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drums abstract - Page 6

  • Voyage automobile

    comme en courbe j'ai viré à pleine vitesse
    près d'éoliennes d'une voie express
    la route nationale 12 en direction de Paris
    fait un travelling permanent à sa sortie
    éolienne, Dinan-Saint-Malo, nouveau monde et vague
    au retour je suis au pas et bien tard

    de la chaussée vers le trottoir
    des fesses passantes roulaient
    montées sur le monde.

  • 127.0.0.1

    coeur tendre
    comme noix
    de saint-jacques
    orange et blanche
    coeur dur
    noix
    de coco
    noire et laiteuse

  • les monologues d'Uranus

    Episode 

    U - J'adore courrir jusqu'à la mer. Elle est très fraîche ici et la baie est un vrai champ de course. Je dors chez Paul en ce moment, pour la foire. Remonter du bain est une drôle de paire de manche mais je le fais toujours en courant, je me sens alors si forte, les enfants ne me jettent plus de cailloux. Cela me fait tant plaisir. Nous nous sommes avancés dangereusement dans la baie sur les conseils de Paul qui dit connaître tous les méandres mouvants, les courants ou les vases mais lorsque la mer remonte à la vitesse d'un pêcheur à pied je vois bien qu'il hésite et compte sur moi. il me monte. Vous verriez un peu l'étendue des platitudes. De là-haut il prétexte pouvoir nous guider, par ici et par là et plus vite et encore... Parfois je préfère de loin aller seule, être seule à marée basse au pied de l'eau est sans comparaison avec toute la vastité de tous les champs de la terre. Je dois bien dire que je m'y sens belle et jeune à nouveau, je galope ou trotte le long de la ligne d'eau, du Roselier à Jospinet. Et je rentre trempée au crépuscule, Paul dit adorer les marques de sel sur ma croupe. Il ne demande pas ce que j'ai fait dans la journée, non, il me prépare des "merlans d'automne" avec des champignons et du citron. Il dit qu'il a loué cette maison parce que le vestibule est grand et que j'y passerai certainement. J'y passe. Sa femme est gentille mais je sens bien qu'elle est un peu jalouse, les femmes n'ont pas leur pareil pour déceler les passions d'une chevale. Je dors en bas, à côté des bicyclettes et des tambours cela ne me plaît guère mais il dort avec moi, dans la paille qu'il fait venir tous les jours tandis que je cours, et nous buvons son armagnac de temps à autre - pour savourer les odeurs m'a-t-il dit. Cette fichue liqueur me procure des rêves hilarants à en hennir. Ainsi je me réveille pliée de rire. Je ne comprends pas, Paul me délaisse largement pourtant. C'est sans doute l'air marin et son iode que je prends à trop forte dose, en tous cas ça me donne la forme. L'autre matin en me promenant par un détour près du cimetière j'ai aperçu un cheval rustique sur la verte colline, plutôt moche mais très matraqué. Et comme je riais encore d'avoir rit et que j'allais lentement je lui ai fait beaucoup d'effet. Oui je fais comme les lycèennes d'ici qui marchent lestement en écoutant leur mp3, je ne me soucie pas. Je dirai d'ailleurs à Paul de m'acheter un de ses petits lecteurs de musique pour voir, moi qui suis si peu mélomane depuis les musiques militaires. Lorsque je descends à la mer je passe sur le pont par-dessus le double-pont de la nationale qui passe déjà à soixante-dix mètres de hauteur dessus les vallées... Et me voilà sur ce petit pont surréaliste de la rue de Rohannec'h, moi la chevale qui attire l'attention de tous les automobilistes, il y a bien longtemps que je n'attire plus les chevaux, à part ce rustique à la manque dans son enclos. Je sais je me déprécie. Je ne vous parle même pas de la tête du boucher quand il me voit avec Paul... Oh et puis après tout, je crois qu'un de ces matins j'irai me frotter la croupe à la clôture.

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    - Mais qu'est-ce que vous fichez Uranus ?
    U - Hein ? quoi ! ai-je parlé maintenant ?
    - Oui, des mots.
    U - Comment ça ? dites ce que vous avez entendu.
    - Vous parlez de boucher et de clôture mais c'est très confus.
    U - Bah.
    - N'êtes-vous pas déprimée en ce moment Uranus ?
    U - Laissez-moi dormir. Je rêvais bien.
    - Demain je vous emmènerai visiter le cimetière, le théatre à l'italienne et la maison de Louis Guilloux.
    U - Vous ne regarderez pas la télévision ce soir ? il y a un téléfilm sur Max.

  • Eugénisme

    Samedi 8 septembre 2007 fin d'après-midi, à saint-brieuc.

    Sur la place du théatre entre la colonne morris et une cabine téléphonique, une bossue sans âge fait les poubelles. Vient alors un homme âgé à l'allure moderne et qui descend du trottoir, s'écarte largement de la bossue pour signifier aux gens comme moi qui assisteraient à la scène son évitement, puis remonte et reprend son chemin. La colonne morris est un cadeau récent à la ville d'un marché d'équipement - celle-là fait chic dans mon texte - la cabine téléphonique est utilisée par une jeune fille et la bossue n'en est pas moins engoncée dans son pull misérable.

  • Graves orthofautes

    Le nouvel observateur propose dans le numéro de cette semaine deux orthographes :

     le très badin
       pipolisation

     ou l'acrobatique
       peoplisation

    Je me mets alors en quête du mot popularisation et tombe par hasard dans les racines indoeuropéennes d'un mot surprenant qui a produit :

     scrofule
     vulve
     cochonne
     souillure
     hyène
     écrou
     écrouelle 
     porcelaine


    Saint-Louis guérissait des écrouelles ! s'écrie souvent mon médecin. Depuis le temps que je souhaitais me pencher sur l'origine de ce mot voilà son compte régler, non sans surprise... à égalité d'ailleurs avec celle que procure le mot porcelaine. Oui, tout est dans l'huître.

  • Bouchot de chibre

    telle une trique en coquillage
    qui a double odeur dans ses rets
    sombre fruitier dans les varechs
    il blesse comme bite en sabre

    moule est rose rouge ou orange
    aux langues d'oignons avinés
    foutue à chaque marée blanche
    elle se barbe d'être pinée

    et s'en ouvre alors à son chibre :
    - ne nous fous pas toutes ! méchant
    fais-moi donc la feuille de rose
    ou le canard si tu veux mais
      lèche-nous !

    P.S. Ne plus sauter que les femmes
    qui aiment les huîtres,
    éconduire cruellement les autres.
    S'expliquer cette évocation de sexe
    faible en manière d'un tunnel
    de serre maraîchère aux odeurs
    puissantes, interminables.

  • La diagonale de Le Faou

    Le voyage de Saint-Brieuc à Quimper n'est pas tout à fait surréaliste, pourtant irrespectivement nous sommes allés d'Yves Tanguy à Alfred Jarry comme ça, en bouclant la boucle dans la journée.8f73f4080d7afe61d2b0e24ea4d9d8e0.jpg

     

    La fille aux cheveux rouges

    Yves Tanguy.

  • MAX

    En batterie moderne, deux conceptions s'affrontaient : le chorus (celle de Max) contre l'accompagnement (celle de Kenny).
    Ils ont très bien fait les deux.

    Au paradis
    - Salut Kenny
    - Salut Max, te voilà arrivé alors
    - Oui
    - Il faut que je te dise Max, je ne supporte pas les solos de batterie, ça m'ennuie à mourrir
    - Je sais bien Kenny
    - Oui, tous les solistes de batterie m'emmerdent, tous les solos que j'ai écouté m'emmerdaient, tous sauf...
    - Sauf ?
    - Tous, sauf ceux des Anciens et les tiens, Max.

  • Four hundred years and more

    6271add8265e38b3748f99f45a61e17e.jpgIl y a quatre siècles, le bourg de Marciac distillait et fermentait son Armagnac, entre cagnard et froidure depuis déjà quelques siècles. Dans les années folles, peu après les débuts du jazz et pendant la prohibition aux Etats-Unis, le Very Superior Old Pale acquérait ses lettres de noblesse dans le monde interlope des tripots américains. Marciac est aujourd'hui peut-être le deuxième festival de jazz au monde après celui de New-York en juin; où, si vous venez de l'étranger vous passerez par Paris, puis Bordeaux. Cette dernière ville a tiré son opulence du commerce triangulaire de l'esclavage. Les alambics ambulants d'Armagnac passent dans les environs de Bassoues ou Lupiac, rappelant l'origine arabe de l'alambic, rappelant les sarrasins par la légende de Saint-Fris de Bassoues, neveu de Charles Martel.

    Marciac, c'est aussi l'identité et la réparation nationale.

    Ecouter "V.S.O.P.: The Quintet" sonyLabel - 1977. (sorti l'année de la création du festival)
    Herbie Hancock on piano
    Ron Carter on bass
    Tony Williams on drums
    Freddie Hubbard on trumpet and flugelhorn
    Wayne Shorter on tenor and soprano saxophone

    a8ab614798d5c336b8fc50f461d83305.jpg5f8bec0e9355cb4457ed62a86cb1e1c4.jpg5f2733fde0dd857625f8ab93796912a0.jpgb51230580de7ca57508a9f85182ca355.jpg

  • Vapeurs, Syncopes Ont Participé (JIM VSOP)

    la part des anges noircit tout dans son passage
    même la tuile - ai-je dégusté

    sur la départementale
    s'ouvrent à répétition
    des horizons de bastides
    jusqu'au grand panneau replié des montagnes

    c'est à la source historique des eaux-de-vie
    que coule Gers - me suis-je saoulé

  • Bonnes vacances

    ____________________
    Esbjörn Svensson piano
    Dan Berglund contrebasse
    Magnus Oström batterie

    Al Di Meola guitare
    Jean-Luc Ponty violon
    Stanley Clarke basse
    ____________________
    Chick Corea piano
    Gary Burton vibraphone

    Wayne Shorter saxophone
    Danilo Perez piano
    John Patitucci contrebasse
    Brian Blade batterie
    Valérie Coleman flute
    Toyin Spellman-Diaz hautbois
    Mariam Adam clarinette
    Monica Ellis basson
    Jeff Scott cor
    ____________________
    Pat Metheny guitare
    Brad Mehldau piano
    Larry Grenadier contrebasse
    Jeff Ballard batterie
    ____________________
    Aisha Kahlil voix
    Shirley Childress Saxton voix
    Carol Maillard voix
    Louise Robinson voix
    Ysaye Maria Barnwell voix
    Nitanju Bolade Casel voix

    Wynton Marsalis trompette
    Walter Blandings saxophone
    Dan Nimmer piano
    Carlos Henriquez contrebasse
    Ali Jackson batterie
    Jared Grimes claquettes

  • Si j'étais peintre

    Episode 

    Femme au whisky
     elle boit avec classe.  

    Femme au savon
     elle sent fortement le savon.

    Femme à la pompe à essence
     elle inflige à sa voiture son propre sort.

    Femme à l'huître N°5 de Cancale
     elle gobe une huître.

    Uranus hottentote
     Uranus est la première chevale hottentote de l'espèce chevaline, et cela vaut bien une Vénus à Maubeuge.

  • Détritus

    49291e3b7039df02d77da511a2c8e1b5.jpgFrançois Hartog
    Régimes d'historicité - Présentisme et expériences du temps
    Seuil - 12 septembre 2003
    FrCult 060407 10-11h

    Ici détritus au Mont Liban, point culminant (par la route).

  • Les crottins d'Uranus (la fanfare de derrière)

    Episode 

    Cet homme à selle devant d'Alfred et Tristan
    Est heureuse comme chevale rirait jaune
    Demandant le grade d'empereur pétoman

    Celui qui avait la bite tant de travers
    Qu'il se mettait de côté devant les waters
    Ben rin ne lui plaisait que la caresse au fesse

                      ban   ban

    P.S. fait extraordinaire, aujourd'hui je me suis retrouvé enfermé dans ma banque à la fermeture, avec la banquière. Elle n'avait pas les clefs et la dernière guichetière s'est sauvée nous laissant seuls.

  • Uranus en parachute

    Episode

    Uranus et moi nous baignons nus
    comme à l'accoutumée
    depuis les berges de la Loire,
    nous sommes tout proche de son repaire de Montsoreau
    et nous évoquons les souvenirs communs.
    L'eau de la Loire
    fouette les sangs
    même en ce début d'été
    et je suis heureux de vivre
    de l'amour de ma chevale.
    Les beaux et grands yeux noirs
    d'Uranus me dévisagent à l'entour,
    sa vision est très étendue et,
    elle comme moi sommes ainsi,
    aujourd'hui
    à l'écoute de nous-mêmes.
    Aussi cette perception
    me bouleversa
    lors de cette belle soirée d'été
    au sillon de Talbert
    où je découvrais
    depuis son extrémité
    (soit deux ou trois kilomètres en mer)
    que je pouvais renifler un
    minuscule feu domestique
    à cette distance de la côte
    et mieux encore, l'apercevoir.
    Je décidais alors
    de me mettre en quête de la
    première chevale
    qui m'ait jamais parlé
    et que j'avais rencontré
    quelques années plus tôt
    lorsque je servais comme tambour.

     -o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-o-

    Uranus prend la parole
    u - C'est ici ma retraite
    depuis que j'ai tiré
    ma révérence voilà bien dix années.
    Ici, à Montsoreau je ne suis plus réveillée
    par les trains durant la nuit,
    ni par le pupitre des percussions aux aurores.

    - Et quelle révérence !
    quelle sortie ! je me rappelle,
    c'était pendant le carrousel
    en 1996 n'est ce pas ?

    u - Oui.

    - Les palefreniers dont j'étais
    dormions dans l'ancien mess
    les matins de carrousel.
    Nous y avions repéré un vieux canapé,
    on y dormait à cinq,
    l'un sur le dos de l'autre
    avant notre ordinaire.

    u - Votre pupitre n'était bon qu'à ça et c'est alors
    que je me suis rendue au port-aviation.

    - Il y avait tout de même dans ce pupitre
    un timbalier qui montait.

    u - Moi ?
    montée des nacaires ?
    mais vous plaisantez,
    j'avais un autre rang mon pauvre ami,
    j'étais la chevale du colonel
    je vous rappelle... Et fière.

    - Je voulais juste vous faire remarquer
    que l'unique type de percussionniste
    qui monte à cheval est le timbalier.

    u - Quel casse-burette celui-là.

    - A quelle heure avez-vous sauté ?

    u - J'ai sauté au moment où
    la cavalerie motorisée de motocyclettes
    commençait ses clowneries
    au beau milieu de l'enceinte du carrousel,
    c'était là ma cible d'atterrisage.

    - Lorsque votre parachute a été visible
    la rumeur a commencé à s'élever dans le public
    par dessus le bruit des moteurs,
    et plus encore, lorsque
    sous ce parachute nous distinguâmes une
    chevale.

    u - J'avais tellement répété ce moment
    et j'arrivais précisement
    à la fin de la prestation des motards.

    - Le colonel - que j'observais -
    vous a reconnu tout comme moi,
    il a été pris de panique. Il gueulait
    comme un veau des instructions délirantes, à propos de
    défense aérienne, de terroristes, de D.C.A...

    u - Ah oui ?

    - Lente était votre chute, et gracieuse.
    Les gens poussaient des "oh" d'admiration,
    les enfants sautaient de joie :
    "une chevale ! une chevale dans le ciel !"
    "une chevale ! une chevale dans le ciel !"

    u - pourtant lorsque je suis arrivée je me souviens d'un silence solennel.

    - Nous retenions notre souffle,
    dans la dernière courbe que vous décriviez
    et qui vous déposait sur le tapis rouge
    au pied du stand du colonel,
    nous attendîmes d'entendre votre message.

    u - J'avais un complice pour m'ôter le parachute.

    - Personne n'a osé l'en empêcher :
    vous, sûre de votre effet
    et nous
    tous qui étions stupéfaits...

    u - Ca n'était plus qu'une démission réglementaire.

    - Oh oui, mais quelle classe !
    ce sabre au clair d'abord
    que vous avez ensuite jeté à terre.

    u - Larme à l'oeil !
    J'aurais voulu le casser sur mon genou.

    - Vous avez alors crié
    "Par Saint-Georges,
    ne vive plus
    la cavalerie"

    u - "Par Saint-Georges,
    ne vive plus
    la cavalerie" !

    - Et vous êtes partie lentement,
    crinière défaite,
    croupe extraordinaire...

    u - Damassée par vos soins, cher,
    et du matin.

    - Voilà bien ce que je savais faire,
    damasser des croupes
    avec la grosse brosse à crin.

    u - Comment ça, des croupes ?

    - Hein... (Je rêve éveillé, Uranus hennit).

    u - Comment ça, des croupes ? Paul ?

    - Eh bien après votre départ on m'a confié un autre cheval.

    u - Un ou une ?

    - Une autre chevale, pour être exact.

    u - Et comment était-elle ?

    - C'était votre remplaçante.

    u - Une remplaçante pour le colon, c'est ça, hein ?

    - Euh, oui.

    u - Ah le goujat. une jeune je parie ?

    - Euh...

    u - Bon écoutez moi bien Paul, je peux comprendre les aventures et même toutes les aventures surtout
    avec des pouliches...

    - Ah bon ?

    u - Je lis dans vos yeux qu'elle a finit dans l'assiette du colonel.

    - Comment faites-vous ?

    u - L'intuition féminine, mon ami.

    - Vieille carne alors.

    u - Rien que de la semelle. Allez, passez-moi donc la brosse que je me délasse.

  • Manoel Pimenta (1542-V.1603)

                                                         Amitiés à Virginie Pouzet-Duzer.

    "

    LE CYCLE DU CHRIST
    LA PITOYABLE MORT DE LA DANSEUSE, FILLE D'HERODIADE


    I
    L'âpre hiver freine l'onde : on marche sur le fleuve,
    Route fallacieuse où la princesse avance;
    Mais le pont se dérobe et l'abîme tremble
    Une tête accrochée à l'arête coupante.
    L'eau dans sa course entraîne un corps décapité,
    Laissant le chef coupé sur la dalle de givre.
    A l'agile danseuse étoile des banquets
    Le fleuve pour linceul ouvre ses eaux agiles.

    II
    Sur la glace, au-dessus des ondes tournoyantes,
    La fille d'Hérodiade hasarde un pied agile :
    Mais la glace se brise et, sa tête tranchée
    Dessus l'arête vive, le corps dans l'eau dérive.
    La Terre s'est moquée de ce linceul liquide :
    Disant : " Poids si léger convient à l'eau fluide!"

    III
    Sous l'emprise du gel le fleuve est immobile;
    Dessous, à flots pressés, tourbillonent les eaux.
    La nymphe a mis ses pas sur la glace fragile
    Qui cède sous le poids de ce corps juvénile.
    Comme par une épée la tête est détachée
    Du corps, que l'onde entraîne et retourne et malmène.
    Du crime au châtiment quelle étrange harmonie,
    Où décollation et danse sont unies.

    IV
    Que fait donc Salomé sous le fleuve ? elle danse,
    O prodige! elle oscille au gré des eaux mouvantes.
    Le son d'une musique encor rythme ses gestes :
    Du sein des eaux s'élève une mélodié sourde.
    Après avoir dansé pour la cour et son père,
    Elle danse aujourd'hui pour les peuples des eaux.
    Et si la danse avait une place en enfer,
    Les mânes engourdis la verraient tournoyer.

    VIII
    La princesse, en foulant la surface gelée,
    Voit la glace se fendre et glisse dans l'eau noire
    Qui engloutit son corps en laissant sur la place
    Une tête coupée, que sa mère recueille :
    Adultère, reçois les restes de ta fille,
    Restes ensanglantés de ton propre supplice.
    Le flot impétueux châtie l'impur désir,
    L'adutltère est puni par le froid de la glace.
    Vos deux cœurs ont brûlé d'une flamme coupable
    Que l'âpre gel a seul pouvoir de purifier.

    "
    Trad. Pierre Laurens

  • Nostalgia

    lorsque je me suis bien levé
    je mets une cuillérée à café
    d'eau de fleur d'oranger
    dans mon café,

    je pense aussi à corriger
    toutes les aïsha de ce blog
    pour y mettre la lettre c

    on pourrait penser qu'une poésie
    peut arriver tous les jours
    alors qu'elle n'est jamais
    qu'événementielle chez moi

    ainsi le soir même où j'allais
    voir le Salomé de Carlos Saura
    -l'autre cinéma est maintenant une ruine vide
    qui s'appelait le griffon blason de cette ville-
    j'écrivais

  • mon grand-œuvre

    triptyque
    Spranger - Hopper - Bacon
    (cru si fiction et de gauche à droite)
    1er panneau
    C. est cloué au sol
    par trois fillettes
    arrière-plan de ponts et buildings

    2ème panneau
    le 1er dans la chronologie
    vue de haut
    la cicatrice ventrale de C.
    est centrale
    chevelure des fillettes sur la poitrine de C.
    elles sont postées de part et d'autre de C.
    la chevelure de la dernière
    masquera le bas-ventre
    herbes grasses et décharge à ciel ouvert

    3ème panneau
    la croix est levée et vue de dos
    les cuisses de la première sont assises sur
    la transversale (couronne d'épines sur contre son ventre)
    on la voit de face
    on verra le visage éploré de chacune
    la dernière se tient au sol
    et vient de faire la courte échelle
    à celle qui se maintient
    par les mains et qui enserre
    les cuisses de C. dans les siennes
    vue sur mer

  • Qui ne tue pas ?

    mon coeur ou mon amour
    tes yeux sont déjà doux
    qu'ici point ton sourire
    tout est sorti

    les primevères les lilas
    les baisers
    sont morts dans ce printemps
    seuls lierres et plantes grasses
    envahissent le
    jardinet d'un
    papa ridicule
    et saisonnier

    oiseau est le mot                         ois
    que je te répète souvent               eau

    je n'arroserai pas
    je taillerai peut-être
    foin de tout

    comment veux-tu écrire un poème ?

    compte douze à la mesure
    et sur cette pulsation
    compte trois fois jusque quatre
    puis quatre fois à trois
    cinq sept et cætera

    enfin parle
    ta bouche alors
    regorge de pétales

  • Traduit du latin par Pierre Laurens

    Kaspar von Barth
    "
    L'alpha et l'oméga

    Jeux taquins,
    Et mots câlins,
    Baisers gourmands,
    Rires mutins,
    Larmes pour rires,
    Lettre grondeuse,
    Mine enjôleuse,
    Clin d'œil malicieux,
    Soupir fallacieux,
    Ire fulminante,
    Prunelle flamboyante,
    Bouche tonitruante,
    Puis, la jambe lascive,
    Et la main expressive,
    Ou pour danser
    Ou s'enlacer
    Aux ébats printaniers.
    Que je te lèvremordille,
    Et te seincajole,
    Et te cœurchavire,
    Et te soufflemêle,
    Te lèvregrignotte,
    A en perdre le souffle :
    De l'amour voilà l'Alpha et l'Oméga.
    "

  • pas titre

    entrée
    griefs
    pas fier
    vu maman
    pas convaincant
    envahissement des grands-mères
    électorat vieillissant
    M. n'est pas ta fille
    nie avoir pleuré
    ne va pas très fort
    entre papa et moi
    tondeuse bruine
    vacances de retraités en septembre
    belle-fille
    les depuis le temps
    passés en pensées
    nounours en peinture
    présents obligeants
    obligatoires
    appelle le samedi soir
    comme elle est belle
    cordon coupé
    tu étais belle
    aussi mais toujours
    qui ne l'entendrait pas
    de cette oreille?

  • Lectrice, lecteur (il y en a)

    Je ne sais jamais quand je vais écrire. Je vais développer un diaporama de ce blog depuis son origine et avec ses variations erratiques, ainsi vous pourrez visionner le déploiement de mon blog depuis ses débuts (soit novembre 2005) pause et vitesse à votre convenance bien sûr, séquencement paramétrable, ordre chronologique inversé ou non... La version sera d'abord gratuite puis deviendra subitement payante après vos vacances.