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drums abstract - Page 5

  • "Les femmes c'est du chinois"

    Les femmes c'est du chinois
    Le comprenez-vous ? Moi pas.

    Celle-ci est une gamine
    Qui tient tellement à sa peau
    Qu'elle baisse ses yeux encre de Chine
    Mais jamais son kimono

    Celle-là est une acrobate
    Qui la nuit fait du jiu-jitsu
    Il faut vous accrocher à ses nattes
    Sinon c'est elle qui prend le dessus

    Celle-ci est une fillette
    Qu'on ne mange pas avec les doigts
    Il faut la prendre avec des baguettes
    Sinon elle ne veut pas

    Telle autre quand elle se couche
    Est avide de sensations
    Vous riez jaune, la fine mouche
    Compte les autres au plafond

    Celle-là quand elle perd la bataille
    Pour ne pas se donner à l'ennemi
    De votre sabre de samouraï
    Elle se fait hara-kiri

    À genoux vous demandez grâce
    Mais celle-ci rien ne l'attendrit
    Il vous faut mourir par contumace
    Au treizième coup de minuit

    Les femmes c'est du chinois
    Le comprenez-vous ? Moi pas.

    " Serge Gainsbourg   1961  "L'étonnant Serge Gainsbourg" Editions Warner Chappell

  • Mon plus gros cauchemar c'est vous

    Il y a quelques années j'ai souvent fait un cauchemar récurrent (chatte ou chat à tâches rousses) et je me suis aperçu avant-hier que j'en étais guéri. Pourtant lorsque ségolène royal apparaît à la télévision j'éprouve l'impression désagréable d'après le cauchemar dont JE NE VEUX PLUS ENTENDRE PARLER ! RETRO ! OUBLIETTES ! CABINET !

  • Aura Blabla

    Apprendre la maladie d'un homme par son ex-femme n'est pas le plus neutre des entretiens, on peut alors comprendre que l'annonce d'une maladie n'est pas toujours cette gloire jetant l'aura de la bravoure et de l'immunité sur soi-même ou la personne atteinte, dans ce but de conjurer le mauvais sort, non ici cela s'apparentait bien au crime hasardeux. On se targue de sa maladie grave, on dit son cancer, on se soigne par la parole... Est-on jamais sorti de chez soi les pieds devant bien vivant ?

  • "Le promeneur du champ de Mars"

    Après avoir regardé ce film je m'aperçois le lendemain que la génération du jeune héros (la mienne) est à Mitterrand ce que la sienne était à Pétain ou à Rimbaud, c'est selon, comme il lui fit remarquer depuis sa baignoire je crois bien : ces derniers étaient de la même génération.

    1850
    1910
    1970

  • "Footprints"

    J'ai fait mettre une peau de côté la semaine passée je viens la prendre

    une peau de quatorze pouces n'est-ce pas ?

    une peau claire

    une transparente ?

    non pas la peau lisse pitié

    une à bain d'huile alors ?

    non plus, une à grain

    je vous débarasse de l'ancienne ?

    je la garde elle a bientôt quinze ans et je ne l'ai jamais percée, en l'enlevant je me suis aperçu de mille détails invisibles

  • Mégalomanie

    Le lecteur aura sans doute remarqué que je n'ai jamais parlé d'un livre dans ces lignes, à part un ouvrage de musique de G. Paczsinky. Ce qui est - vu le rang que j'occupe dans les "blogs de littérature" - remarquable ça je me l'accorde. Pour vous donner un ordre de grandeur lorsque je suis entré en septembre dernier dans le top 50 de wikio, un blog très très connu est entré dans le top 10. Hélas j'en suis sorti aussi sec et aujourd'hui je me trouve 90ème. Tout cela est décevant direz-vous mais je préfère me taire que de parler des livres que je lis, chacun sa pudeur. Enfin je me demande un peu comment je peux être aussi haut dans ce classement alors que je n'ai que deux lecteurs à l'heure; pas même uniques. Je remarque aussi que les blogs que je lie n'y sont pas. Si ça continue, tenez-vous bien ! je vais me mettre en grève.

  • juan wayne asensio

    "
    On conseillerait fondamentalement de disposer en permanence de deux armes sur soi : une arme principale et une arme qui serve de «back-up», d’arme de secours au cas où l’arme principale soit hors d’usage, saisie, accidentée, enrayée ou hors d’atteinte. Et de disposer justement des deux systèmes actuels : semi-auto et revolver qui ne sont nullement concurrents mais complémentaires. Donc par principe, de savoir maîtriser aussi bien l’un que l’autre. Autre conseil évident : aucune cartouche dans la chambre du P.S.-A. ni dans le logement du barillet qui se trouve face au percuteur. On perd une seconde à armer le P.S.-A., une seconde à armer le revolver mais la sécurité de tous y trouve son compte. Il y a bien d’autres conseils à connaître mais ce n’est pas ici notre rôle (ni, en dépit des apparences, notre compétence car elle est inférieure à celle des professionnels ayant l’expérience quotidienne du port d’arme de «défense & combat» et du tir d’armes de «défense & combat» : nous parlons ici en «amateur éclairé» ayant pratiqué occasionnellement quelques années) de les dispenser pour l’instant en pure perte puisque la loi s’oppose pour l’instant à leur application.
    "
    "
    Qui écrit cela ? Un dangereux extrémiste pratiquant l'amalgame entre notre jeunesse ô combien déshéritée et des imbéciles qui ne pensent qu'à baiser, pardon, niquer, les blanches certes mais surtout les flics, gagner du blé pour baiser davantage, encore, jusqu'à en crever, de préférence une, dix, cent putes plutôt qu'une salope virtuelle qui, elle au moins, aura eu plus de chance que sa collègue serrée dans une cage d'escalier et priée d'écarter promptement les cuisses, histoire que la frustration, l'inculture totale et définitive, la stupidité la plus insigne, le mépris, la haine de dix (ou plus) chiens s'y déversent ?
    "

  • la tome de haute-savoie

    Le margoulin sonne, voilà mon voisin qui vient faire l'autruche à la porte. On a mis dans la nuit de la crotte sur la poignée de mon portillon (côté rue). Ce matin je me suis aperçu que seule ma main gauche empruntait cette poignée pour sortir, heureusement. Mais je ne me permettrais pas d'accuser quiconque je voulais juste prévenir madame qu'un plaisantin applique de la crotte de chien sur les poignées de portes, et le voilà le voisin, dame sûr à l'hameçon. Il ne veut plus entendre parler de son chien je peux toujours aller porter plainte à la gendarmerie car il a des problèmes ainsi que sa femme, ils sont bouleversés que je leur demande de prendre leurs responsabilités, je suis l'emmerdeur et eux des victimes. Couplet. Ils sont jeunes et ils ont une vie difficile, deux enfants un chat et tout dernièrement un chien. Ils ont été aux urgences dans une nuit, le chien n'a pas pu suivre, comprenez bien. Ils ont des rendez-vous tout le jour durant et m'écrivent qu'ils n'ont pas le choix avant de partir. Ils sont vivants eux, j'en déduis que ma famille qui aime tant le silence percé parcimonieusement de chant lyrique, est morte. Ils n'ont pas le choix et moi je devrais faire des efforts et être tolérant. Je me demande un peu pourquoi j'inspire si peu le respect. Ca ne m'a pas empêché de me sustenter ce soir d'une tomme de haute-savoie avec une délicieuse crème de myrtilles au serpolet et un verre de soda, je pense à mes vacances d'enfance lorsque ma mère raffolait justement des tartes aux myrtilles et de ces tommes... A des mille lieues de là ma femme m'en fit l'exclusif repas, n'est-ce pas incroyable ?

  • mémo

    "Moins l'esprit comprend tout en percevant davantage, plus grande est sa puissance de fiction, et plus il comprend, moins grande est cette puissance."

    Spinoza, "Tractatus de intellectus emendatione".

  • "Conference of the birds"

    cette pureté me plaisait car elle était insaisissable
    impossible de la photographier car trop infime
    de s'en approcher sans perdre la perspective
    de la dessiner sans la formaliser
    dans ce mirage à estran

    il y a cette vision
    maintenant déchirée

    les pins peignés par les vents ont été rasés dans l'été
    finie la belle courbe d'horizon et son incroyable
    pureté visible depuis le fond de la baie
    ce lissage naturel me satisfaisait
    et toujours je le vérifiais

    oiseau vase
    blavet baie
    mirage vitrail
    maman
    vitrail oiseau
                vase
    baie mirage
    maman
    oiseau mirage
    baie
    vase vitrail

    parleschemins

    enfant lorsque j'étais fatigué de lire
    et que mes yeux n'accommodaient plus
    le blanc du livre faisait
    comme les interstices du carrelage :
    des chemins

    log
    log sera mieux et plus complet que ce 'blog
    log aura tout
    kilogrammes
    ticket d'autoroute
    de caisse
    gps
    pluviométrie
    bilan sanguin
    liste de lecture
    de mariage
    irm
    autocritique
    mot valise
    trousseau de mots
    de passe à l'hôtel
    rythme cardiaque
    log aura tout
    loglogloglouglou

  • "Jarry et le monde celtique"

    samedi dernier en ce début des froidures
    pour fêter les 100 ans de la mort d'Alfred Jarry (le 01/11/1907 à 16h15)
    christian prigent,
    henri béhar,
    patrick besnier,
    jean-luc steinmetz
    et venda benes
    appréhendent une réunion d'écrivains de gros bourg pour génies ruraux
    en le petit théatre de saint-brieuc
    pistes

    squelette extérieur

    breton
    charles filiger
    vitraux
    pré-raphaëlien
    pureté
    le petit théatre de saint-brieuc a été construit lorsque jarry avait onze ans (en 1884 - opérettes à l'époque)
    jarry passera des années en bretagne et, de sa sixième à quinzième années résidera à saint-brieuc
    les carrières de trémuson
    les saints assis de la cathédrale de saint-broque
    la scatologie (potachique)
    ontologie et "honte au génie", titre de la chemise contenant ses écrits de prime jeunesse

  • Du dessert

    quel est ce temps où d'un dessert je fis poème ?
    d'une fille    le sonnet    de ma femme idem même
    or rien ne vient maintenant que mélancolie
    insipide et déjà bue        telle âme à la lie

    la brasserie qui abrita mon beau dessert
    a été refaite à l'intérieur mais que sert
    d'y penser tant     je donne dix sacs au chasseur
    je bois aux gustave et ne suis plus grand      seigneur

  • ______________________________TELEHONTE

    ces temps-ci les artistes du poste de télévision ont à se mobiliser pour deux causes

    les sans-logis
    les femmes battues

    il semble qu'il y ait incompatibilité des causes après analyse du téléviseur, mais pourquoi donc ? car il y a de bonnes nobles-causes et de bonnes-causes suspectes, ainsi la maladie génétique est noble, mais la maladie du sida est suspecte, la femme battue est noble et la sans-logis est suspecte.

    programme futuriste du TELETHON 2107 organisé par le ministère de l'innéthique (feu ministère de l'adnéthique) :
    isolement du gène de la violence faite aux femmes
    cryogénisation du gène de l'infanticide
    salle blanche du gène de l'infidélité
    isolation du gène de la pédophilie
    camisole du gène de la racaille
    découverte de la gêne des sans-logis
    (direct à FORT-BOERINGHER)

  • Courbette de saison

    PEIGNAIT LES LAIDES MAIS FOUTAITphotographiait LES BELLES en audio-guide
    si j'allais y voir
    à noël sa peinture
    et que j'attendais
    des heures au grand palais
    sans ticket coupe-queue
    disons que ces gerçures
    me rappelleraient les angelures
    chopées par le peintre des givres
    les mêmes givres chantés par Théophile Gautier
    PEIGNAIT LES LAIDES MAIS FOUTAITphotographiait LES BELLES avec le soutien-gorge
    bonjour monsieur monsieur
    que faisait là cette diligence
    les chiens diminués
    les cervidés disproportionnés
    les pieds hors-sol
    et ce mot cynégétique
    incongru en diable
    non je n'aimais pas
    à quoi bon figer les givres
    PEIGNAIT LES LAIDES MAIS FOUTAITphotographiait LES BELLES autocritiques d'art
    le nombril de la femme
    au perroquet s'écaille
    concentriquement sa
    peinture vit encore
    c'est mieux ici
    il est bon à faire du cheveux de chevelure
    digne de gorgone
    mais surtout IL EST FORT EN POIL
    PEIGNAIT LES LAIDES MAIS FOUTAITphotographiait LES BELLES de souvenirs en plastique
    le procédé qu'il attribue dans un seul de ses autoportraits
    à ses yeux consiste en reflets à la façon des obsidiennes
    et signe l'inventeur du réalisme ébouriffé désespérant de vanités
    PEIGNAIT LES LAIDES MAIS FOUTAITphotographiait LES BELLES cartes de presse
    ai-je pensé

  • Trajet défense->blanche avec intermèdes dans le météorepolyton et paierie parisienne

    sur l'esplanade des paysans en dimanche
    la défense affiche d'éléphantesques anches
    je prends l'escalator avaleur de mes cannes
    offensé-je élégant qui à blanche cancane ?

    Oui il est 17h20 je suis très pressé
    et je signale que si le musée de la vie romantique
    ferme ses portes à 18h comme tout musée sa billeterie ferme plus tôt, en l'occurence 17h30.
    sachez ensuite qu'il est bien accepté de payer par carte bancaire
    mais pas en-deçà de 15€ (entrée 7€ pour Henner seul).
    il y a un DAB en sortant attesté par le cafetier qui fait l'angle à la sortie.
    courir tout droit en passant la grille pour prendre la rue d'en face
    attention à la marche et à la traversée, courir jusqu'à prendre la prochaine rue à droite
    puis au fond de celle-ci, à gauche le DAB. revenir en courant, reprendre son souffle,
    éviter de parler à l'ouvreuse qui ferme comme à la supérette
    mais qui n'a pas daigné indiquer le distributeur tout à l'heure, voilà.
    méchante va...

  • Nous parlerons du pays et des sentiments

    Soir, mardi 23

    A la fin d'octobre 2007 je me trouve dans l'exact milieu du segment dessiné par Gustave Courbet et Jean-Jacques Henner que je ne connais pas encore - ou si peu - mais que m'en restera-t-il? J'ai déjà fait mes emplettes de souvenir aux lafayettes. La vendeuse qui m'y conseilla un sautoir pour ma femme a été dans le collège où mon père enseignait les mathématiques. Surprise des dénombrements? des géométries? Je suis las depuis longtemps des histoires de professeurs mais poursuivi. Ainsi aurai-je dû couper l'autoradio hier avant d'écouter cet écrivain qui détaillait par le menu la psychologie du cancre. Je me rassure aujourd'hui avec ce cher Louis qui considérait le bénéfice de l'institution scolaire comme une trahison; la trahison sociale de son milieu. Je crois sans savoir me l'expliquer : trahison tout court. Plus loin encore que comprendre ne pas comprendre, plus forte que la perception chère à Spinoza, je revendique ma stupidité et ne cache plus l'air qu'elle me donne devant la beauté ou devant n'importe quel questionneur.

  • Toute ressemblance

    Entre les voitures du parking d'un supermarché
     je vois un homme vaquer à lui-même.

    Je suis persuadé de reconnaître ce professeur d'université
    en statistiques, accessoirement en langage Fortran.
    Voilà deux fois que je l'observe à deux mois de distance, et
    chaque fois il ne manque pas de laisser paraître qu'il compte les véhicules.
    Sa vacance le rend inexistant et bientôt invisible.
    Il va promptement de portière en portière,
    ménage une pause erratique et réitère.
    Je me dis que ce pauvre homme perd
    régulièrement ici une demi-heure
    pour retrouver sa voiture.
    C'est le temps qu'il lui faut
    pour ôter son manteau dans une auto
    et retourner vaquer à ses occupations.
    Entre les voitures du parking d'un supermarché
     je vois un homme vaquer à lui-même.
    A bien regarder et rectification faite; ça serait plutôt un voleur. STOP
          END PROGRAM

  • Expurgation, collage

    "
    En soupant lentement sous une treille brune
    Dont les beaux muscats blancs luisaient au clair de lune,
    Tandis que pour moi seul, dans la nuit, un oiseau
    Chantait vers le tilleul, je pensais à Rousseau...
    "
    Léo Larguier (Rêverie, extrait)

    "
    Je voyais palpiter sa jeune gorge blanche
    Une cerise fraîche entre ses seins glissa
    Quels cris ! Elle la prit, elle me la lança
    Et dans le noir feuillage à l'ombre bleu et verte
    Radieux, je mangeai cette cerise offerte
    Dure, glissante, et lisse ainsi qu'un beau rubis
    Ah ! cerise de juin, doux petit fruits exquis !
    Du bouton carminé, tiède, odorant encore
    Des tiédeurs, des parfums de sa gorge
    "
    Léo Larguier (d'après "l'idylle des Cerises" dans les Confessions)

    "
    Léo Larguier soldat mystique ô brancardier
    Les vers du caporal plaisent au brigadier
    Ce secteur 114 est-ce Arras ou peut-être
    La ferme Choléra sinon le bois Le Prêtre
    Ici la fraise est rouge et les lilas sont morts
    La couleuvre se love en la paille où je dors
    Quand s'éveille la nuit la Champagne tonnante
    La nuit quand les convois traînent leur rumeur lente
    À travers la Champagne où tonnent nos canons
    Et les flacons ambrés
    Et si nous revenons
    Dieu Que de souvenirs
    Je suis gai pas malade
    Et comme fut Ronsard le chef d'une brigade
    Agent de liaison je suis bien aguerri
    J'ai l'air mâle et fier j'ai même un peu maigri
    Des braves fantassins je connais les tranchées
    Où les Gloires de pourpre aux créneaux attachées
    Attendent que nos bleus les violent enfin
    Au nez de Rosalie épouse du biffin

    Êtes-vous en Argonne ou dans le Labyrinthe
    Moi je ne suis pas loin de Reims la ville sainte
    Je vis dans un marais au fond d'un bois touffu
    Ma hutte est en roseaux et ma table est un fût
    Que j'ai trouvé naguère au bord du Bras de Vesle
    Le rossignol garrule et l'Amour renouvelle
    Cependant que l'obus rapace en miaulant
    Abat le sapin noir ou le bouleau si blanc
    Mais quand reverrons-nous une femme une chambre
    Quand nous reverrons-nous Mais sera-ce en septembre
    Adieu Léo Larguier ça barde en ce moment
    105 et 305 le beau bombardement
    Je songe au mois de mars à vous à la tour Magne
    Où est mon chocolat Les rats ont tout croqué
    Et j'ajoute mon cher style communiqué
    Duel d'artillerie à minuit en Champagne
    "
    Guillaume Apollinaire
    (lettre d'Apollinaire à Larguier, soldats sur le front)

  • Boule de n'ai-je

    Ai-je jamais aimé la vie les lendemains de l'avoir dit
    hein ?

    Dans mon processus personnel de création (je me pince) je connais deux jaillissements. Le linéaire expansif (aucun vers ne sera changé chronologiquement, c'est un plaisir extraordinaire, facile et rapide) et le complexe interverti (j'intervertis beaucoup les vers et leurs mots... c'est long, très fastidieux mais amusant) celui-là est de la première espèce mais cela n'arrive que très rarement. Dans tous les cas, j'arrive à me surprendre.

  • "bohemia after dark"

                                            ô
        
                                  B  O  H  E  M

                                            A

                                            G

                                            I

                                            R

                                            A 

    je t'ai vu brûler dans le chant de tes désirs
    mon amour tu n'attends plus sur les bords du vide
    notre couche n'est plus celle de l'apatride
    le lit et le foyer sont fondés qui respirent

    ici nous pouvons nous asseoir et boire enfin
    de cette eau que nous aimons autant que nos yeux
    nous partageons l'ombre ou l'horizon sous nos cieux
    comme jadis le quignon d'un pain noir la faim

    voilà chère combien je sais t'écrire encore
    et pour être pardonné crois bien que je t'aime
    toi qui m'ouvres matin les volets de bohème

    nous avons si peu fait de chemin tous les deux
    qu'un beau jour nous fondions une nouvelle vie
    irons-nous dans la vallée sainte en cette vie
                                            ?

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  • Five little known things about Miles.

    J'ai fait de la boxe tout comme Red Garland.

    J'ai fait des courses de bagnoles avec Philly Joe Jones sur la 52ème.

    J'ai calqué mon style sur le débit de Frank Sinatra, cet espèce de retard là, vous voyez.

    J'ai vexé Art Taylor en plein set en lui disant de ne pas chercher à faire comme Philly, il s'est tiré en plein morceau.

    Enfin, je vous rappelle que Bill Evans n'a jamais été foutu de swinguer aussi vite que Red.

  • Postmoderne

    J'ai découvert au sous-sol dans un cageau cageot un dossier spécial que je qualifierais d'incunable vu sa datation et sa portée. C'est un numéro que j'ai acheté en 1991 à 30 francs pièce, j'avais alors 18 ans. Il s'agissait des "40ans de 45 tours de France (1951-91)" avec un classement du premier au centième disque, et les impressions de vingt-quatre personnalités de l'époque sur cette chanson française. Parmi eux tout de même quatre personnages politiques dont Bernard Kouchner et Ségolène Royal. Mais je vous laisse le meilleur :

    Patrick Baudry (Spationaute) : "Les copains d'abord de Brassens, ça exprime bien ma jeunesse, cette époque de la vie où l'on se retrouve entre amis. Il y a une autre chanson que j'ai toujours présente à l'esprit : Ne m'appelez plus jamais France de Sardou. Ce qui est exprimé dans cette chanson, c'est significatif d'un véritable mal français : le France, c'était un très beau bateau, une grande réussite de prestige. Certains ont dit <<ça coûte cher>>. On l'a abandonné pour le vendre à n'importe qui. Quelques années après, on a regretté en disant <<ils>> ont eu tort. Alors, quand je travaille sur Hermès, le projet d'avion spatial européen, j'entends parfois - avec quelque inquiétude - la chanson de Sardou."
    "le projet Hermès fut abandonné en 1992 lors du sommet ministériel de l'ESA de Grenade pour des raisons principalement techniques, économiques et financières." Wikipédia.

    Bernard Kouchner (à l'époque Secrétaire d'Etat à l'Action hummanitaire) : "Trop de chansons m'ont marqué pour que je puisse en dresser une liste exhaustive. Je vous en donnerai trois ou quatre, injustement choisies : Les feuilles mortes, Comme un p'tit coquelicot, A Saint-Germain des Prés, L'étrangère... Ces chansons me rappellent un voyage en voiture dans la Pologne en état de guerre..."

    Ségolène Royal (Député des Deux-Sèvres) :  "Ma grand-mère chantonnant Le temps des cerises, c'est un souvenir encore vivace. Une impression de bonheur, de plénitude... Et petite fille, en pension, nous chantions souvent Les roses blanches. Nous pleurions comme des madeleines à chaque fois."

    C'est aujourd'hui dimanche ...

  • Le garçon de café au temps des trente-cinq heures

    Dans une brasserie de Cesson-Sévigné, comme dans bien des cafés aujourd'hui il y a des chances pour qu'à la fin du repas un garçon de café s'enquiert de votre persistante présence en vous demandant si vous désirez autre chose, auquel cas vous saisirez l'occasion de demander l'addition. Il se peut même que ce soit le commis de cuisine appelé à la rescousse, charlotte sur la tête qui s'en inquiète. Il ne joue plus maintenant le garçon et c'est au client de se lever pour aller payer.

    Dans les boulangeries, c'est pire encore les prix flambent sous des prétextes fallacieux de coût de matière première, la vitrine n'est plus tenue, les employés brimés ne sont plus aimables et les tenanciers partent en vacances deux fois l'an, ils ne s'accordent même plus entre boulangers de quartier pour rester ouvert...

  • Voyage automobile

    comme en courbe j'ai viré à pleine vitesse
    près d'éoliennes d'une voie express
    la route nationale 12 en direction de Paris
    fait un travelling permanent à sa sortie
    éolienne, Dinan-Saint-Malo, nouveau monde et vague
    au retour je suis au pas et bien tard

    de la chaussée vers le trottoir
    des fesses passantes roulaient
    montées sur le monde.

  • 127.0.0.1

    coeur tendre
    comme noix
    de saint-jacques
    orange et blanche
    coeur dur
    noix
    de coco
    noire et laiteuse

  • les monologues d'Uranus

    Episode 

    U - J'adore courrir jusqu'à la mer. Elle est très fraîche ici et la baie est un vrai champ de course. Je dors chez Paul en ce moment, pour la foire. Remonter du bain est une drôle de paire de manche mais je le fais toujours en courant, je me sens alors si forte, les enfants ne me jettent plus de cailloux. Cela me fait tant plaisir. Nous nous sommes avancés dangereusement dans la baie sur les conseils de Paul qui dit connaître tous les méandres mouvants, les courants ou les vases mais lorsque la mer remonte à la vitesse d'un pêcheur à pied je vois bien qu'il hésite et compte sur moi. il me monte. Vous verriez un peu l'étendue des platitudes. De là-haut il prétexte pouvoir nous guider, par ici et par là et plus vite et encore... Parfois je préfère de loin aller seule, être seule à marée basse au pied de l'eau est sans comparaison avec toute la vastité de tous les champs de la terre. Je dois bien dire que je m'y sens belle et jeune à nouveau, je galope ou trotte le long de la ligne d'eau, du Roselier à Jospinet. Et je rentre trempée au crépuscule, Paul dit adorer les marques de sel sur ma croupe. Il ne demande pas ce que j'ai fait dans la journée, non, il me prépare des "merlans d'automne" avec des champignons et du citron. Il dit qu'il a loué cette maison parce que le vestibule est grand et que j'y passerai certainement. J'y passe. Sa femme est gentille mais je sens bien qu'elle est un peu jalouse, les femmes n'ont pas leur pareil pour déceler les passions d'une chevale. Je dors en bas, à côté des bicyclettes et des tambours cela ne me plaît guère mais il dort avec moi, dans la paille qu'il fait venir tous les jours tandis que je cours, et nous buvons son armagnac de temps à autre - pour savourer les odeurs m'a-t-il dit. Cette fichue liqueur me procure des rêves hilarants à en hennir. Ainsi je me réveille pliée de rire. Je ne comprends pas, Paul me délaisse largement pourtant. C'est sans doute l'air marin et son iode que je prends à trop forte dose, en tous cas ça me donne la forme. L'autre matin en me promenant par un détour près du cimetière j'ai aperçu un cheval rustique sur la verte colline, plutôt moche mais très matraqué. Et comme je riais encore d'avoir rit et que j'allais lentement je lui ai fait beaucoup d'effet. Oui je fais comme les lycèennes d'ici qui marchent lestement en écoutant leur mp3, je ne me soucie pas. Je dirai d'ailleurs à Paul de m'acheter un de ses petits lecteurs de musique pour voir, moi qui suis si peu mélomane depuis les musiques militaires. Lorsque je descends à la mer je passe sur le pont par-dessus le double-pont de la nationale qui passe déjà à soixante-dix mètres de hauteur dessus les vallées... Et me voilà sur ce petit pont surréaliste de la rue de Rohannec'h, moi la chevale qui attire l'attention de tous les automobilistes, il y a bien longtemps que je n'attire plus les chevaux, à part ce rustique à la manque dans son enclos. Je sais je me déprécie. Je ne vous parle même pas de la tête du boucher quand il me voit avec Paul... Oh et puis après tout, je crois qu'un de ces matins j'irai me frotter la croupe à la clôture.

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    - Mais qu'est-ce que vous fichez Uranus ?
    U - Hein ? quoi ! ai-je parlé maintenant ?
    - Oui, des mots.
    U - Comment ça ? dites ce que vous avez entendu.
    - Vous parlez de boucher et de clôture mais c'est très confus.
    U - Bah.
    - N'êtes-vous pas déprimée en ce moment Uranus ?
    U - Laissez-moi dormir. Je rêvais bien.
    - Demain je vous emmènerai visiter le cimetière, le théatre à l'italienne et la maison de Louis Guilloux.
    U - Vous ne regarderez pas la télévision ce soir ? il y a un téléfilm sur Max.

  • Eugénisme

    Samedi 8 septembre 2007 fin d'après-midi, à saint-brieuc.

    Sur la place du théatre entre la colonne morris et une cabine téléphonique, une bossue sans âge fait les poubelles. Vient alors un homme âgé à l'allure moderne et qui descend du trottoir, s'écarte largement de la bossue pour signifier aux gens comme moi qui assisteraient à la scène son évitement, puis remonte et reprend son chemin. La colonne morris est un cadeau récent à la ville d'un marché d'équipement - celle-là fait chic dans mon texte - la cabine téléphonique est utilisée par une jeune fille et la bossue n'en est pas moins engoncée dans son pull misérable.