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  • Petit tour chez le disquaire

    A sainte-cécile qui ne s'invente pas, j'ai trouvé pour la toute petite somme de 15€ accrochez-vous bien

    -un double cd de billie holliday (ok éditeur obscur et sources inexistantes)

    -lester young entre 1945 et 1947 chez past perfect (réedition récente), toujours aussi bien rencardé

    -clifford brown entre 1952 et 53 chez past perfect, un bon cru mais moins que son double qui reprend memorial clifforfd. à noter un daahoud avec shelly manne, très subtil

    -le MJQ ou on apprend qu'il avait un double sens; Milt Jackson Quintet (Modern Jazz Quartet) toujours chez past perfect cette fois les renseignements sont légers et c'est surprenant, seuls les trois derniers morceaux sont identifiés des quatre : milt jackson (vib) john lewis (pno, aaah john ton style unique et raffiné) percy heath (cb) et là surprise le Original KENNY CLARKE eh oui c'était le premier batteur-instigateur du MJQ.

    alors cette fois j'ai vu le patron (mon amie cherchant Fairouz à Beiteddine) et je lui dis "Savez-vous qu'à Paris, dans le magasin Paris Jazz Corner près des arènes de Lutèce on trouve ces cd dix fois plus cher" "-Mais oui" dis le boss "et dans un autre c'est pire dans la rue de la vieille comédie il y a un ...."

     

  • L'architecture sonore

     Chick Webb (1908-1939) – Chick Webb and his orchestra (1933-1938) :

                « Les temps glorieux du Savoy Ballroom »

     « Je suis persuadé, pour ma part, que le batteur suit une idée musicale qu’il transforme en masse sonore et ce n’est qu’après coup qu’il utilise telle ou telle cellule rythmique. Autrement dit, en jouant, Chick ne se dit pas tiens, maintenant je vais jouer des triolets puis tiens, maintenant je vais jouer des croches. Le batteur a un espace musical devant lui qu’il lui faut investir en cadrant le plus possible […] Et c’est peut-être la que le mot architecture sonore prend tout son sens. Plus de vingt ans plus tard, le batteur Elvin Jones concevra la batterie de la même manière, comme un espace libre qu’il faut habiter. » (p.165, 166)

  • Jean-Quentin Châtelain joue "kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas" de imre kertesz

    ça commence très bien, on croirait la montagne magique de thomas mann; discussion dans la froidure des environs du sana avec un vieux sage... et le texte prend franchement des profondeurs qu'il faut que je lise, n'a pas été écrit pour le théatre, les sommets sont atteints pourtant. pas vraiment digéré non plus c'était pourtant le 23nov, mais y penser tous les jours c'est dur...

     

  • La juive me manque

    MIRJAM

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    Je rêve parfois d’être jeune et de venir

    Dans ton pays ai-je jamais été prolixe

    Que n’ai-je laissé ma ville à mes devenirs

    Muse d’âme proteste entre quatre onyx

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    -Qu’a-t-il donc ce fou des dieux qui mélange tout

    J’aime les filles des rives j’aime les filles

    D’église et les autres me voient comme un fou

    Et moi je ne vois que foi des plus grandes villes

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    Musulmane protestante catholique

    Dieux me font aimer les femmes de tous cantiques

  • Du sang à la poésie, du Diable au jazz voici le mot rythme

    Une brève histoire de la rime, du rythme et de la syncope; bref du mythe du XXème : le jazz.

     

    Extrait de « une histoire de la batterie de jazz » de Georges PACZYNSKI TOME I :

    « Le mot rythme provient du latin rhytmus qui vient lui-même du grec rhuthmos. En Grèce, au IVème siècle avant J.C., le philosophe Platon en donne la première définition qui nous soit parvenue dans l’histoire de la pensée grecque. Il le relie intimement à la métaphysique par l’ordonnance du mouvement qui s’étendra jusqu’à l’Harmonie des Sphrères. Au cours du même siècle, le philosophe et musicien Aristoxène de Tarente élabore la première théorie du rythme musical. Chez les médecins de l’Antiquité, au 1er siècle avant J.C., rythmus avait pris le sens de « cadence présentée par les mouvements du sang dans les artères ». Le mot grec rhuthmos est issu du verbe rheô « je coule ». L’image aquatique témoigne de la complexité du rythme formé d’éléments d’inégale durée et n’ayant de sens que s’ils découlent régulièrement comme la bobine d’un film aux actions tantôt lentes, tantôt rapides. La racine sanskrite ri (sru, sreu, eru) confirme la racine grecque et évoque la conjugaison de l’image du fleuve et des vagues avec la notion d’un futur qui se passéifie. La nature de l’homme en correspondance avec la respiration du monde a concuru à conférer au rythme cet aspect fluide où la distinction entre le « dedans » et la « dehors » n’existait pas. L’histoire du mot rythme dans la langue française débute vers 1370. On rencontre à cette date le nom féminin rime auquel quelques traducteurs appliquent l’idée de cadence phonique. D’abord orthographié rithme en 1512 et du genre féminin, il désigne la rythmique. Vers 1550, il reçoit le genre masculin (à cette époque il arrive souvent qu’un mot change de genre). Employé au sens et à la place de rime, il [le mot rythme] rejoint aussi le mot vers ou poésie impliquant alors un mouvement musical à la phrase.

    Deux rythmes fondamentaux gouvernent le monde en ce temps là. Le premier, parfait, est ternaire et masculin ; le second, imparfait, est binaire et féminin. Le rythme parfait est figuré par un cercle, représentation symbolique d’un centre qui, dans toutes les civilisations traditionnelles, revêt une perspective métaphysique. Bien plus tard, quand on écrira la mesure à quatre temps avec le signe C, il s’agira d’une mesure imparfaite car la lettre C représente un demi-cercle. » on parle de mesure à C barré pour un deux temps -marché.

    Voici donc ce qu’il y a d’intéressant dans l’origine du mot rythme ! cette opposition si flagrante aujourd’hui entre binaire et ternaire (rock’n’roll ou swing) est connue depuis l’antiquité sous une drôle de misogynie, sans parler de la discrimination positive à l’égard des noirs et leur fameux sens du rythme (propos tenus par André Ceccarelli en 2004).

    Un mot tout aussi intéressant nous replace à l’origine du jazz lui-même, celui-ci ne fait pas l’objet d’une étude approfondie chez PACZYNSKI, c’est le mot syncope. Vous imaginez des jeunes femmes qui s’évanouissent mais vous n’y êtes pas. Avant que le jazz ne commence - la mythologie noire s’est développée plus lentement plus sûrement - il faut tout de même savoir les nacaires (mot d’origine arabe désignant l’ancêtre de nos timbales) des Sarrasins qui attaquent les Croisés et l’association évidente alors avec Satan, la Tentation, revoyez l’enfer des musiciens de Jérôme Bosch (XVème) où le tambour symbolise le Diable et la damnation éternelle.

    Reprenons donc ces jeunes femmes qui s’évanouissent en syncope :

    « Un genre nouveau de musique populaire apparaît à la fin du XXeme siècle […] : le ragtime – mélange de concepts africains, européens et américains – qui trouve son expression dans un style de piano joué par des musiciens noirs dans les maisons closes des bas-fonds américains blancs. C’est une musique syncopée (de rag : déchirée et de time : temps) […].

    La différence entre le style tambour militaire et celui des ragtime drummers réside dans le feeling de ces derniers qui phrasent avec des contretemps et des syncopes pour faire danser le public. »