Roy Haynes déclare en 1967 : "Lorsque l'on enseigne pour encourager les élèves à revenir, il faut savoir manoeuvrer. En effet, si l'on est sincère, si on ne leur cache rien, ils n'ont pas besoin de venir longtemps.[...] C'est une des raisons pour laquelle je ne donne pas de leçons, l'autre étant mon manque de patience."
Ainsi s'expliquait le Dieu Lester Young auprès du jeune Dieu Charlie Parker qui rapporte : "Tout ce qui se passait à l'intérieur depuis le bas-ventre jusqu'au bout de sa langue devait tendre à sculpter le son. Peu importaient les notes, leurs justesses, leur registre, tout était axé sur la sonorité."
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Petit mystère et vaste débat
Quel batteur de renom a dit sur la pédagogie qu'il fallait savoir manoeuvrer ses élèves, ne pas tout dire trop tôt ?
Finalement ces raisons l'avaient dissuadé d'enseigner, il n'avait pas envie de tout dévoiler. Un batteur à bien regarder mais regardez bien (aveugle) est un presdigitateur. Ce batteur est avant tout américain et fait la différence avec beaucoup de branquignols européens, rendons maintenant à César ce qui est à César.
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Fin des articles faisant du son l'exergue du muscle
Buddy Rich (-1987) « the monster »
Buddy Rich, héritage : pour certains c’est le meilleur du monde pour d’autres comme Shelly Manne, il ne touche que l’esprit, mais « il ne touche ni mon cœur ni mon âme ». (p.297).
« Sur le plan strictement technique, Buddy Rich a su se former certains muscles afin de pouvoir laisser communiquer librement l’énergie à la baguette. Le rôle capital de la pince pouce-index et de la juste pression des doigts contre la baguette lors d’exercices de frappe et de rebond (pour améliorer le contrôle du jeu grâce au développement de l’éminence thénar au niveau du pouce) a été étudié par Buddy tout au long de sa carrière. Grâce à cet entrainement, il s’est constitué une musculature peu commune au niveau des avant-bras, des bras, des épaules et surtout du petit et du grand pectoral, ainsi que des muscles du dos. Il a analysé le fonctionnement des pédales et comment les jouer avec souplesse. Au fil du temps, il a résolu les problèmes du batteur qui désire acquérir du son, de la puissance, de la précision et de la rapidité par un travail rationnel de la frappe, du rebond, de l’endurance et des réflexes. Le propre de cet homme de génie est d’avoir su se construire un corps en affrontant et en éliminant les difficultés physiques et esthétiques les unes après les autres. » (p.284)
Ces billets d'extraits sur le son, sont tirés du déjà légendaire ouvrage de Georges PACZYNSKI (Tome 1) "Une histoire de la batterie de jazz". J'ai mis un temps important a rechercher tous les commentaires évoquant la musculature, je n'ai pas son tome en CDR hélas. Par contre ça vous a peut-être intéressé. Ce n'est pas fini, un autre chapitre doit commencer sur la technique...
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Il
J’effeuille de mes doigts
Tes pétales de raie
Fille à fion tout rouge
J’ouvre ta fente et bois, fille de raie
Ton rosé comme au bouge -
La chanson de Bérengère
A la morte saison
Nous avons Arcachon
Croisée de nos régions
Pour relier mélanger
La Méditerranée
La Manche et nos pêchés-Pardon où pourrait-on
Dormir ? Mieux ! faire un don
Petits pochons cochonsRappelons qu’au début
Je vins vers elle en vue
D’un casino ventru
Sable or et rubis
Con stupre et guilis
Supplices tant promisPar ma fessue des nues
Me donnant la berlue
Au rendez-vous prévuRéveillée au ciel rose
Révélant tant de poses
Après toutes ces choses
De tendresse en ivresse
Mais oui ça rime en fesse
En pied en main CaresseMoi ma berlue des nues
L’Afrique je l’ai vue
Pallu. HuluberluElle m’est venue en rêve
A l’aube dans la trêve
La chose en parenthèse
Venons à ma bergère
Mouton de sa berbère
Etoile je me perdsAinsi fessue des nues
J’ai bien eu la berlue
Au rendez-vous voulu. -
Contrepoète
Je vais de soie vêtue,
vois-tu
ça va de soi,je t'ai déçu des fois
Du foie
ça fait des sucs. -
Quatrain du matin
Ce mâle me foutait à l'entraille et à l’âme
Arrachant sang et sens brûlant de cul d’infante
Le Diable aurait pâli devant ce braque-dame
Ne foutant que l’impétrant et que l’ignorante -
Poezzy
Elle assise Je debout
Le doigt sous son sexe
A genoux Je suis debout
Nos vies de contretempsDexter voyez-nous
Mon doigt de pied
Sous son sexe droit
Ne laissent pas le tempsDans l’angle mort qui ruisselle
Vous êtes là et vous vous jouez
De dire un sentimentVous jouez dans les jours
Et les nuits éternels de Dizzy
Semé aux quatre vents -
L'équilibre vient en marchant, la prose s'en va en écrivant (hum, hum)
L'importance de la grosse caisse dans l'équilibre chez les batteurs provient des marching-bands des débuts du jazz. En fait la musique est jouée en marchant dans les fanfares, les mesures en C barré sont reines. La pratique du tambour en marchant peut être édifiante et élargir un horizon qui devrait être un commencement.
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Enrico Rava (duo + quintet)
Enrico Rava jouait vendredi (formation). Le duo de trompette et de piano était bon (quand je pense à celui de Solal et de Le Lann à Vannes fin des années 90...). Bollani accompagne très précieusement Rava dans les ballades. Il sait même rappeler un ragtime en 2006.
La veille du concert pendant la master class, Rava parla peu et joua beaucoup et nous rebattit les oreilles (le temps d'une introduction) avec Red Garland et le Miles des années 50, de la dramaturgie qui existe dans cette musique. Il a rappelé que la progression dramatique ne naît pas des harmonies mais de l'histoire que l'on raconte et de sa continuité. Lors d'un de ses soli le jeune pianiste emporté par son Maestro s'est pris dans un jeu imité voire psitaccique que Enrico Rava n'a pas manqué de faire remarquer avec indulgence.
Le deuxième concert en quintet révélait les phrases de Rava plus interrogatives encore. Il réussit tellement bien dans le questionnement qu'il ne résout pas dans ses chorus et passe le flambeau l'air de ne pas se faire applaudir. Son son possède une jolie fêlure avec une sorte de pizzicato de lèvres qui trouve en puissance un écho profond.
Etait-ce ma fatigue, l'heure avancée (3h de concert avec les rappels) ou Agulhon n'était pas à son meilleur ? Habituellement entre De Bethmann et lui se produit un échange tel que l'un devient batteur sur son clavier et l'autre pianiste des percussions. Franck Agulhon est tellement demandé...
Enfin quelle ne fut pas notre surprise de voir arriver le tromboniste Gianlucca Petrella; on eût dit le jeune héros de Pasolini, dans Mamma Rosa.