lundi, 14 avril 2008

Rue

Les cerisiers japonais gorgent maintenant
Devant les futurs caniveaux ventripotents
Leur frêle ramage de bourgeons si mignons
Qu'ils taquinent ce mois mon œil ou ma raison
Qui écrivit <<L'orthographe est une mandarine>>
Où s'empilent les pelures jusqu'à l'infime ?

mercredi, 19 mars 2008

La daurade

Sous la tempe du grain menaçant de s'abattre
Ce dimanche nous faisons une promenade
La petite découvre qu'aiment à se battre
La pluie et le vent qui fondent dans l'algarade

Y mêlant l'ivresse ma petite danseuse
Jouera déjà mais au ralenti, des claquettes
Contre la mère immobile, ma vaguelette
Fait ses premiers pas dans ce gros temps, courageuse.

samedi, 09 février 2008

Le feu (foyer et symétrie centrale)

dans l'âtre moribond léché par tant d'haleines
je tourne la bûche morne et mets la nouvelle
guettant l'instant surprenant de l'embrasement
                                         follet
mens ce bras lent de l'antre sur tant d'instants gais
fais-nous l'amant-né, moche, bu las de tout jeu
((fais-nous la mais ne mords chenu l'âne tour-jeu))
haine a tant, par chez les bons cris, mots creux d'adam
((haine à temps par chez les bons ris, montre la dent))

mercredi, 23 janvier 2008

Les fenêtres

la croix des fenêtres disparaît maintenant
par les polychlorures de vinyle et baillent
puis soupirent chacune au carreau noir écran
tant n'est plus résillé notre mignon vitrail

quand à Quimper on a chaulé la cathédrale
je l'aurais aimée plus rose comme entre-cuisse
ou mieux telle Assise ses fuchsias jusqu'aux dalles...
un pilier n'est pas mol chaulé dans ces tons vifs

aussi nous goûtons au croustillant meringué
entrelardé des progrès et de présentisme
nous téléphonons dans nos mains depuis les gués

et nous rêvons d'espace immaculé dès avion
vierge est la cathédrale et foutues soient fenêtres
nous fumerions les lampions si nous en avions

mercredi, 03 octobre 2007

"bohemia after dark"

                                        ô
    
                              B  O  H  E  M

                                        A

                                        G

                                        I

                                        R

                                        A 

je t'ai vu brûler dans le chant de tes désirs
mon amour tu n'attends plus sur les bords du vide
notre couche n'est plus celle de l'apatride
le lit et le foyer sont fondés qui respirent

ici nous pouvons nous asseoir et boire enfin
de cette eau que nous aimons autant que nos yeux
nous partageons l'ombre ou l'horizon sous nos cieux
comme jadis le quignon d'un pain noir la faim

voilà chère combien je sais t'écrire encore
et pour être pardonné crois bien que je t'aime
toi qui m'ouvres matin les volets de bohème

nous avons si peu fait de chemin tous les deux
qu'un beau jour nous fondions une nouvelle vie
irons-nous dans la vallée sainte en cette vie
                                        ?

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samedi, 22 septembre 2007

Voyage automobile

comme en courbe j'ai viré à pleine vitesse
près d'éoliennes d'une voie express
la route nationale 12 en direction de Paris
fait un travelling permanent à sa sortie
éolienne, Dinan-Saint-Malo, nouveau monde et vague
au retour je suis au pas et bien tard

de la chaussée vers le trottoir
des fesses passantes roulaient
montées sur le monde.

samedi, 16 juin 2007

Manoel Pimenta (1542-V.1603)

                                                     Amitiés à Virginie Pouzet-Duzer.

"

LE CYCLE DU CHRIST
LA PITOYABLE MORT DE LA DANSEUSE, FILLE D'HERODIADE


I
L'âpre hiver freine l'onde : on marche sur le fleuve,
Route fallacieuse où la princesse avance;
Mais le pont se dérobe et l'abîme tremble
Une tête accrochée à l'arête coupante.
L'eau dans sa course entraîne un corps décapité,
Laissant le chef coupé sur la dalle de givre.
A l'agile danseuse étoile des banquets
Le fleuve pour linceul ouvre ses eaux agiles.

II
Sur la glace, au-dessus des ondes tournoyantes,
La fille d'Hérodiade hasarde un pied agile :
Mais la glace se brise et, sa tête tranchée
Dessus l'arête vive, le corps dans l'eau dérive.
La Terre s'est moquée de ce linceul liquide :
Disant : " Poids si léger convient à l'eau fluide!"

III
Sous l'emprise du gel le fleuve est immobile;
Dessous, à flots pressés, tourbillonent les eaux.
La nymphe a mis ses pas sur la glace fragile
Qui cède sous le poids de ce corps juvénile.
Comme par une épée la tête est détachée
Du corps, que l'onde entraîne et retourne et malmène.
Du crime au châtiment quelle étrange harmonie,
Où décollation et danse sont unies.

IV
Que fait donc Salomé sous le fleuve ? elle danse,
O prodige! elle oscille au gré des eaux mouvantes.
Le son d'une musique encor rythme ses gestes :
Du sein des eaux s'élève une mélodié sourde.
Après avoir dansé pour la cour et son père,
Elle danse aujourd'hui pour les peuples des eaux.
Et si la danse avait une place en enfer,
Les mânes engourdis la verraient tournoyer.

VIII
La princesse, en foulant la surface gelée,
Voit la glace se fendre et glisse dans l'eau noire
Qui engloutit son corps en laissant sur la place
Une tête coupée, que sa mère recueille :
Adultère, reçois les restes de ta fille,
Restes ensanglantés de ton propre supplice.
Le flot impétueux châtie l'impur désir,
L'adutltère est puni par le froid de la glace.
Vos deux cœurs ont brûlé d'une flamme coupable
Que l'âpre gel a seul pouvoir de purifier.

"
Trad. Pierre Laurens

mardi, 08 mai 2007

Les yeux d'Aïsha

Il y a maman de maman
dans ce mirage à estran
gorgones me blessent et
l'horizon asymptote serpente
sur cette baie aux marais
salés il y a maman
de maman dans ce
mirage à estran

mercredi, 02 mai 2007

Fatrasie

Depuis l'origine sont bercés les secrets
Tel Concerto en Sol est basque fantaisie...
Dans les prémices de la Nuit en Tunisie
Philly Joe Jones aurait-il joué du hochet?

Je l'ai su en ouvrant la radio lundi soir
L'orage ayant raison d'un accès numérique
J'ai mis l'antienne hertzienne en l'écran pandémique
S'y déroulait lors, Maurice Ravel en noir

Du salon où la foudre m'éclairait par fois
Je vis jouets et pottoks mais n'entendis pas
Plus l'ankou que cette femme appelant à soi

On n'écrit pas de soi mais de tout l'extérieur
Je me suis mille êtres à mélancolie leur
Dans les tableaux, mouvements ou rondos rieurs

mercredi, 14 mars 2007

L'éléphant

Je vous veux fidèles à nos autres voyages
Moi qui me tarde et péniblement vais ma danse
Lourd est mon pas, léger est mon coeur au bel âge
(L'éléphante et mon éléphanteau me distancent)

Voyez sur ma peau l'oiseau croquant coquillages
Ois ma fillette comme à ton front mes mots froncent
Je viellis quand ta maman est de plus jeune âge
Et d'autre continent qui ne connaît la ronce

Par les chemins j'ai couru les griffes du monde
Douanier, griffon, solen ou molle arénicole
Jusqu'au donjon du krak, j'ai cru voir l'amour fol

Me voilà bien las, gardant seule ma faconde
Ne combattant plus que larmes de crocodile
Qui tombent d'on ne sait, sur Toi petite fille

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