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  • Rue docteur rochard

    Bennec'h remonte à pied la rue mal éclairée en marchant au milieu. Il y a là une file de voitures garées sur sa gauche, ligne de tôles incolores mais rutilante comme le grumeleux bitume détrempé, et la voie sur laquelle il ne risque rien, car il marche contre le sens unique et sait les différents carrefours qui aiguillent les phares anonymes de ceux qui le dérouteront. Il n'emprunte plus ces étroits trottoirs de dalles dénivelées en granit et clairsemés d'enrobé ou de plaques de soupirail bruyantes comme tout des ferrailles, sur les regards invisibles. À cette étroitesse vient s'ajouter l'obstruction de marche-pieds à l'entrée des maisons. Voilà bien ce qui a changé : il marche au milieu de la chaussée maintenant. Pourtant aux étrangers qui s'enquièrent de son avis sur l'évolution de cette ville natale il ne sait quoi répondre. Bennec'h élude en évoquant l'hippodrome sur la baie qui est maintenant à la campagne. Aussi, d'elle il lui semble ne rien pouvoir dire, pas même ses rues, chaque être ici selon lui aura changé beaucoup plus vite que ses immeubles, ses voies ou ses ponts. Ne pas la voir changer c'est alors ne pas se voir viellir, à la manière des vieux qui toujours considèrent d'autres vieux.

  • Interjection

    Dans l'intuition d'essayer un beau dessin on peut le mettre devant la glace. Ainsi je me rappelle avoir fait cela très jeune par pure invention et je mets de côté l'idée de passer n'importe quel sonnet à la poésie centrale (des symétries), contrition superbe ai-je cru l'autre jour. Ma professeur de français que nous appelions prosaïquement la grosse, faisait toujours diérèse sur poète, comme tout le monde d'ailleurs sinon je serais maintenant dans de beaux draps; oui elle la faisait aussi ostentatoirement sur mon patronyme.