palais en femme du patron par cet incongru glaive emmanché sur grand-mère - contrebassiste et cadet de ses musiciens qui ramassera la clé sous la porte close. Sera-ce fini de concert et cette glose... Hélène voudrait faire l'école hôtelière cependant que l'on s'invite à Saint-Valentin, promis la der des der nous serons ses quinquins.

  • La partie de chasse II

    j'aimai tant la glaciale
    beauté croupie des lacs
    geôle diaphane ou laque
    de gibier provincial

    maintenant Nathalie
    votre face poudrée
    introduit de vos grés
    un bel hymne à nos lies

    car sous vos traits altiers
    je mets sans qu'il dérange
    ma bouche sur la fange
    équitant peu entier

    remettons ma chanson
    aux sommets des grand-croix
    que ce faisant si froids
    ne dit-on panthéon

    lhallaliducerfCourbet.jpg

     

     

     

     

    l'hallali du cerf (Courbet 1867)

  • homme au logis (sans reproche)

    j'ai marre !
    à faire la poésie dis
    je dis que
    j'ai marre

    alors je fais le tambour
    pis quand j'ai assez balayé
    (mon tambour à pédale est rétro)
    je remets la poésie

    mais là ça vire au marre de marre

    et je regarde par la peinture
    lourdaud qui prends mon ballet

    j'ai paressé rien n'a avancé assez
    mon amour je rétropédale

    mes filles regardent la télévision
    j'ai pas dressé rien n'a assez avancé

    or dînatoire
    j'y fais du bidon et des répétitions
    dans les relations d'approbation
    mais c'est pas possible que je voudrais écrire un balai

    rêve oyons
    ou faire une pièce aux tambours tremblante
    dès qu'on y est la musique de la chambre
    voilà du poisson nature aux yeux gros qu'est

    mort

    qu'enfin je vais mitonner

  • Petite fleur

    Je ne t'ai pas chantée encor, tu ne m'es pas étrangère autant que la première Vénus

    et tu es reconnaissante alors dans mes pas quand jamais je n'ai vu cet amour en nos us.

     

  • fune et railles

    sous le vent s'est fendu en deux mon lila blanc :
    l'un seul à plat l'autre debout chez les voisins

    lil3.jpg

     

     

     

     

    celui-ci est un branchage à fagoter tant
    il est si faible scion que je couperai   fin

  • K

    un anachronique frelon vibrionnait
    dans l'atelier alors que déjà mes oreilles
    sifflaient, mince automne ou la feinte indifférence
    j'observais l'abdomen dessiné de bombances

    on lisait la scélératesse jaune et noire
    si attirante et belle d'aspect aux enfants
    qui ne savent rien du venin ni de ce dard
    où je ne vis que brunes ou blondes un temps

    soit cet intersigne mais ainsi était-elle
    des méchants ayant compris ce que les gentils
    ne comprendront jamais elle en faisait un miel !

    depuis plusieurs jours j'apercevais au carreau
    ce désespérant insecte emprisonné là
    de son fait et arrivé d'on ne sait que trop

  • niaiserie sur l'amitié et la trentaine finissante

    à la trentaine ennemie

    m'aperçois que mes amis

    n'en sont plus et j'ai vielli

    dis jamais n'avoir failli

    et vois quand d'autres échoient

    leur embarras point de joie

  • Petrouchka (jeudi soir 26/11)

    ges_Lacombe-1868-1946-Marine_bleueBeaux-Arts_de_Rennes.jpgDans le tournant du premier balcon ma voisine de droite m'a avoué ne pas avoir payé sa place. Mon autre voisine au chic assumé connaissait le programme sur le bout de ses doigts qu'elle ne manquait pas de faire claquer promptement à la fin des pièces musicales, et c'est avec cette classe qu'à l'entracte elle a réquisitionné poliment le programme annuel posé sur mes genoux pour achever de l'utiliser en éventail nonchalamment retombé à sa place, lorsqu'elle regardait de l'autre côté son époux. Naturellement j'ai prévenu sa chute, naturellement elle loua ma prévenance en m'ignorant. Mais cela n'était rien en regard de l'autre voisine qui ne payait pas son entrée pour la bonne raison de sa qualité d'émissaire du ministère de la culture venue pour; donner son avis, sic.

    A l'entracte, le virage était impraticable et nous sommes restés assis. Je l'écoutais me parler avec distraction tandis que je contemplais cette armoire à chevaux, étale sur la scène. "Armoire à chevaux renversée", ai-je pensé alors qu'elle me disait sa surprise de ne voir que des cheveux blancs dans le parterre de l'auditoire. J'avais choisi le meilleur endroit pour observer du balcon les mains d'un pianiste venu interpréter un répertoire russe très attirant à mon goût, même s'il remplaçait au débotté Mikhail Rudy initialement programmé. Le meilleur endroit enfin pour les meilleures voisines. L'émissaire me faisait part de ses critiques à l'égard de ce remplacement, trouvant à redire sur une interprétation de Rachmaninov sans partition, alors que ce remplaçant avait eu seulement deux jours pour préparer le répertoire à l'identique (sauf ce Rachmaninov au détriment des tableaux de Moussorgski). Admirons la coupole, imaginons sa restauration, les corps de métier attenants, ses boiseries et ses dorures.

    Je me serai tu sur ce "1884" en chiffres d'or tout là haut au fronton qui signait l'inauguration du théatre quand Jarry avait onze ans et qu'il assistait à ses premiers opéras comiques ici même, soufflant au foyer du surréalisme et le réanimant à jamais ! Ou ici encore l'annonce faite sur la scène de la naissance de Patrick Dewaere par ses grands frères après la guerre. Louis Guilloux toujours... Non rien de cela, je ne suis pas qualifié, nous discutons des pratiques amateurs dont je connais un peu le rayon, elle ne manque pas de préciser qu'elle a fait partie d'un jury de concours de piano pour amateurs et de me demander mon instrument. Quand revoilà Roustem Saitkoulov sur la scène jouant Prokofiev, son meilleur moment. Mais dès le début de Petrouchka si cher à mon coeur, je suis surpris et déçu par la rapidité extravagante d'exécution de cette oeuvre de Stravinsky. Roustem Saitkoulov, reviendra plusieurs fois faire des rappels avec une alacrité dissimulée.

  • Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc

    les mardis après midi, je peux faire un tour au musée sans croiser âme qu'y vive hormis la guichetière, planton zozotant. L'exposition des peintures de Jacques Lacomblez (peintre et poète 1934-) semblait prometteuse vu que le bonhomme belge a fréquenté par le passé Breton, Magritte et d'autres surréalistes (ceux-ci chers à Lévi-Strauss dans la manière de faire) mais la ballade dans le musée devient vite une angoissante sortie de classe fantôme, dans une présentation des oeuvres où reste peu de place, au milieu des rémanentes maquettes et autres expositions d'outils calamiteux. Louons tout de même sa présence qui ne doit pas au hasard, la matière surréaliste étant bretonne (A. Jarry, M. Denis deux symbolistes précurseurs et Y. Tanguy, A. Breton) ainsi que belge (R. Magritte, et la liste est longue).

    "J'attends depuis des siècles
    un oiseau fabuleux
    qui vienne en mon désir
    couver un instant d'or"
    Jacques Lacomblez "Pages de Mégarde" 2008.

  • Non-événement (feuilleton de l'été)

    Ouest-France vendredi 25 septembre 2009 :

    Les algues vertes sont elles à l’origine de la mort d’un homme en juillet dernier ? Les prélèvements sanguins du défunt n’ont pas parlé. : Ouest France

    Algues vertes : le sang du camionneur n’a pas parlé

    Du sang avait été prélevé au décès du camionneur qui transportait des algues vertes le 22 juillet à Lantic (Côtes-d’Armor). Ce prélèvement vient d’être analysé afin de savoir si le sang de la victime contenait de l’hydrogène sulfuré (H2S), généralement généré par les algues vertes quand elles se décomposent. Selon nos informations, un résultat partiel indique la présence de ce gaz. Problème : ce résultat n’est pas interprétable en l’état car le corps humain, comme tout organisme qui se dégrade, produit également du H2S. Pour les mêmes raisons, une autopsie n’apporterait pas forcément de conclusion plus probante. Interrogé, le parquet de Saint-Brieuc indique : « Il semblerait qu’il y ait de l’hydrogène sulfuré dans le sang, mais rien de précis. Cela ne permet de rien conclure, tout est possible. » Tandis que dimanche se profile une manifestation sur une des plages d’Hillion, dans la baie de Saint-Brieuc. Une des communes costarmoricaines les plus polluées par la prolifération d’algues vertes.

  • Maurice Denis et la bretagne (japoniaiserie ?)

    Derrière le maître des Nabis on aurait pu imaginer un être plus sulfureux que celui qui apparaît dans ses thématiques visibles sur "La fraction du pain" ou d'autres pieux sujets bretons "l'enclos paroissial de Lampaul"... Pourtant l'effet des bleus dans l'ombre est bien là et même les couleurs négatives saturent sa peinture. Plus tard durant la visite on apprend qu'à son goût les paysages bretons sont propices aux sujets mythologiques (Galatée, le Minotaure...) et particulièrement ceux de Ploumanach - où j'ai personnellement vu la fille d'Hérodiade. Ce bon père de famille (sept enfants) appréciait la poésie de Charles Le Goffic dont le paraphe figure sur une page de garde d'un recueil en sa possession, ils partageaient l'idée selon laquelle l'art est une sacralisation au sens religieux, des sujets. Hélas on se souvient plus de lui aujourd'hui pour ses japoniaiseries d'époques, enluminures fondamentales du Nabi :

    Les Hêtres de Kerduel (1893)

  • La taxe carbone me ravit partout où je la trouve

    Un cheval est mort à Saint-Michel-en-Grève, était-il syndicaliste ?

    "La prolifération accrue des algues vertes, sur certaines plages des Côtes-d’Armor, inquiète les élus. [...] L’accident récent, vécu fin juillet par un cavalier aux environs de la plage de Saint-Michel-en-Grève a relancé les inquiétudes [...]. Pris au piège dans une zone mouvante, le cheval de ce dernier est en effet mort d’un oedème pulmonaire selon les premiers résultats de l’autopsie, sans que ni eau ni vase n’aient été retrouvées dans les poumons. Les algues vertes peuvent-elles donc tuer ?" L'humanité 10 août 2009.

    Quelques années plus tôt à Hillion des chiens (pas plus de deux) sont morts dans les mêmes circonstances, ces quadripèdes ont des maîtres qui ont des gueules (au bord de la mer; des grosses), des jean-marie de l'écologisime avais-je pensé alors. Mais je m'aperçois que l'écolo français trouve que l'écolo breton est trop vaseux, l'heure est donc grave et le touriste passe son chemin.

    En réalité l'algue verte ça sent trop fort le caca, ce qui relativise le combat écologique et renvoie inmanquablement à notre visionnaire Alfred.

    Saint-Brieuc des Choux (Alfred nait en 1873 et est élève au Lycée de Saint-Brieuc d'octobre 1879 à juillet 1888. À partir de 1885, il compose ses premiers poèmes et comédies en vers et en prose, qu'il conserve dans un dossier qu'il intitulera, probablement en 1897-1898, Ontogénie.)

    À Saint-Brieuc des Choux tout est plus ou moins bête,
    Et les bons habitants ont tous perdu la tête.
    À deux lieues est la mer, à deux pas les fumiers,
    Et, du matin au soir, d’innombrables pompiers
    Promènent en tous lieux leur pompe brévetée (sic).
    Grâce à Rouget, pourtant, l’odeur est supportée.
    Parlons donc du lycée ! Au premier rang, les pions.
    Combien dit-on contre eux de malédictions,
    Quand le méchant Sicca, d’une voix bien revêche,
    Gronde, l’une après l’autre, et la Tête-de-Seiche,
    Autrement dit Roupias, et son ami Pasfort.
    Pasfort s’en gêne peu : pas plus mal il n’en dort.
    Mais il n’est plus ici : laissons donc cet élève.
    De célestin dans l’air parfois la voix s’élève,
    Qui vous hurle bien fort, avec des yeux grognons,
    Tandis que les gamins lui jettent des trognons :
    « J’ai des papiers de toute espèce ;
    J’en ai de propres, de souillés ;
    À bien bas prix je vous les laisse ;
    Je vous en prie, achetez-les. »
    Les jours d’inspection, toujours Monsieur l’Estime
    Et l’examinateur vous font un bien grand crime
    De ne pouvoir leur dire (oh ! sans les agacer !)
    Ce qu’est le radical, mais il faut les laisser.
    Ce qui me plaît le plus, c’est, pendant les vacances,
    D’aller me promener, mais non d’aller aux danses ;
    Et, si vous m’en croyez, répétez avec nous :
    « Ah ! quel triste pays que Saint-Brieuc des Choux ! »

  • Plus un seul appelé et tellement d'élus

    Monsieur Eric Woerth,

    Je viens de recevoir votre lettre avec mon avis d'impôt sur le revenu 2009 qui m'annonce une bonne nouvelle et si j'étais honnête je devrais voter à droite jusqu'à la fin de mes jours pour vous en remercier. Effectivement mon crédit d'impôt sur mon prêt habitation principale est astronomique au regard des habituels traitements alloués aux gens de mon statut, même si en préambule de ce courrier je suis décrié comme un "de nos concitoyens les plus affectés par la crise économique", ce qui ne laisse pas de nous vexer mon épouse et moi même car nous avons la missive en deux exemplaires commençant par ces mots "Chère Madame, Cher Monsieur". Cela sans compter notre perplexité : laquelle devons-nous lire en nom propre ? je vous accorde qu'elles sont identiques mais c'est une question de principe. Lequel de nous deux est le concitoyen le plus affecté par la crise économique ?? Voilà pourquoi Monsieur Woerth j'en appelle à votre sagacité légendaire à la direction de vos services pour corriger rapidement, pour le moins cette intrusion sinon cette tentative de corruption au sein de mon foyer fiscal, et je ne pourrai me résoudre devant ma femme à faire allégeance à la droite le restant de mes jours si je devais accepter être, d'entre elle ou moi, le concitoyen le plus affecté par la crise économique.

    Recevez Monsieur Eric Woerth ma distinguée salutation.

    P.S. Je reverserai au plus vite et sans échéancier à M. Borloo le montant résultant du cumul exceptionnel des crédits d'impôt que sont l'éco-prêt (sur mes nouvelles fenêtres en polychlorure de vinyle) et la rénovation des fenêtres (susdites) aux habitations datant d'avant 1975, car cela est trop, je ne puis accepter pareil cadeau. Enfin je verse déjà par la présente le montant de cinq cent euros (500€) à M. Rocard car je suis un homme de conviction et que la taxe carbone me ravit partout où je la trouve.

  • Jarret pas

    Les derniers événements de la ville de Saint-Brieuc (championnat national de bicyclette et festival international de tambour) me rappellent que j'aurais tant aimé être tambour-major et jarryste.

  • Françoise et Sylvie

       Je suis née au début de la moitiè du siècle dernier, dans un bourg de touraine. J'ai fait dans ma vie la rencontre d'une femme qui en bouleversa le cours, avec elle nous sommes entrées dans les annales criminologiques. Mais cette femme dont j'ai fusionné le destin au mien, ne m'était pas inconnue. Françoise est une amie d'enfance. Plus j'ai vielli, plus la voir m'était insupportable, elle était ce que je devais être. Je ne sais pas ce qu'est le bonheur, ne ris pas lecteur, j'y suis inepte. J'ai vécu une vie de merde, en contractant une poliomiélyte à mon jeune âge. La polio est parfois une maladie oro-fécale. Je suis blonde. A mon procès j'avais presque l'air aimable d'après les jurés, je m'étais mise comme savait si bien le faire Françoise ou d'autres femmes, on aurait pu me désirer. Dans ma jeunesse à l'école on s'est si bien moqué de moi que j'en claudique encore, j'ai ravalé tant de frustrations. Papa ne m'aimait pas, maman était embarassée d'avoir une fillette paralytique à s'occuper. L'année de mon crime, le jour de l'anniversaire de mon fils, j'ai demandé à maman qu'elle me donne les ustensiles à boucherie de papa. C'est aussi mon fils qui m'a aidé à porter le sac le plus lourd jusqu'à ma voiture en bas de l'immeuble. Mon fils encore était avec moi lorsque j'ai jeté sur les berges ensablées de la Loire les restes calcinés du crâne de Françoise. J'innocentais mon fils en ces instants, par la même occasion j'osais faire ce que papa n'avait pas su faire de moi, avec ses propres outils, comme ses mains. C'est l'homme que j'innocente et lui que je venge, l'homme que j'adule, l'homme en général dont je dois avoir besoin sans arriver jamais à assouvir mes besoins... Oh cette salope de Françoise.

       Je l'ai attirée chez moi sans mal car je vous l'ai dit, elle a été témoin de mon enfance morne, je lui ai fait boire des sédatifs puis je l'ai couchée et dévêtue dans mon lit en plein midi avant que mon fils revienne de l'école. Je l'ai vidée de son sang dans ma baignoire après avoir appuyé sur sa tête et lui avoir coupé les veines à l'aide d'un scalpel volé à mon travail, toutes choses apprises dans les affaires criminelles dont je me suis passionnée parfois, comme de savoir par exemple qu'on identifie un corps avec les dents la plupart du temps. Mon mariage a été un échec, j'ai découvert que mon mari m'a faite cocue quelques années avant mon crime, je lui ai fait coucou aussi pour toujours et j'ai ruminé un peu mais il était si falot... J'ai arraché les dents en or de Françoise avant de la décoller, la prise étant plus facile et son intégrité intacte. Et chaude encore. Les vrais dents je les ai jetées dans le cabinet des toilettes, je les ai toutes arrachées. J'ai d'abord coupé la tête. Cela m'était si difficile qu'à ce moment j'ai été chez ma mère pour préparer l'anniversaire de mon fils et prendre le couteau et le hachoir de papa, vers 16h. C'était un lundi. Le soir, nous fêtons l'anniversaire et tout le monde s'en va coucher. Sauf moi. Je récupère feue Françoise que j'ai enroulé dans des couvertures sur mon balcon, elle est si blanche et propre, édentée, vidée de sang. A califourchon sur ce qui ne sera bientôt plus qu'un tronc je la décapite au couteau et au hachoir, ensuite je commence par ôter les bras en m'interrogeant sur ma méthode, ce qui fera dire lors de mon procès que je ne me suis pas trompée - j'ai vu souvent papa faire. En la chevauchant pour lui couper les jambes je suis au contact de ses seins que j'écrase de mon lourd fessier, cela me plaît fortement je ressens des choses jamais éprouvées et que j'ai senti après. Deux soirs encore je me livrerai à cette découpe.

       Disons finalement que je suis obsédée par la nécessité de faire disparaître sa tête, c'est une si petite chose maintenant. Je tente de la détruire au marteau, de mettre en miette la boîte crânienne mais rien n'y fait, je ne parviens pas, on ne peut pas s'imaginer la solidité d'un crâne. Finalement le dernier soir, n'y tenant plus je préchauffe mon four au feu maximal et y enfourne la tête sur le plateau lèchefrite, puis je vais me coucher. Elle cuira toute la nuit. Mon fils à côté dort. Moi aussi, très bien encore. Dans ma salle de bain j'ai traversé le miroir, c'est moi que je voyais en elle, c'est une part de moi-même que j'ai tué et depuis ces jours funestes jamais plus je n'ai rêvé de cette garce. J'ai acheté des sacs poubelles pour y mettre les morceaux de Françoise, j'ai déposé en fin de matinée les deux premiers sacs sur le parking de l'hôpital dans lequel je travaillais en tant qu'aide-soignante, cela fit un cliché de police extraordinaire. Ci-gît ensoleillée, une partie de Françoise (sans tronc ni tête) en deux sacs bleus clairs, à l'avant d'une immaculée 2CV blanche. Affublée de ses deux couilles bleues, la 2CV restera dans l'histoire de la criminologie française. Le tronc bien trop lourd est déposé avec l'aide de mon fils innocent derrière un autre magasin. La tête est ensablée dans la Loire. Depuis, dans les geôles j'arrive enfin à dormir et à jouir. Il n'y a pas deux filles en moi.


    Sylvie Vartan et Francoise Hardy - Il y a deux filles en moi
    envoyé par svsheila. - Clip, interview et concert.

     

  • Similitudes

    Se rappeler le passage des groupes Omry le 28 mars dernier à Lamballe, et Next le 2 avril dans le petit théatre de Saint-Brieuc.

  • Uranus et barbus (islamic schizophrenia)

    Uranus a traversé la France à l'arrière d'une petite voiture aux côtés de ma fille. C'est dire sa patience, car elle a les jambes plutôt fortes et longues pour une chevale. Nous voici à Maubeuge.

    - La Sambre ne m'amuse guère.
    - C'est vrai.
    - Et tout ce chemin sur cette satanée autostrade, vous rendez-vous compte du mal que vous me faites ?
    c'est la route d'un permanent monde déhiscent et que vous traversez somnolent à grande vitesse. Jamais rien ne passe plus du côté droit au côté gauche.
    - Nous nous sommes arrêtés plusieurs fois, si je ne m'abuse.
    - Ha Ha !
    - Ne soyons pas badins, le beau-père est peut-être hémiplégique des suites de l'attaque cérébral.

    C'est ici que mon épouse s'énerve au vilain prétexte de notre retard pour l'hôpital.
    Maubeuge, le grand-hôtel.
    Magnanime et rassérénée dès le lendemain par la santé de son père, elle tiendra à nous montrer les lieux de son enfance.
    Haumont, les traces d'une tornade dont le courroux semble s'être acharné sur son ancien collège, la vue en est estomaquante et tragi-comique.
    Neuf-Mesnil.
    Louvroil, la mosquée en construction, non moins tragique échec des intégrations.

    Maubeuge Automobile Désert.