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littérature

  • Roberts

    De l'école, M. est revenue un jour avec sur ses lèvres ce joli vers qu'elle chantait à peine modifié : " À Nevers sur mon cheval vert ". C'était les premiers mois de cet hiver, ses trois ans. Cela m'a beaucoup plu et j'avais bien remarqué sa vieillissante institutrice sous les fenêtres de la maison où l'auteur de ce vers avait séjourné pour visiter son ami. Le flux continue. Avec les enfants de maternelle elle a fait un récit qu'on découvre dans le cahier d'école ce vendredi, très pataphysique et amusant : " le lavabobineur ". En dedans il y a une petite prouesse cachée dûe au rapprochement du robinet et de la bobine : par Robin (extrémité du tuyau des fontaines ornée de tête de mouton, forme familière du prénom Robert, dans la littérature médiévale Robin était souvent employé par dénigrement pour un paysan sot et prétentieux, il donnera robinet) et Robert (anglo-saxon Bob, donnant bobine).

  • Causer

    Pradoc m'a accepté comme ami avec mon vrai nom et mon vrai prénom dans le FB; vous vous en doutiez, j'ai brisé un charme. J'ai des insomnies je berce ma dernière en marchant nuque à nuque dans l'obsucrité et j'ai le temps de penser à des tas de choses, au roman qu'est mort et que je foule, aux chaussettes seules qu'il faudrait ranger, à la peinture de sa chambre, à la petite rousse qui partageait dimanche soir sa couleur de chevelure avec les carrières de grès roses creusées dans les flancs du cap, et faisait de la balançoire avec la grande et la poésie à en tirer si près de Tu-Es-Roc mais que je ne ferai pas parce que c'est trop tard et que j'y ai trop pensé et que c'est éculé, creu et vide. Otite encore. Bonne nuit.

  • Quand elles partiront

    Le soir précédant l'éparse éclosion
    De fleurs aux branches des gros cerisiers
    À leur pied sises tenues leur donnant baisers
    Deux fillettes dansaient sur le gazon

    Dix fois pour toucher la ramure pourpre
    Elles jetèrent leur poupée en l'air
    Elles étaient sœurs et deux brunes toutes
    Une fit tomber son poupon par terre

    Icelle y décocha un coup de pied
    Quand la plus grande déjà s'en allait
    Sans jamais revenir et signalait
    L'annuelle vue des rosés houppiers

  • "Contentement durable"

    J'ai passé mon heure au cabinet à lire Mellin de Saint-Gelais et Eustorg de Beaulieu quand m'amie m'en sortit, elle pestait après mon incroyable durée mais louait la lunette chaude.

  • Une folie

    Dans l'après-midi du dernier mardi je suis sorti promener un peu M. hors de la maison où j'ai passé mon enfance, pour voir les chevaux. Très vite nous avons distingué un homme qui se dirigeait vers le carrefour où nous nous rendions, à même distance et même pas : le raseur du hameau. Impossible de faire demi-tour ainsi à découvert, résignés nous descendons vers lui qui pousse une brouette; il est en bleu de travail. C'est un ancien cadre dirigeant des pinceaux Raphaël, viré par le fils de son patron à la fin des années 80. Il est très satisfait de me saluer pour me dire aussi que mon père lui semble fuyant depuis quelques mois, abasourdi par cette verve, je regarde d'un air interrogateur le contenu de sa brouette souillée de boue noire. Il nous enseigne alors qu'il récupère fièrement le limon de l'ancien lavoir dudit carrefour pour en faire un fertilisant, contestant au passage mon terme choisi d'engrais. Ma fille le boude sans mal, il me dit qu'en général les enfants le fête toujours. Raseur vous dis-je, il nous conduit au bord de la fontaine et commence sa manoeuvre, en le voyant faire, je pense aux deux incendies survenus à une dizaine d'années d'intervalle dans les hangars de stockage Raphaël, depuis 1997, et me demande s'il a jamais été inquiété, je souris intérieurement de ma méchanceté vengeresse. M. fait de grands yeux. Puis nous le laissons là, à sa boue. M. maintient ce que son grand-père lui a dit, les chevaux ne sont pas là. Je lui dis que parfois ils sont tout au bout du chemin et qu'il faut y aller. Mais de ma hauteur je les vois déjà sans les lui signaler. Ils sont deux, très moches et l'un d'entre eux porte une couverture ce qui ne laisse pas de faire causer M. Il la porte pour dormir, car les chevaux dorment debout grâce à un système savant de loquet dans les os de genoux, dis-je. Nous nous en retournons à regrets pour ce qui concerne ma petite aux grands aux-revoirs cynégétiques. Elle réclame alors que je la porte, elle a trois ans et la porter jusqu'au retour me semble difficile. De passsage à la fontaine nous ne verrons plus le vidangeur bien heureusement, et sur la route M. acceptera de marcher. En remontant nous apercevons un autre voisin à la porte de son garage qui tutoie son zimmer, c'est le père de celle qui était alcoolique et dont le mari a fait fortune dans les masques (HunNun), à qui il avait donné le terrain jouxtant le sien il y a bien longtemps. Ma mère s'en veut encore de ne pas avoir deviné cet alcoolisme "de luxe", elle qui est si sagace a mener l'enquête parfois. Nous rentrons à la maison et je jette un dernier regard dans la côte où j'avais vu enfant, le clochard qui habitait la petite maison sise auprès de celle de mes parents, partir au bourg revêtu d'une robe appartenant à maman, après avoir fait nos poubelles. Il est mort lamentablement saoûl au bord d'une route, celui qui avait trouvé son frère pendu dans le grenier.

  • Bluette de grand-mère(écœurement(lazzi))

    Ce que dit laconiquement le tenancier tandis qu'elle nous sert de son vin d'étagère c'est qu'il faut la chanteuse bientôt remercier : contrôle sanitaire et dressement judiciaire, la crise financière a raison des desserts. Mais elle ne voit pas que d'elle on en sait long, sa venue au palais en femme du patron par cet incongru glaive emmanché sur grand-mère - contrebassiste et cadet de ses musiciens qui ramassera la clé sous la porte close. Sera-ce fini de concert et cette glose... Hélène voudrait faire l'école hôtelière cependant que l'on s'invite à Saint-Valentin, promis la der des der nous serons ses quinquins.

  • Petite fleur

    Je ne t'ai pas chantée encor, tu ne m'es pas étrangère autant que la première Vénus

    et tu es reconnaissante alors dans mes pas quand jamais je n'ai vu cet amour en nos us.

     

  • fune et railles

    sous le vent s'est fendu en deux mon lila blanc :
    l'un seul à plat l'autre debout chez les voisins

    lil3.jpg

     

     

     

     

    celui-ci est un branchage à fagoter tant
    il est si faible scion que je couperai   fin

  • K

    un anachronique frelon vibrionnait
    dans l'atelier alors que déjà mes oreilles
    sifflaient, mince automne ou la feinte indifférence
    j'observais l'abdomen dessiné de bombances

    on lisait la scélératesse jaune et noire
    si attirante et belle d'aspect aux enfants
    qui ne savent rien du venin ni de ce dard
    où je ne vis que brunes ou blondes un temps

    soit cet intersigne mais ainsi était-elle
    des méchants ayant compris ce que les gentils
    ne comprendront jamais elle en faisait un miel !

    depuis plusieurs jours j'apercevais au carreau
    ce désespérant insecte emprisonné là
    de son fait et arrivé d'on ne sait que trop

  • niaiserie sur l'amitié et la trentaine finissante

    à la trentaine ennemie

    m'aperçois que mes amis

    n'en sont plus et j'ai vielli

    dis jamais n'avoir failli

    et vois quand d'autres échoient

    leur embarras point de joie

  • Petrouchka (jeudi soir 26/11)

    ges_Lacombe-1868-1946-Marine_bleueBeaux-Arts_de_Rennes.jpgDans le tournant du premier balcon ma voisine de droite m'a avoué ne pas avoir payé sa place. Mon autre voisine au chic assumé connaissait le programme sur le bout de ses doigts qu'elle ne manquait pas de faire claquer promptement à la fin des pièces musicales, et c'est avec cette classe qu'à l'entracte elle a réquisitionné poliment le programme annuel posé sur mes genoux pour achever de l'utiliser en éventail nonchalamment retombé à sa place, lorsqu'elle regardait de l'autre côté son époux. Naturellement j'ai prévenu sa chute, naturellement elle loua ma prévenance en m'ignorant. Mais cela n'était rien en regard de l'autre voisine qui ne payait pas son entrée pour la bonne raison de sa qualité d'émissaire du ministère de la culture venue pour; donner son avis, sic.

    A l'entracte, le virage était impraticable et nous sommes restés assis. Je l'écoutais me parler avec distraction tandis que je contemplais cette armoire à chevaux, étale sur la scène. "Armoire à chevaux renversée", ai-je pensé alors qu'elle me disait sa surprise de ne voir que des cheveux blancs dans le parterre de l'auditoire. J'avais choisi le meilleur endroit pour observer du balcon les mains d'un pianiste venu interpréter un répertoire russe très attirant à mon goût, même s'il remplaçait au débotté Mikhail Rudy initialement programmé. Le meilleur endroit enfin pour les meilleures voisines. L'émissaire me faisait part de ses critiques à l'égard de ce remplacement, trouvant à redire sur une interprétation de Rachmaninov sans partition, alors que ce remplaçant avait eu seulement deux jours pour préparer le répertoire à l'identique (sauf ce Rachmaninov au détriment des tableaux de Moussorgski). Admirons la coupole, imaginons sa restauration, les corps de métier attenants, ses boiseries et ses dorures.

    Je me serai tu sur ce "1884" en chiffres d'or tout là haut au fronton qui signait l'inauguration du théatre quand Jarry avait onze ans et qu'il assistait à ses premiers opéras comiques ici même, soufflant au foyer du surréalisme et le réanimant à jamais ! Ou ici encore l'annonce faite sur la scène de la naissance de Patrick Dewaere par ses grands frères après la guerre. Louis Guilloux toujours... Non rien de cela, je ne suis pas qualifié, nous discutons des pratiques amateurs dont je connais un peu le rayon, elle ne manque pas de préciser qu'elle a fait partie d'un jury de concours de piano pour amateurs et de me demander mon instrument. Quand revoilà Roustem Saitkoulov sur la scène jouant Prokofiev, son meilleur moment. Mais dès le début de Petrouchka si cher à mon coeur, je suis surpris et déçu par la rapidité extravagante d'exécution de cette oeuvre de Stravinsky. Roustem Saitkoulov, reviendra plusieurs fois faire des rappels avec une alacrité dissimulée.

  • Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc

    les mardis après midi, je peux faire un tour au musée sans croiser âme qu'y vive hormis la guichetière, planton zozotant. L'exposition des peintures de Jacques Lacomblez (peintre et poète 1934-) semblait prometteuse vu que le bonhomme belge a fréquenté par le passé Breton, Magritte et d'autres surréalistes (ceux-ci chers à Lévi-Strauss dans la manière de faire) mais la ballade dans le musée devient vite une angoissante sortie de classe fantôme, dans une présentation des oeuvres où reste peu de place, au milieu des rémanentes maquettes et autres expositions d'outils calamiteux. Louons tout de même sa présence qui ne doit pas au hasard, la matière surréaliste étant bretonne (A. Jarry, M. Denis deux symbolistes précurseurs et Y. Tanguy, A. Breton) ainsi que belge (R. Magritte, et la liste est longue).

    "J'attends depuis des siècles
    un oiseau fabuleux
    qui vienne en mon désir
    couver un instant d'or"
    Jacques Lacomblez "Pages de Mégarde" 2008.

  • Non-événement (feuilleton de l'été)

    Ouest-France vendredi 25 septembre 2009 :

    Les algues vertes sont elles à l’origine de la mort d’un homme en juillet dernier ? Les prélèvements sanguins du défunt n’ont pas parlé. : Ouest France

    Algues vertes : le sang du camionneur n’a pas parlé

    Du sang avait été prélevé au décès du camionneur qui transportait des algues vertes le 22 juillet à Lantic (Côtes-d’Armor). Ce prélèvement vient d’être analysé afin de savoir si le sang de la victime contenait de l’hydrogène sulfuré (H2S), généralement généré par les algues vertes quand elles se décomposent. Selon nos informations, un résultat partiel indique la présence de ce gaz. Problème : ce résultat n’est pas interprétable en l’état car le corps humain, comme tout organisme qui se dégrade, produit également du H2S. Pour les mêmes raisons, une autopsie n’apporterait pas forcément de conclusion plus probante. Interrogé, le parquet de Saint-Brieuc indique : « Il semblerait qu’il y ait de l’hydrogène sulfuré dans le sang, mais rien de précis. Cela ne permet de rien conclure, tout est possible. » Tandis que dimanche se profile une manifestation sur une des plages d’Hillion, dans la baie de Saint-Brieuc. Une des communes costarmoricaines les plus polluées par la prolifération d’algues vertes.

  • Maurice Denis et la bretagne (japoniaiserie ?)

    Derrière le maître des Nabis on aurait pu imaginer un être plus sulfureux que celui qui apparaît dans ses thématiques visibles sur "La fraction du pain" ou d'autres pieux sujets bretons "l'enclos paroissial de Lampaul"... Pourtant l'effet des bleus dans l'ombre est bien là et même les couleurs négatives saturent sa peinture. Plus tard durant la visite on apprend qu'à son goût les paysages bretons sont propices aux sujets mythologiques (Galatée, le Minotaure...) et particulièrement ceux de Ploumanach - où j'ai personnellement vu la fille d'Hérodiade. Ce bon père de famille (sept enfants) appréciait la poésie de Charles Le Goffic dont le paraphe figure sur une page de garde d'un recueil en sa possession, ils partageaient l'idée selon laquelle l'art est une sacralisation au sens religieux, des sujets. Hélas on se souvient plus de lui aujourd'hui pour ses japoniaiseries d'époques, enluminures fondamentales du Nabi :

    Les Hêtres de Kerduel (1893)

  • Plus un seul appelé et tellement d'élus

    Monsieur Eric Woerth,

    Je viens de recevoir votre lettre avec mon avis d'impôt sur le revenu 2009 qui m'annonce une bonne nouvelle et si j'étais honnête je devrais voter à droite jusqu'à la fin de mes jours pour vous en remercier. Effectivement mon crédit d'impôt sur mon prêt habitation principale est astronomique au regard des habituels traitements alloués aux gens de mon statut, même si en préambule de ce courrier je suis décrié comme un "de nos concitoyens les plus affectés par la crise économique", ce qui ne laisse pas de nous vexer mon épouse et moi même car nous avons la missive en deux exemplaires commençant par ces mots "Chère Madame, Cher Monsieur". Cela sans compter notre perplexité : laquelle devons-nous lire en nom propre ? je vous accorde qu'elles sont identiques mais c'est une question de principe. Lequel de nous deux est le concitoyen le plus affecté par la crise économique ?? Voilà pourquoi Monsieur Woerth j'en appelle à votre sagacité légendaire à la direction de vos services pour corriger rapidement, pour le moins cette intrusion sinon cette tentative de corruption au sein de mon foyer fiscal, et je ne pourrai me résoudre devant ma femme à faire allégeance à la droite le restant de mes jours si je devais accepter être, d'entre elle ou moi, le concitoyen le plus affecté par la crise économique.

    Recevez Monsieur Eric Woerth ma distinguée salutation.

    P.S. Je reverserai au plus vite et sans échéancier à M. Borloo le montant résultant du cumul exceptionnel des crédits d'impôt que sont l'éco-prêt (sur mes nouvelles fenêtres en polychlorure de vinyle) et la rénovation des fenêtres (susdites) aux habitations datant d'avant 1975, car cela est trop, je ne puis accepter pareil cadeau. Enfin je verse déjà par la présente le montant de cinq cent euros (500€) à M. Rocard car je suis un homme de conviction et que la taxe carbone me ravit partout où je la trouve.

  • Jarret pas

    Les derniers événements de la ville de Saint-Brieuc (championnat national de bicyclette et festival international de tambour) me rappellent que j'aurais tant aimé être tambour-major et jarryste.

  • Françoise et Sylvie

       Je suis née au début de la moitiè du siècle dernier, dans un bourg de touraine. J'ai fait dans ma vie la rencontre d'une femme qui en bouleversa le cours, avec elle nous sommes entrées dans les annales criminologiques. Mais cette femme dont j'ai fusionné le destin au mien, ne m'était pas inconnue. Françoise est une amie d'enfance. Plus j'ai vielli, plus la voir m'était insupportable, elle était ce que je devais être. Je ne sais pas ce qu'est le bonheur, ne ris pas lecteur, j'y suis inepte. J'ai vécu une vie de merde, en contractant une poliomiélyte à mon jeune âge. La polio est parfois une maladie oro-fécale. Je suis blonde. A mon procès j'avais presque l'air aimable d'après les jurés, je m'étais mise comme savait si bien le faire Françoise ou d'autres femmes, on aurait pu me désirer. Dans ma jeunesse à l'école on s'est si bien moqué de moi que j'en claudique encore, j'ai ravalé tant de frustrations. Papa ne m'aimait pas, maman était embarassée d'avoir une fillette paralytique à s'occuper. L'année de mon crime, le jour de l'anniversaire de mon fils, j'ai demandé à maman qu'elle me donne les ustensiles à boucherie de papa. C'est aussi mon fils qui m'a aidé à porter le sac le plus lourd jusqu'à ma voiture en bas de l'immeuble. Mon fils encore était avec moi lorsque j'ai jeté sur les berges ensablées de la Loire les restes calcinés du crâne de Françoise. J'innocentais mon fils en ces instants, par la même occasion j'osais faire ce que papa n'avait pas su faire de moi, avec ses propres outils, comme ses mains. C'est l'homme que j'innocente et lui que je venge, l'homme que j'adule, l'homme en général dont je dois avoir besoin sans arriver jamais à assouvir mes besoins... Oh cette salope de Françoise.

       Je l'ai attirée chez moi sans mal car je vous l'ai dit, elle a été témoin de mon enfance morne, je lui ai fait boire des sédatifs puis je l'ai couchée et dévêtue dans mon lit en plein midi avant que mon fils revienne de l'école. Je l'ai vidée de son sang dans ma baignoire après avoir appuyé sur sa tête et lui avoir coupé les veines à l'aide d'un scalpel volé à mon travail, toutes choses apprises dans les affaires criminelles dont je me suis passionnée parfois, comme de savoir par exemple qu'on identifie un corps avec les dents la plupart du temps. Mon mariage a été un échec, j'ai découvert que mon mari m'a faite cocue quelques années avant mon crime, je lui ai fait coucou aussi pour toujours et j'ai ruminé un peu mais il était si falot... J'ai arraché les dents en or de Françoise avant de la décoller, la prise étant plus facile et son intégrité intacte. Et chaude encore. Les vrais dents je les ai jetées dans le cabinet des toilettes, je les ai toutes arrachées. J'ai d'abord coupé la tête. Cela m'était si difficile qu'à ce moment j'ai été chez ma mère pour préparer l'anniversaire de mon fils et prendre le couteau et le hachoir de papa, vers 16h. C'était un lundi. Le soir, nous fêtons l'anniversaire et tout le monde s'en va coucher. Sauf moi. Je récupère feue Françoise que j'ai enroulé dans des couvertures sur mon balcon, elle est si blanche et propre, édentée, vidée de sang. A califourchon sur ce qui ne sera bientôt plus qu'un tronc je la décapite au couteau et au hachoir, ensuite je commence par ôter les bras en m'interrogeant sur ma méthode, ce qui fera dire lors de mon procès que je ne me suis pas trompée - j'ai vu souvent papa faire. En la chevauchant pour lui couper les jambes je suis au contact de ses seins que j'écrase de mon lourd fessier, cela me plaît fortement je ressens des choses jamais éprouvées et que j'ai senti après. Deux soirs encore je me livrerai à cette découpe.

       Disons finalement que je suis obsédée par la nécessité de faire disparaître sa tête, c'est une si petite chose maintenant. Je tente de la détruire au marteau, de mettre en miette la boîte crânienne mais rien n'y fait, je ne parviens pas, on ne peut pas s'imaginer la solidité d'un crâne. Finalement le dernier soir, n'y tenant plus je préchauffe mon four au feu maximal et y enfourne la tête sur le plateau lèchefrite, puis je vais me coucher. Elle cuira toute la nuit. Mon fils à côté dort. Moi aussi, très bien encore. Dans ma salle de bain j'ai traversé le miroir, c'est moi que je voyais en elle, c'est une part de moi-même que j'ai tué et depuis ces jours funestes jamais plus je n'ai rêvé de cette garce. J'ai acheté des sacs poubelles pour y mettre les morceaux de Françoise, j'ai déposé en fin de matinée les deux premiers sacs sur le parking de l'hôpital dans lequel je travaillais en tant qu'aide-soignante, cela fit un cliché de police extraordinaire. Ci-gît ensoleillée, une partie de Françoise (sans tronc ni tête) en deux sacs bleus clairs, à l'avant d'une immaculée 2CV blanche. Affublée de ses deux couilles bleues, la 2CV restera dans l'histoire de la criminologie française. Le tronc bien trop lourd est déposé avec l'aide de mon fils innocent derrière un autre magasin. La tête est ensablée dans la Loire. Depuis, dans les geôles j'arrive enfin à dormir et à jouir. Il n'y a pas deux filles en moi.


    Sylvie Vartan et Francoise Hardy - Il y a deux filles en moi
    envoyé par svsheila. - Clip, interview et concert.

     

  • Uranus et barbus (islamic schizophrenia)

    Uranus a traversé la France à l'arrière d'une petite voiture aux côtés de ma fille. C'est dire sa patience, car elle a les jambes plutôt fortes et longues pour une chevale. Nous voici à Maubeuge.

    - La Sambre ne m'amuse guère.
    - C'est vrai.
    - Et tout ce chemin sur cette satanée autostrade, vous rendez-vous compte du mal que vous me faites ?
    c'est la route d'un permanent monde déhiscent et que vous traversez somnolent à grande vitesse. Jamais rien ne passe plus du côté droit au côté gauche.
    - Nous nous sommes arrêtés plusieurs fois, si je ne m'abuse.
    - Ha Ha !
    - Ne soyons pas badins, le beau-père est peut-être hémiplégique des suites de l'attaque cérébral.

    C'est ici que mon épouse s'énerve au vilain prétexte de notre retard pour l'hôpital.
    Maubeuge, le grand-hôtel.
    Magnanime et rassérénée dès le lendemain par la santé de son père, elle tiendra à nous montrer les lieux de son enfance.
    Haumont, les traces d'une tornade dont le courroux semble s'être acharné sur son ancien collège, la vue en est estomaquante et tragi-comique.
    Neuf-Mesnil.
    Louvroil, la mosquée en construction, non moins tragique échec des intégrations.

    Maubeuge Automobile Désert.

  • En selle

    Je me donne dix minutes pour écrire.
    Restent     trois.
    J'ai lu un réglement de tremplin pour musiciens amateurs.
    Ouvert le myspace, fermé le foutu facebook. Regardé le compteur de ce blog. Surprenant...
    J'ai pensé auparavant au matin où   j'ai pensé sérieusement n'avoir jamais mieux et tant aimé que moi.
    Quelle honte !
    Les banques et les religions ont fermé.
    Tiens    je viens de trouver :
    Rémi, Aldo R.
    Reste une minute.
    J'ai commencé un unique fichier    texte depuis la création de ce blog,
    J'y remets tout.
    Top.
    "Site en maintenance.Please retry later"
    Ok.
    A demain alors,
    Bonne nuit   gros machin.

  • Jimmy Gourley/René Thomas/Sacha Distel & Jimmy Raney

    Mort de Jimmy Gourley, à voir sur l'indispensable blog Jazz Chroniques et coups de cœur. L'extrait sonore est splendide (EDDY LOUISS: Orgue/JIMMY GOURLEY: Guitare/KENNY CLARKE: Batterie)... Et la photo !

  • Araignée Chardonnay

    Araignée Chardonnay
    pensait qu'il y avait des mets
    qui ne se mangeaient
    devant personne ;
    comme sexe faible
    - De gravité, lui fit observer son homme
    C'est l'âge où l'amour tombe comme une pomme.

  • Uranus et uranien

    Episode

    u - Dites l'uranien, dormez-vous ?

    - Non

    u - URANIEN, TOUT UNIMENT ALUNISSONS

    Ce qui passa alors dans le silence pour galimatias résonnait fort dans mon esprit. Elle avait tort, je n'en étais pas, cela n'était pas. Nous sommes au restaurant, j'ai insisté pour que nous vinssions manger dans le désordre une cuisse de canard, une terrine de lapin, un plateau de fromages et boire le touraine. Je sais aussi qu'il y a de jeunes américains qui se foutent de nous et des odeurs, qui ne tiennent pas le vin et se font appeler un taxi.

  • Pain-de-pourceau

    Je broderais bien un poème
    seulement par soucis d'hygiène
    et pour cause. SCes cyclamens
    que la voisine nous amène
    avant de partir la semaine
    faire la vierge belle parisienne
    ne soigneront pas la migraine,
    me sont romantiques et saignent
    (bues avec le vin) les anciennes.

  • Zéro de rentrée

    Je passe en auto devant le lycée, les élèves ont l'air de vieux, les nanas ne cherchent même plus à jouer les vieilles. Cela provient sans doute de la synchronisation vestimentaire imposée et de la météorologie calamiteuse de ce matin. Hors maintenant il fait beau. Les mines soucieusent ne collent pas avec l'horaire de sortie, que se passe-t-il ? Je cherche du coin de l'œil un professeur pour vérifier ce que je craignais, voilà un petit, tout guilleret avec un sac en bandoulière... Et je me rappelle ce que disait Gracq; grosso modo : en bas il y avait les sixièmes plein d'énergie et en haut les term; des grand-pères à côté. Je dis ça car j'avais mon bébé dans le rétro. Et Vigo. D'ailleurs et ça n'a rien à voir, j'ai pensé à lui en lisant et relisant, "les jours et les nuits" et en comptant deux fois le mot "cinématographe" ce qui pour l'époque et pour la tendance autobiographique est un message assez clair.

  • Moi, la fille de bon vit (se veut d'inspiration jarryque mais d'un jarrysme méconnu)

    J'ai de petits seins que les hommes n'évaluent, tant et bien qu'ils regardassent toujours mon cul. Mais mes tétons sont le donjon d'horizons où je suis poétesse et d'où coule ma vue dévolue sur    l'un. Sa langue est l'orvet qui bruisse et la fouisseuse...

    - Quelle barbe, je suis sec et seul déjà en à peine trois lignes.

    "SINGULUM : Sans avoir m'a laissié tout sengle (Rutebeuf)." Note de bdp, p.8 de l'édition originale (que je fais croire avoir).

  • "Qu'a vist Paris e noun Cassis a ren vist"

    Ô notre petit Paris
    Tes pigeons cendrés surprennent
    Sur ton pavage un vernis
    Enduit marbres et fontaines

    Pastis couleur de ce glacis
    Marée niet Saint-Ex marégraphe
    Dans le fond de cale est Cassis
    Où Cap au nez je bois carafes

    À Cassis sommes assis
    Terrassiers et par centaines
    Seul debout Frédéric dit
    Mistral je n'ai pas de haine

  • La petite

    unhobo.JPG

     


    ah obo ! (un oiseau)
    a hobo ! (une mouche)

  • Solution aux seins de potières

    Ne me touchez plus mon vilain
    Voyez combien brûle un tétin
    (J'y touche moi-même pendants ceux-ci)
    Foutez-y maintenant ce vit

  • Waltz with Bachir

    Jour de soldes dans une grande enseigne commerciale samedi dernier, j'ai trouvé un disque de Solomon Ilori datant de 1963 dans lequel une réédition récente chez Blue Note a ajouté le quintet de D.Byrd/H.Laws/C.Perkinson/B.Cranshaw/E.Jones impliqué dans le projet d'Ilori. Cela m'a coûté trois euros cinquante. De Solomon j'ai écouté Follow me to Africa un intéressant mélange de flûte et de tambours africains. À cette écoute me revient alors à l'esprit Le joueur de fifre... et aussi d'avoir connu dans la cavalerie un raciste qui jouait du tambour avec dextérité, il répondait au détonnant patronyme de "Soulémagne". Le tambour vient d'être réintroduit dans les conservatoires nationaux en avril dernier, alors qu'il en avait été exclu en 1815 par la terreur blanche qui interdisait de conservatoire les instruments accusés d'avoir porté la Révolution. Ce soir de même jour, j'allais voir le très beau film de Folman.


    Exergue de l'Histoire de Beyrouth de Samir Kassir (2003) :

    "
    Vous connaissez le Liban ?
    Je secouai la tête.
    - Le soir, le ciel est comme du vin, et les ombres qui tombent sur les terrasses sont nimbées de lumière violette. Au-dessus de votre tête, des plantes grimpantes : des treilles de vigne et d'autres plantes qui ont de grosses fleurs parfumées. Tout est silencieux, chaud et doux : l'atmosphère même dans laquelle les grands mythes sont nés. Et les images que vous voyez par les yeux de l'esprit vous semblent plus réelles que la chaise sur laquelle vous vous asseyez... Je donne dans le lyrique, comme vous pouvez voir.
    " Eric Ambler, L'affaire Deltchev (1952).

    En chapitre liminaire du livre de Kassir on trouve la première partie nommée les yeux de l'esprit.