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  • Saint Georges et le dragon - Maurice Denis 1910, Ploumanac'h (Saint Georges aux rochers rouges).

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    À la place du dragon se tient aujourd'hui un parking, c'est un peu l'idée qui me vint en arrivant par la corniche : on se tient soi-même sur un parking en belvédère pour regarder l'autre en contrebas. Mes petites sont contentes et dans le dimanche soir naissant comme un grain, le rez des rets de novembre nous amuse en dessinant un arc-en-ciel en pied si haut et droit qu'on y passerait le seuil. Il n'y a pas de roses, il n'y a pas de rouges cela semble plutôt doré et sableux, un peu comme un goûter.

  • Aspirant et expirée

    ‎"Je veux bien vous permettre mes doigts, mes poignets... sous la manche, mes cheveux, et aussi un peu le pied, sous la table, les jours de fête... mais je ne permets pas la bouche... ni de me me mordre." Alfred Jarry - VI. Chez la fiancée - L'Amour en visites.

  • Hasard

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    Samedi soir dernier j'ai dîné fortuitement d'une soupe au potimarron suivie de cocos paimpolais à la carotte, j'ai accompagné le tout depuis l'apéritif et jusqu'au dessert de saint-véran*. Vin rare par son "tirage" il ne trahit pas, nulle acidité ni pétillance à la langue, sa couleur dorée est très agréable et trompeuse. Je dis ça pour causer et la photographie est prise en mai 2005 par moi-même. Quel âge a ce blog déjà ? je ne sais plus exactement. Durant son existence trois personnes se sont penchées un peu dessus : Virginie, Guillaume et Michel. Il s'agit d'universitaires et "ont peu" dire qu'ils m'ont beaucoup stimulé pour ne pas dire plus.

    * Le nom de la commune de Saint-Vérand s'écrit avec un d, tandis que le nom de l'appellation s'écrit sans « d ».

  • Rentrée

    Mes jolies filles mais jolies maman

    La maman de J. appelle ma grande pas son prénom et discute avec ma femme à bâtons rompus sans porter aucun intérêt à ma présence sur le banc. Il faut dire qu'en un semestre je n'ai jamais vu le papa de J. Hier soir elle s'est retournée devant moi (mais sans me voir car j'attendais dans la voiture) pour saluer H. qui entrait prestement dans la boucherie, et ainsi lui regarder les fesses.

  • Retour

    foin des cigales;

    mais ? mes mouettes !

    Une dépravée enduite d'huile solaire aux jambes posées sur la calanque est outragée tous les jours après midi : telle est cette cité. À ses quais sa horde de violeurs immanents qu'elle lâche : des enfants la bouche pleine de crèmes et leurs parents complices qui se délient. Quand atteint le nez du cap la giclée des liquides de refroidissement des kérosènes et des foutres le grand orgasme retombe. J'avais avec moi le livre de Bernardin sous le bras, et ma fille sur les épaules. Les ouvriers qui votent à droite baisent encore les faux marbres de ses fausses fontaines et se font chier dessus par de faux pigeons cendrés.

  • Caca boudin le ramasse-crottin

    M. dit -" Cheval à la tête ! " et moi qui me souviens d'Uranus je tourne autour de mes tambours il se trouve que je suis las l'été de faire la bossa et du duo, je ne suis pas une chamelle. Le peintre terminera son travail après demain par la vitrification des parquets et l'escalier. On ira tous dans la maison de mon enfance tant que sèche la huisserie.

    Qu'est devenue Uranus ? il faudrait que je l'appelle et qu'elle vienne me voir, qui n'a jamais vu Y. Je l'ai rencontrée au printemps de l'année 1996 les gens ont des souvenirs de copains de régiment mais moi seul me vient chevale. Sous la tapisserie, cunéiformes j'ai trouvé quelques inscriptions et dans le ciel : des sillages blancs.

    Le soir venu sur le camp de Fontevrault et dans ma mémoire me reviennent l'opérette des chars d'assaut, les tirs et Uranus jalousant cette marche en peloton aux aurores hivernales qui me pelotait en pensées dans l'extrème froidure continentale du Saumurois; mais matutinale. -Chevale à la tête ! chevale à la tête !

    Je prends des vacances, je ne serai pas glabre. Ici les travaux sont finis cependant que nous avons vécus comme des culs bénis dans la maison d'enfance. Je boirai du Bandol, il fera chaud le soir. Il ne se passera pas grand chose à part peut-être un bain de minuit et comme d'habitude je n'emporterai pas un livre avec moi, mais des mioches. Ah j'aimerais tant que le vieux barman qui réchauffait mes biberons à son grand désespoir, joue encore du piano et me raconte d'ébahissantes histoires de musiciens parisiens à l'heure de l'armagnac. Je vous l'avoue aujourd'hui : ce genre de situation m'arrive, tellement creux est mon nez.

  • Triolet

    Le ras de quatre suivant le doigté en frisé est la figure la plus difficile à réaliser au tambour. Il s'agit de quatre coups donnés en un clin d'œil et qui se posent sur le temps ou partent du temps. Vous ne l'entendrez pas dans la musique binaire, ni chez les rockeurs. Il est très courant dans une ballade au tempo très lent interprétée aux balais. Avec la prise tambour en main gauche pour obtenir le meilleur grain de peau dans le frottement circulaire, le ras de quatre est un mot du langage et un très beau geste.

  • Sanguine

    elle était sans descendance - in|finie - ses dernières pensées parachevaient sa tardive fascination pour ses flux inachevés et ceux de ses semblables dont l'achèvement avait eu sa raison qui alla rendre son être au grand fleuve saint laurent

  • Libertango

    "Toutes les femmes sont des roseaux
    Moi je suis tango, tango
    Que je plie dans un sanglot"
    Haïku caché dans une chanson de 1975 "Moi je suis tango", Guy Marchand.
    Piazzolla n'a pas fait la musique du "Dernier Tango" il a décliné l'offre de Bertolucci en 1972.
    "Libertango" A. P. 1974 Italie.

  • Poème manqué

    Dans le tiroir des couverts j'ai une petite cuillère en argent que j'ai toujours vue noircie parmi les inoxydables ustensiles de cuisine. Un cadeau de ma naissance que ma mère a absolument tenu à me remettre ce dernier lustre sans doute plus pour éloigner le souvenir de l'auteur d'un pareil geste que pour m'enrichir. Comme dans les romans ça se brosse pour briller joliment et tout à fait autrement que l'acier.

  • E n nui

    épanche : Œ il peau piette
    temps : 
    gi bbosité vulvaire phoque
      indusiée : grosses
    lèvres lasses

     pluie : lapin écorché

    fine

  • Roberts

    De l'école, M. est revenue un jour avec sur ses lèvres ce joli vers qu'elle chantait à peine modifié : " À Nevers sur mon cheval vert ". C'était les premiers mois de cet hiver, ses trois ans. Cela m'a beaucoup plu et j'avais bien remarqué sa vieillissante institutrice sous les fenêtres de la maison où l'auteur de ce vers avait séjourné pour visiter son ami. Le flux continue. Avec les enfants de maternelle elle a fait un récit qu'on découvre dans le cahier d'école ce vendredi, très pataphysique et amusant : " le lavabobineur ". En dedans il y a une petite prouesse cachée dûe au rapprochement du robinet et de la bobine : par Robin (extrémité du tuyau des fontaines ornée de tête de mouton, forme familière du prénom Robert, dans la littérature médiévale Robin était souvent employé par dénigrement pour un paysan sot et prétentieux, il donnera robinet) et Robert (anglo-saxon Bob, donnant bobine).

  • Causer

    Pradoc m'a accepté comme ami avec mon vrai nom et mon vrai prénom dans le FB; vous vous en doutiez, j'ai brisé un charme. J'ai des insomnies je berce ma dernière en marchant nuque à nuque dans l'obsucrité et j'ai le temps de penser à des tas de choses, au roman qu'est mort et que je foule, aux chaussettes seules qu'il faudrait ranger, à la peinture de sa chambre, à la petite rousse qui partageait dimanche soir sa couleur de chevelure avec les carrières de grès roses creusées dans les flancs du cap, et faisait de la balançoire avec la grande et la poésie à en tirer si près de Tu-Es-Roc mais que je ne ferai pas parce que c'est trop tard et que j'y ai trop pensé et que c'est éculé, creu et vide. Otite encore. Bonne nuit.

  • Quand elles partiront

    Le soir précédant l'éparse éclosion
    De fleurs aux branches des gros cerisiers
    À leur pied sises tenues leur donnant baisers
    Deux fillettes dansaient sur le gazon

    Dix fois pour toucher la ramure pourpre
    Elles jetèrent leur poupée en l'air
    Elles étaient sœurs et deux brunes toutes
    Une fit tomber son poupon par terre

    Icelle y décocha un coup de pied
    Quand la plus grande déjà s'en allait
    Sans jamais revenir et signalait
    L'annuelle vue des rosés houppiers

  • La manière espagnole au XIXème (Manet-Velazquez M.d'O. 09/02-01/03)

    1538 : La Vénus d'Urbino
    Titien, huile sur toile, 119 x 165 cm
    (Galleria degli Uffizi, Florence).
    1863 : Olympia
    Édouard Manet, huile sur toile 130,5 × 190 cm
    (Musée d'Orsay, Paris).
    1537 : le pape condamne toute forme d'esclavage [des Amérindiens] présente et à venir, toute mise en doute de la pleine humanité des Amérindiens et toute atteinte à leurs droits à la liberté et à la propriété (2 juin 1537 (Veritas ipsa) et le 9 juin 1537 (Sublimis Deus)).
    1848 : abolition de l'esclavage en France.

  • "Contentement durable"

    J'ai passé mon heure au cabinet à lire Mellin de Saint-Gelais et Eustorg de Beaulieu quand m'amie m'en sortit, elle pestait après mon incroyable durée mais louait la lunette chaude.

  • Une folie

    Dans l'après-midi du dernier mardi je suis sorti promener un peu M. hors de la maison où j'ai passé mon enfance, pour voir les chevaux. Très vite nous avons distingué un homme qui se dirigeait vers le carrefour où nous nous rendions, à même distance et même pas : le raseur du hameau. Impossible de faire demi-tour ainsi à découvert, résignés nous descendons vers lui qui pousse une brouette; il est en bleu de travail. C'est un ancien cadre dirigeant des pinceaux Raphaël, viré par le fils de son patron à la fin des années 80. Il est très satisfait de me saluer pour me dire aussi que mon père lui semble fuyant depuis quelques mois, abasourdi par cette verve, je regarde d'un air interrogateur le contenu de sa brouette souillée de boue noire. Il nous enseigne alors qu'il récupère fièrement le limon de l'ancien lavoir dudit carrefour pour en faire un fertilisant, contestant au passage mon terme choisi d'engrais. Ma fille le boude sans mal, il me dit qu'en général les enfants le fête toujours. Raseur vous dis-je, il nous conduit au bord de la fontaine et commence sa manoeuvre, en le voyant faire, je pense aux deux incendies survenus à une dizaine d'années d'intervalle dans les hangars de stockage Raphaël, depuis 1997, et me demande s'il a jamais été inquiété, je souris intérieurement de ma méchanceté vengeresse. M. fait de grands yeux. Puis nous le laissons là, à sa boue. M. maintient ce que son grand-père lui a dit, les chevaux ne sont pas là. Je lui dis que parfois ils sont tout au bout du chemin et qu'il faut y aller. Mais de ma hauteur je les vois déjà sans les lui signaler. Ils sont deux, très moches et l'un d'entre eux porte une couverture ce qui ne laisse pas de faire causer M. Il la porte pour dormir, car les chevaux dorment debout grâce à un système savant de loquet dans les os de genoux, dis-je. Nous nous en retournons à regrets pour ce qui concerne ma petite aux grands aux-revoirs cynégétiques. Elle réclame alors que je la porte, elle a trois ans et la porter jusqu'au retour me semble difficile. De passsage à la fontaine nous ne verrons plus le vidangeur bien heureusement, et sur la route M. acceptera de marcher. En remontant nous apercevons un autre voisin à la porte de son garage qui tutoie son zimmer, c'est le père de celle qui était alcoolique et dont le mari a fait fortune dans les masques (HunNun), à qui il avait donné le terrain jouxtant le sien il y a bien longtemps. Ma mère s'en veut encore de ne pas avoir deviné cet alcoolisme "de luxe", elle qui est si sagace a mener l'enquête parfois. Nous rentrons à la maison et je jette un dernier regard dans la côte où j'avais vu enfant, le clochard qui habitait la petite maison sise auprès de celle de mes parents, partir au bourg revêtu d'une robe appartenant à maman, après avoir fait nos poubelles. Il est mort lamentablement saoûl au bord d'une route, celui qui avait trouvé son frère pendu dans le grenier.

  • Remembrance (et fin du facebook)

    Dans le petit port de Cassis très visité l'été, il y a un homme qui se promène toujours de blanc vêtu (ils ne sont pas rares) celui-là est poète. En plein centre et lorsque vous remontez de l'unique plage se trouve son échoppe d'angle consacrée entièrement à sa poésie sienne, par les vieux quartiers on trouve même un magasin qui renvoie à cette nouvelle adresse, du moins l'ai-je constaté en ce pénultième été. Cela était absolument impayable. 600 poèmes au choix. Sans nul doute un roi pour les cocus.coucou.jpg

  • Bluette de grand-mère(écœurement(lazzi))

    Ce que dit laconiquement le tenancier tandis qu'elle nous sert de son vin d'étagère c'est qu'il faut la chanteuse bientôt remercier : contrôle sanitaire et dressement judiciaire, la crise financière a raison des desserts. Mais elle ne voit pas que d'elle on en sait long, sa venue au palais en femme du patron par cet incongru glaive emmanché sur grand-mère - contrebassiste et cadet de ses musiciens qui ramassera la clé sous la porte close. Sera-ce fini de concert et cette glose... Hélène voudrait faire l'école hôtelière cependant que l'on s'invite à Saint-Valentin, promis la der des der nous serons ses quinquins.

  • La partie de chasse II

    j'aimai tant la glaciale
    beauté croupie des lacs
    geôle diaphane ou laque
    de gibier provincial

    maintenant Nathalie
    votre face poudrée
    introduit de vos grés
    un bel hymne à nos lies

    car sous vos traits altiers
    je mets sans qu'il dérange
    ma bouche sur la fange
    équitant peu entier

    remettons ma chanson
    aux sommets des grand-croix
    que ce faisant si froids
    ne dit-on panthéon

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    l'hallali du cerf (Courbet 1867)

  • homme au logis (sans reproche)

    j'ai marre !
    à faire la poésie dis
    je dis que
    j'ai marre

    alors je fais le tambour
    pis quand j'ai assez balayé
    (mon tambour à pédale est rétro)
    je remets la poésie

    mais là ça vire au marre de marre

    et je regarde par la peinture
    lourdaud qui prends mon ballet

    j'ai paressé rien n'a avancé assez
    mon amour je rétropédale

    mes filles regardent la télévision
    j'ai pas dressé rien n'a assez avancé

    or dînatoire
    j'y fais du bidon et des répétitions
    dans les relations d'approbation
    mais c'est pas possible que je voudrais écrire un balai

    rêve oyons
    ou faire une pièce aux tambours tremblante
    dès qu'on y est la musique de la chambre
    voilà du poisson nature aux yeux gros qu'est

    mort

    qu'enfin je vais mitonner

  • Petite fleur

    Je ne t'ai pas chantée encor, tu ne m'es pas étrangère autant que la première Vénus

    et tu es reconnaissante alors dans mes pas quand jamais je n'ai vu cet amour en nos us.

     

  • fune et railles

    sous le vent s'est fendu en deux mon lila blanc :
    l'un seul à plat l'autre debout chez les voisins

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    celui-ci est un branchage à fagoter tant
    il est si faible scion que je couperai   fin

  • K

    un anachronique frelon vibrionnait
    dans l'atelier alors que déjà mes oreilles
    sifflaient, mince automne ou la feinte indifférence
    j'observais l'abdomen dessiné de bombances

    on lisait la scélératesse jaune et noire
    si attirante et belle d'aspect aux enfants
    qui ne savent rien du venin ni de ce dard
    où je ne vis que brunes ou blondes un temps

    soit cet intersigne mais ainsi était-elle
    des méchants ayant compris ce que les gentils
    ne comprendront jamais elle en faisait un miel !

    depuis plusieurs jours j'apercevais au carreau
    ce désespérant insecte emprisonné là
    de son fait et arrivé d'on ne sait que trop

  • Petrouchka (jeudi soir 26/11)

    ges_Lacombe-1868-1946-Marine_bleueBeaux-Arts_de_Rennes.jpgDans le tournant du premier balcon ma voisine de droite m'a avoué ne pas avoir payé sa place. Mon autre voisine au chic assumé connaissait le programme sur le bout de ses doigts qu'elle ne manquait pas de faire claquer promptement à la fin des pièces musicales, et c'est avec cette classe qu'à l'entracte elle a réquisitionné poliment le programme annuel posé sur mes genoux pour achever de l'utiliser en éventail nonchalamment retombé à sa place, lorsqu'elle regardait de l'autre côté son époux. Naturellement j'ai prévenu sa chute, naturellement elle loua ma prévenance en m'ignorant. Mais cela n'était rien en regard de l'autre voisine qui ne payait pas son entrée pour la bonne raison de sa qualité d'émissaire du ministère de la culture venue pour; donner son avis, sic.

    A l'entracte, le virage était impraticable et nous sommes restés assis. Je l'écoutais me parler avec distraction tandis que je contemplais cette armoire à chevaux, étale sur la scène. "Armoire à chevaux renversée", ai-je pensé alors qu'elle me disait sa surprise de ne voir que des cheveux blancs dans le parterre de l'auditoire. J'avais choisi le meilleur endroit pour observer du balcon les mains d'un pianiste venu interpréter un répertoire russe très attirant à mon goût, même s'il remplaçait au débotté Mikhail Rudy initialement programmé. Le meilleur endroit enfin pour les meilleures voisines. L'émissaire me faisait part de ses critiques à l'égard de ce remplacement, trouvant à redire sur une interprétation de Rachmaninov sans partition, alors que ce remplaçant avait eu seulement deux jours pour préparer le répertoire à l'identique (sauf ce Rachmaninov au détriment des tableaux de Moussorgski). Admirons la coupole, imaginons sa restauration, les corps de métier attenants, ses boiseries et ses dorures.

    Je me serai tu sur ce "1884" en chiffres d'or tout là haut au fronton qui signait l'inauguration du théatre quand Jarry avait onze ans et qu'il assistait à ses premiers opéras comiques ici même, soufflant au foyer du surréalisme et le réanimant à jamais ! Ou ici encore l'annonce faite sur la scène de la naissance de Patrick Dewaere par ses grands frères après la guerre. Louis Guilloux toujours... Non rien de cela, je ne suis pas qualifié, nous discutons des pratiques amateurs dont je connais un peu le rayon, elle ne manque pas de préciser qu'elle a fait partie d'un jury de concours de piano pour amateurs et de me demander mon instrument. Quand revoilà Roustem Saitkoulov sur la scène jouant Prokofiev, son meilleur moment. Mais dès le début de Petrouchka si cher à mon coeur, je suis surpris et déçu par la rapidité extravagante d'exécution de cette oeuvre de Stravinsky. Roustem Saitkoulov, reviendra plusieurs fois faire des rappels avec une alacrité dissimulée.

  • Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc

    les mardis après midi, je peux faire un tour au musée sans croiser âme qu'y vive hormis la guichetière, planton zozotant. L'exposition des peintures de Jacques Lacomblez (peintre et poète 1934-) semblait prometteuse vu que le bonhomme belge a fréquenté par le passé Breton, Magritte et d'autres surréalistes (ceux-ci chers à Lévi-Strauss dans la manière de faire) mais la ballade dans le musée devient vite une angoissante sortie de classe fantôme, dans une présentation des oeuvres où reste peu de place, au milieu des rémanentes maquettes et autres expositions d'outils calamiteux. Louons tout de même sa présence qui ne doit pas au hasard, la matière surréaliste étant bretonne (A. Jarry, M. Denis deux symbolistes précurseurs et Y. Tanguy, A. Breton) ainsi que belge (R. Magritte, et la liste est longue).

    "J'attends depuis des siècles
    un oiseau fabuleux
    qui vienne en mon désir
    couver un instant d'or"
    Jacques Lacomblez "Pages de Mégarde" 2008.

  • Non-événement (feuilleton de l'été)

    Ouest-France vendredi 25 septembre 2009 :

    Les algues vertes sont elles à l’origine de la mort d’un homme en juillet dernier ? Les prélèvements sanguins du défunt n’ont pas parlé. : Ouest France

    Algues vertes : le sang du camionneur n’a pas parlé

    Du sang avait été prélevé au décès du camionneur qui transportait des algues vertes le 22 juillet à Lantic (Côtes-d’Armor). Ce prélèvement vient d’être analysé afin de savoir si le sang de la victime contenait de l’hydrogène sulfuré (H2S), généralement généré par les algues vertes quand elles se décomposent. Selon nos informations, un résultat partiel indique la présence de ce gaz. Problème : ce résultat n’est pas interprétable en l’état car le corps humain, comme tout organisme qui se dégrade, produit également du H2S. Pour les mêmes raisons, une autopsie n’apporterait pas forcément de conclusion plus probante. Interrogé, le parquet de Saint-Brieuc indique : « Il semblerait qu’il y ait de l’hydrogène sulfuré dans le sang, mais rien de précis. Cela ne permet de rien conclure, tout est possible. » Tandis que dimanche se profile une manifestation sur une des plages d’Hillion, dans la baie de Saint-Brieuc. Une des communes costarmoricaines les plus polluées par la prolifération d’algues vertes.

  • Maurice Denis et la bretagne (japoniaiserie ?)

    Derrière le maître des Nabis on aurait pu imaginer un être plus sulfureux que celui qui apparaît dans ses thématiques visibles sur "La fraction du pain" ou d'autres pieux sujets bretons "l'enclos paroissial de Lampaul"... Pourtant l'effet des bleus dans l'ombre est bien là et même les couleurs négatives saturent sa peinture. Plus tard durant la visite on apprend qu'à son goût les paysages bretons sont propices aux sujets mythologiques (Galatée, le Minotaure...) et particulièrement ceux de Ploumanach - où j'ai personnellement vu la fille d'Hérodiade. Ce bon père de famille (sept enfants) appréciait la poésie de Charles Le Goffic dont le paraphe figure sur une page de garde d'un recueil en sa possession, ils partageaient l'idée selon laquelle l'art est une sacralisation au sens religieux, des sujets. Hélas on se souvient plus de lui aujourd'hui pour ses japoniaiseries d'époques, enluminures fondamentales du Nabi :

    Les Hêtres de Kerduel (1893)