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  • Manoel Pimenta (1542-V.1603)

                                                         Amitiés à Virginie Pouzet-Duzer.

    "

    LE CYCLE DU CHRIST
    LA PITOYABLE MORT DE LA DANSEUSE, FILLE D'HERODIADE


    I
    L'âpre hiver freine l'onde : on marche sur le fleuve,
    Route fallacieuse où la princesse avance;
    Mais le pont se dérobe et l'abîme tremble
    Une tête accrochée à l'arête coupante.
    L'eau dans sa course entraîne un corps décapité,
    Laissant le chef coupé sur la dalle de givre.
    A l'agile danseuse étoile des banquets
    Le fleuve pour linceul ouvre ses eaux agiles.

    II
    Sur la glace, au-dessus des ondes tournoyantes,
    La fille d'Hérodiade hasarde un pied agile :
    Mais la glace se brise et, sa tête tranchée
    Dessus l'arête vive, le corps dans l'eau dérive.
    La Terre s'est moquée de ce linceul liquide :
    Disant : " Poids si léger convient à l'eau fluide!"

    III
    Sous l'emprise du gel le fleuve est immobile;
    Dessous, à flots pressés, tourbillonent les eaux.
    La nymphe a mis ses pas sur la glace fragile
    Qui cède sous le poids de ce corps juvénile.
    Comme par une épée la tête est détachée
    Du corps, que l'onde entraîne et retourne et malmène.
    Du crime au châtiment quelle étrange harmonie,
    Où décollation et danse sont unies.

    IV
    Que fait donc Salomé sous le fleuve ? elle danse,
    O prodige! elle oscille au gré des eaux mouvantes.
    Le son d'une musique encor rythme ses gestes :
    Du sein des eaux s'élève une mélodié sourde.
    Après avoir dansé pour la cour et son père,
    Elle danse aujourd'hui pour les peuples des eaux.
    Et si la danse avait une place en enfer,
    Les mânes engourdis la verraient tournoyer.

    VIII
    La princesse, en foulant la surface gelée,
    Voit la glace se fendre et glisse dans l'eau noire
    Qui engloutit son corps en laissant sur la place
    Une tête coupée, que sa mère recueille :
    Adultère, reçois les restes de ta fille,
    Restes ensanglantés de ton propre supplice.
    Le flot impétueux châtie l'impur désir,
    L'adutltère est puni par le froid de la glace.
    Vos deux cœurs ont brûlé d'une flamme coupable
    Que l'âpre gel a seul pouvoir de purifier.

    "
    Trad. Pierre Laurens

  • Nostalgia

    lorsque je me suis bien levé
    je mets une cuillérée à café
    d'eau de fleur d'oranger
    dans mon café,

    je pense aussi à corriger
    toutes les aïsha de ce blog
    pour y mettre la lettre c

    on pourrait penser qu'une poésie
    peut arriver tous les jours
    alors qu'elle n'est jamais
    qu'événementielle chez moi

    ainsi le soir même où j'allais
    voir le Salomé de Carlos Saura
    -l'autre cinéma est maintenant une ruine vide
    qui s'appelait le griffon blason de cette ville-
    j'écrivais