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Ca s'est passé - Page 2

  • "Et rien de Rome en Rome n'aperçois,"

    medium_autobook.JPGCher Joachim,

    "Ville poussière!" a-t-elle proféré en remontant la via Trastevere pour la première fois. Le vent se lève c'est vrai et la ville semble tellement sèche qu'à peine ses mots prononcés, ai-je pris une poussière dans l'oeil. Nous sommes en 2006 le voyage que nous faisons avec ma femme n'a rien à voir avec l'exil, on appelle ça du tourisme. Tout en commençant notre promenade, elle m'explique que si l'orage arrive, cela sera une grâce divine qui nettoiera les trottoirs et la saleté ambiante. Je suis gêné par la crasse que j'ai dans l'oeil, elle accepte souvent où que nous soyons de m'ôter la poussière ou l'insecte qui s'y est logé, cette fois elle dit que la pluie va arriver. Non sans rire mais sans lui expliquer je pense à "l'honneur poudreux" que je viens de recueillir sur mon "front audacieux". Je ne pensais pas que tu serais mon meilleur guide, rien n'a changé la défiguration de l'antiquité que tu as connue est toujours là telle que tu l'as vue, n'est-ce pas incroyable un demi-millénaire plus tard ? Les nouveaux venus vont sur des chars ouverts à la découverte des sites de la ville. Il y a même des bus dits archéologiques sur la via Appia Antica. L'archéologie fait bien de la poussière, mais tu ne sais pas de quoi il s'agit, c'est une activité de pillage officiel et organisé inventée par la découverte des vestiges de Pompéi près de Naples. Tu ne le croiras pas si je te dis que cette cité a été préservée en partie, couverte qu'elle fût de cendre des nuées ardentes du Vésuve. Or tu écrivais déjà en ton troisème sonnet des antiquités de Rome :

         .."O mondaine inconstance !
        Ce qui est ferme, est par le temps détruit,
        Et ce qui fuit, au temps fait résistance."
            Ici tu opposais les temples au Tibre, disant qu'il ne resterait que ce fleuve, dans ton cinquième sonnet tu parles de cendre.

    Au nom de ta nostalgie on a inventé l'archéologie sur tes plans, et même dresse-t-on aujourd'hui un patrimoine mondiale. Lorsque le roi de Naples a profité des premiers pillages archéologiques il a déclaré "Ca y est j'en ai autant que le Pape à Rome" ! Nous sommes bien loin de la serre luxuriante que constituait le Colisée abrité des vents et ensemencé par les graines apportées des animaux exotiques venus de toute la Méditerranée, nous sommes loin des pâturages au mont Palatin où paissaient les vaches médiévales, c'était là; la modernité.

  • Vulcain son étrusque et le pilier du théatre de verdure

    Il hâtise les coeurs à chaque fois, vous entendez son souffle à vide et sa respiration comme si vous étiez à la forge, le voilà qui taquine la muse, qui bat le fer avec son bras droit, Aldo Romano. La forge minérale est un théatre de verdure creusée dans la pierre, dont le pilier est la contrebasse sévère de Philippe Aerts. Ils ont soufflé et nous avons brasillé dans leurs horizons, Bohemia After Dark nous a rendu fou, le tango nous a renversé, la Javanaise nous a ramassé. Aldo, cet ancien maçon immigré italien possède la sensualité cymbalière et un chic extraordinaire. Hier soir Richard Galliano n'a pas même semblé se rendre compte qu'ils étaient tous trois aux anges. A la fin du concert il remet son soufflet dans une musette qu'il porte sur son dos.

    Bartholomeus Spranger !

    Richard Galliano accordéon chromatique
    Aldo Romano batterie
    Phillipe Aerts contrebasse

    11 août 2006, au théatre de verdure de Langourla.

  • Tempus fugit (bis)

    Ce dimanche Jean Daniel portait cravate et chemise toutes particulières, on doit même dire démodées. Un trompettiste m'a raconté ce soir "cela a-t-il un sens de vouloir échapper au temps?" (sujet qu'il a corrigé) le drôle de rapport entretenu par certaines écritures visiblement féminines avec la cosmétique comme échappatoire. Mdr.

    Up tempo !

  • Mise à jour majeure

    Hélas la mise à jour ne fut pas intermédiaire ! et pour nous donner la place (30Mo) on a rogné dans les communautés qui sont devenues des tags sans photos, sans parler de l'invitation à mettre à jour nos codes html que personnellement j'ai refusée. Haut&fort est essouflé voire hasbeen mais savez-vous seulement ce que signifie "plus de sécurité" ?

  • Victoires de la musique jazz

    Appelé par un jingle inspiré - la "blues march"/jazz messengers - j'ai regardé l'émission à 00h30 qui consacrait les musiciens de l'année passée en France. Il y avait les prix d'honneur et les récompenses. Ainsi Liz Mc Comb n'a reçu son prix des mains de personne, puisque la moindre des politesses de la chanteuse choisie à cet effet, Juliette, l'a conduite simplement à désigner le trophée comme un pot de fleurs. On sentait beaucoup de froideur humaine à cet instant, la jolie note donnée à cette soirée d'ailleurs, mais Liz a ensuite été formidable dans un "When the Saints" mouvementé par son trompettiste de rappeur. Sinon il y a bien eu Marcel Azzola qui possède la véritable identité d'un jazz français héritier du musette avec Django Reinhardt, Eddy Louiss, Richard Galliano... Il y a surtout eu le pianiste Ahmad Jamal et son batteur Idris Muhammad soufflant un swing originel encore chaud, dans un trio avec contrebasse. Vu aussi Eric Legnini qui jouait également en trio avec Franck Agulhon c'était bien. Mais que nous a-t-on affublé l'écran d'une harpiste dans le jazz ? les femmes étaient à l'honneur, c'est vrai mais pourquoi trouver la profession aux antipodes du camionneur ? Sans parler de la dernière saxophoniste une hollandaise dont il n'est même pas intéressant de connaître le nom, et qui plagiait m'a-t-il semblé un saxophoniste alto (/s) français compagnon des meilleurs (de Bethman, Mezzadri, Artaud, Agulhon...), j'ai pensé : Pierrick Pédron !

  • Tête

    J'aime que tu viennes mon jour dans ton rouge soleil. Ainsi tu semblais venir toute la nuit dernière, m'apportant ta rime coupée.

  • Ca ne se fait pas mais... C'était il y a longtemps

    Mercredi le 17 janvier 1990 15.00h
    Paul, tu as oublié que tu as seize ans ? et moi quinze !!!

    Lundi le 1. janvier 1990 11.00h
    J'ai constaté que mes lettres sont très attachées au temps, à la place et mon humeur. Si je t'écris le soir, le matin après je trouve tout ce que j'écrivais est changé, et un peu bête.
    Si tu savais... Je t'embrasserais mort.

    Mercredi, le 6/12/89
    Paul, mon petit cuisse de grenouille (?!) oui tu es terrible chéri ! Hier on a eu St-Nicolas comme toujours le 5 décembre.
    J'ai eu beaucoup de cadeaux, comme :
    - un livre : Max Havelaar de  Multatuli
    - un livre intime
    - ce stylo-bille, c'est argenté
    - un walk-man
    - des chaussettes de Winnie the Pook (ma mère les a eues à Londres)
    - un petit portefeuille
    - des poèmes comme toujours
    - beaucoup de chocolat !
    - encore un livre de Garfield.

  • Les écrivains de mars (2)

    C'est un grand jour pour les bretons, le Centre culturel de Rennes est inauguré. Voilà une petite génération depuis le lancement du projet en 1992 qu'on en parle. Cela s'appelle "les champs libres" et se trouve à proximité du parking du champs de Mars et du palais des sports bizarrement désigné "le liberté". Frank Gerhy (Guggenheim de Bilbao, dont les premiers dessins ont été réalisés en février 1993 pour une livraison en 1997) avait concouru puis déclaré forfait, et finalement ce fut Christian de Portzamparc (cité de la musique, tour LVMH à New York) qui l'emporta. C'est donc de lui ce dôme et cette pyramide à l'envers posée sur un dolmen immense. Le dôme abrite la science (planétarium) et la pyramide inversée, la bibliothèque. Tant d'années de travaux, d'ironies et de supputations voilà donc 'la vache contaminée ai-je facilement pensé. Cette petite génération correspond à ma page noire, c'est un grand jour.

    Rennes est une ville pleine de promesses, mon père m'emmenait voir l'anneau de Moebius devant la faculté des sciences, c'est une sculpture. Je n'y ai pas vu la même chose que lui. Hier soir en écoutant une nouvelle de Philippe Besson lue par Arnaud Cathrine lorsque je l'ai entendu dire anneau de Moebius je me suis rappelé un de mes "poèmes" perdu par ma future femme. Un jour je travaillerai à me soulager de cette limite à l'infini que représente pour moi la femme. Hier soir donc, je suis sorti voir un écrivain (Arnaud Cathrine), c'était bien.

  • Les écrivains de mars

    Hier soir j'ai été voir Jean-Marie Berthier (chez Fanlac) dans une rencontre organisée par la fédération des oeuvres laïques du département. Des enfants ont vu le poète en chair et en os. Il a lu ses poésies choisies dans la maison Louis Guilloux, ainsi que l'animatrice ayant choisit les siennes. Il en a profité pour nous annoncer que son éditeur lui voulait une anthologie. C'est bien ce que je voulais voir, peut-être pas une étoile de la poésie mais au moins un vieux sage. Le moment le plus saisissant de la soirée a été qu'il dise sa crainte que la poésie puisse s'en aller, après nous avoir raconté le départ de ses deux enfants. Enfin sa lecture et diction étaient infaillibles, de même pour la (sa) très maîtresse animatrice.

  • Le jazz prend Racine

    Erika Stucky fêtait ses 40 ans hier soir, comble du petit bourgeois, dans un théatre à l'italienne. Mais Erika fait tousser et dans l'intimité de ce genre de théatre il valait mieux avoir l'esprit ouvert. Ce n'est pas du jazz, c'est comme un "verbeux vagabondage" avec une performance vidéo sur la reprise de Presley où elle chante en se regardant filmée à casser une solide guitare le temps du morceau. Sa voix a la supériorité, et surtout elle a deux brillants musicens qui ont cette apparente facilité de la précision niaise, en place avec un tuba et un trombone qui ne se regarde même pas elle livre un répertoire exubérant. "Vous ne me connaissez pas" dit-elle en préambule "Peut-être vous m'avez googlée".

    Les Fat Kid Wednesdays partent comme un trio de plus (as-ts-ss/b/dm) mais campent la mythologie dès la première mesure. Il n'est pas question de révolution ni de leçon comme lorsque nous soupons régulièrement avec certains jazz européens.  Encore une fois la preuve est faite par la batterie qu'elle n'a pas traversé l'Atlantique comme le chewing-gum. Tous les batteurs français qui voient ce batteur doivent rêver jusqu'au dernier de posséder un son pareil, une telle maîtrise en étant aussi jeune ! Cela m'a rappelé le jour où j'écoutais pour la première fois le trio de B. Marsalis avec Jeff T Watts (fin des '90), j'estimais dès lors avoir été trompé. Comme Lautréamont disait en son temps à propos des poètes; rien de neuf depuis Racine, on se rattrape ici en les écoutant de toutes les fadaises imposées depuis les racines de la mythologie noire. Ce batteur a l'aplat de Baby (unisson), le fracas de Chick, la danse de Gene, le swing de Cozy, le rock de Papa Jo et la continuité de Big Sid.
    Il manquait peut-être un peu de l'architecture de Max et de l'illusion de Kenny ?

  • Enrico Rava (duo + quintet)

    Enrico Rava jouait vendredi (formation). Le duo de trompette et de piano était bon (quand je pense à celui de Solal et de Le Lann à Vannes fin des années 90...). Bollani accompagne très précieusement Rava dans les ballades. Il sait même rappeler un ragtime en 2006.

    La veille du concert pendant la master class, Rava parla peu et joua beaucoup et nous rebattit les oreilles (le temps d'une introduction) avec Red Garland et le Miles des années 50, de la dramaturgie qui existe dans cette musique. Il a rappelé que la progression dramatique ne naît pas des harmonies mais de l'histoire que l'on raconte et de sa continuité. Lors d'un de ses soli le jeune pianiste emporté par son Maestro s'est pris dans un jeu imité voire psitaccique que Enrico Rava n'a pas manqué de faire remarquer avec indulgence.

    Le deuxième concert en quintet révélait les phrases de Rava plus interrogatives encore. Il réussit tellement bien dans le questionnement qu'il ne résout pas dans ses chorus et passe le flambeau l'air de ne pas se faire applaudir. Son son possède une jolie fêlure avec une sorte de pizzicato de lèvres qui trouve en puissance un écho profond.

    Etait-ce ma fatigue, l'heure avancée (3h de concert avec les rappels) ou Agulhon n'était pas à son meilleur ? Habituellement entre De Bethmann et lui se produit un échange tel que l'un devient batteur sur son clavier et l'autre pianiste des percussions. Franck Agulhon est tellement demandé...

    Enfin quelle ne fut pas notre surprise de voir arriver le tromboniste Gianlucca Petrella; on eût dit le jeune héros de Pasolini, dans Mamma Rosa.

  • Petit tour chez le disquaire

    A sainte-cécile qui ne s'invente pas, j'ai trouvé pour la toute petite somme de 15€ accrochez-vous bien

    -un double cd de billie holliday (ok éditeur obscur et sources inexistantes)

    -lester young entre 1945 et 1947 chez past perfect (réedition récente), toujours aussi bien rencardé

    -clifford brown entre 1952 et 53 chez past perfect, un bon cru mais moins que son double qui reprend memorial clifforfd. à noter un daahoud avec shelly manne, très subtil

    -le MJQ ou on apprend qu'il avait un double sens; Milt Jackson Quintet (Modern Jazz Quartet) toujours chez past perfect cette fois les renseignements sont légers et c'est surprenant, seuls les trois derniers morceaux sont identifiés des quatre : milt jackson (vib) john lewis (pno, aaah john ton style unique et raffiné) percy heath (cb) et là surprise le Original KENNY CLARKE eh oui c'était le premier batteur-instigateur du MJQ.

    alors cette fois j'ai vu le patron (mon amie cherchant Fairouz à Beiteddine) et je lui dis "Savez-vous qu'à Paris, dans le magasin Paris Jazz Corner près des arènes de Lutèce on trouve ces cd dix fois plus cher" "-Mais oui" dis le boss "et dans un autre c'est pire dans la rue de la vieille comédie il y a un ...."

     

  • Jean-Quentin Châtelain joue "kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas" de imre kertesz

    ça commence très bien, on croirait la montagne magique de thomas mann; discussion dans la froidure des environs du sana avec un vieux sage... et le texte prend franchement des profondeurs qu'il faut que je lise, n'a pas été écrit pour le théatre, les sommets sont atteints pourtant. pas vraiment digéré non plus c'était pourtant le 23nov, mais y penser tous les jours c'est dur...