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  • Anticipe passé

    -tu copies sur les autres maintenant ?

    -non, c'est une idée originale, un roman d'anticipation

    -le conflit nord-sud tu parles

    -j'ai pensé à ça il y a déjà cinq ans j'ai retrouvé une trace : le siècle des cervelles suit le siècle des horreurs qui a suivit le siècle des empires, lui même héritié des lumières

    -la vache

    -on y découvre la possibilité biologique d'atteindre l'âge de 300 ans

    -génial

    -et vu l'expansion démographique et les phénomènes migratoires, cette possibilité n'est offerte qu'aux élites totalement repliées sur elles mêmes

    -repliées

    -la vie normale que nous connaissons se répand dans l'hémisphère sud dans une re-colonisation totalement obscène, les meilleurs éléments sont sélectionnés par les états du nord. Ils peuvent prétendre à l'accès à la vie longue

    -immigration choisie ?

    -discrimination positive

    -putain

    -il n'y a plus d'accouplement de procréation en vie longue tu sais

    -mince

    -les hautes technologies et la copulation sont réservées au sud, et donc les guerres ainsi que les résidus religieux...

    -la religion ?

    -pas de religion si pas de copulation, c'est inutile

    -dans le nord on détient les savoirs et les lois régissant les paliers d'accès à la vie longue, la copulation est ludique et sur sélection bien sûr!

    -ça ressemble à l'antiquité ?

    -ouais

    -mais comment se perpétue l'espèce ?

    -le clonage ne sera jamais au point à part pour le ménage et le théatre, on sélectionne les procréateurs qui ont des enfants à qui on donne la vie longue par décret

    -mais la vraie vie ?

    -là c'est compliqué

    -comment-ça ?

    -elle existe à la fois dans l'agora et aussi dans la forêt

    -dans le nord et dans le sud alors ?

    -oui l'un ne peut pas fonctionner sans l'autre

    -comme aujourd'hui alors ?

    -non.

  • Tête

    J'aime que tu viennes mon jour dans ton rouge soleil. Ainsi tu semblais venir toute la nuit dernière, m'apportant ta rime coupée.

  • Bientôt l'infini

    M'écrirai-je à vie ses traits de visage ?
    De regards en heures j'eus mille images

    Serai-je jamais l'homme aux mille gemmes
    Tranchants de victoires que l'amour sème ?

    Devant l'éternité je ne la vis
    Qu'un instant éclatant que j'ai ravi

    Je sais bien me saigner toutes les veines
    Attendre mon jour au soleil des pleines
        
    (Celles encor qui attendent aux ports)
    Me renaître et qu'elle m'embrasse mort
         
    Maintenant j'ai tracé sa lèvre à l'œil
    De mémoire elle est debout sur le seuil
         
    Dans ma bouche le goût de l'eau est morne
    Et s'évanouissent mes souvenirs borgnes

    Je m'arrête et repose mon poignet
    Qui la dessinait aussi sous l'effet

    Du ruban noué de mes lettres fières
    Je suis cet ancien épistolier d'hier

  • Les messagers du jazz

    Art Blakey : «Le talent est une chose que l'on doit au public. Celui qui refuse de lui en faire don sera fatalement remplacé par quelqu'un qui donne son talent aux autres. Peu importe la valeur intrinsèque de l'artiste : il ne peut exister sans le public. Le talent appartient au public, il n y a pas à sortir de là.» Quand Art joue, il ne fait pas semblant de s'exprimer; il engage toute sa vie dans son jeu. À chaque fois, Art donne et le public reçoit. Lorsque le batteur assène un coup sur la caisse ou sur la cymbale pour que ce coup ait un sens, Art doit arriver à faire cohabiter en lui la folie et la raison avec art. Le pianiste Cedar Walton, membre des JAZZ MESSENGERS entre octobre 1961 et 1964, avait été frappé par une réflexion d'Art qui résume, à elle seule, toute une attitude vis-à-vis de la musique. Voici ce que dit Walton : «Je croyais depuis longtemps que l'humilité était quelque chose d'honorable, mais Art me dit: "Non, ce n'est pas vrai Cedar, tu as besoin d'être arrogant". Ce qu'il voulait dire c'est que vous devez être sûr de vous et montrer cette sureté sur scène. Et je lui répondis que Clifford Brown n'était pas arrogant et il me répondit: "Si, il l'était bon dieu!». Évoquant Dieu et le Roi Salomon, Art affirme; «Ce dont nous avons besoin, c'est la Connaissance et la Sagesse (..,) ; alors toutes les portes s'ouvriront devant nous.»

    Art a confié à la fin de sa vie que ses messengers (Jazz Messengers) préférés restent le sextette avec : Freddie Hubbard (tp), Wayne Shorter (as), Curtis Fuller (tb), Cedar Walton (pno) et Jymie Merritt(b). Au fil des années, les musiciens de Jazz Messengers changeront mais le son sera toujours préservé, grâce à Art.

  • Griffonné dans le carnet de voyage

    Gallerie des Offices; "la mente di Leonardo" mars 2006-juin 2007

    L'amore mi fa sollazare (Leonardo da Vinci, i rebus).

    C'est érotique en réalité, mais on peut traduire par "l'amour m'amuse" je crois.

  • Ca ne se fait pas mais... C'était il y a longtemps

    Mercredi le 17 janvier 1990 15.00h
    Paul, tu as oublié que tu as seize ans ? et moi quinze !!!

    Lundi le 1. janvier 1990 11.00h
    J'ai constaté que mes lettres sont très attachées au temps, à la place et mon humeur. Si je t'écris le soir, le matin après je trouve tout ce que j'écrivais est changé, et un peu bête.
    Si tu savais... Je t'embrasserais mort.

    Mercredi, le 6/12/89
    Paul, mon petit cuisse de grenouille (?!) oui tu es terrible chéri ! Hier on a eu St-Nicolas comme toujours le 5 décembre.
    J'ai eu beaucoup de cadeaux, comme :
    - un livre : Max Havelaar de  Multatuli
    - un livre intime
    - ce stylo-bille, c'est argenté
    - un walk-man
    - des chaussettes de Winnie the Pook (ma mère les a eues à Londres)
    - un petit portefeuille
    - des poèmes comme toujours
    - beaucoup de chocolat !
    - encore un livre de Garfield.